Nip/tuck

Nip/tuck

‘Nip/tuck » ou l’infinie laideur de la beauté factice. On entend déjà certains crier au secours et à l’overdose de bons sentiments. Sauf que cette série est sans demi-mesure, pour le meilleur comme pour le pire…

Nip/tuck ou l’infinie laideur de la beauté factice. On entend déjà certains crier au secours et à l’overdose de bons sentiments. Sauf que cette série est sans demi-mesure, pour le meilleur comme pour le pire, et que le message, loin d’être asséné, se voit distillé au fil d’épisodes gonflés à la surenchère et, parfois, au grand guignol.
Avec cette série narrant les aventures médicales et personnelles de deux chirurgiens esthétiques de Miami, les créateurs ont semble-t-il décidé de faire ce qu’il leur plaisait, brassant joyeusement plusieurs registres, du soap opera à la série médicale, en passant par le slasher movie et le polar.
On y explore et expose la chair lors de scènes très frontales. Chirurgie humaniste (accidents, victimes pauvres) et azimutée (injection des cendres du défunt mari dans les prothèses mammaires de la veuve — soit dit en passant, c’est Catherine Deneuve qui s’y colle) se croisent dans un univers sulfureux et malsain. Les personnages sont beaux, tout comme leurs maisons, leurs voitures et les images qu’ils occupent tous muscles et costumes haute couture dehors. Mais, perclus de vices, ils ne savent que se heurter aux angles de leur propre humanité, incapables au final d’assumer quoi que ce soit. On regarde la série parfois au bord de l’éclat de rire, parfois empli de malaise.
Cette valse à deux temps est à la fois une force qui permet de naviguer dans des eaux troubles tout en fidélisant le public, mais également une petite bombe à retardement qui désamorce sans cesse les questionnements éthiques et philosophiques passionnants que Nip/tuck sème au gré de ses intrigues.

Flore Cosquer