5 concerts à la Une 188

5 concerts à la Une 188

Plastiscines > le 20 au Poste à Galène
Tarwater + Abstrackt Keal Agram > le 20 au Cabaret Aléatoire
This is pop > le 21 à l’Intermédiaire
Apkass + Duval Mc > le 21 au Balthazar
Alarma Man > le 24 à l’Embobineuse

Plastiscines > le 20 au Poste à Galène
Elles sont charmantes, elles sont jeunes, elles sont dociles. Elles sont ce qu’il manquait à l’industrie du disque pour toucher pleinement sa cible : un groupe de filles. A Paris, les « baby-rockers » ont drainé un public neuf et commercialement exploitable – une aubaine en ces heures sombres. Portées par une major, promues par Rock&Folk (comme c’est original !), les Plastiscines ne sont pourtant pas de mauvaises filles : ados, on aurait tous aimé avoir des copines qui la jouent Ramones, avec de l’attitude et des accents 60’s qui nous ramènent à Claudine Longet ou Françoise Hardy, ce genre de choses. Mais objectivement, les chansons sont inexistantes, et il n’y a ici pas plus d’urgence que lors d’un premier jour de soldes avenue Montaigne. Car au-delà de la question des origines sociales, ces demoiselles ne représentent rien – ce qui était le propre du punk. On vit une belle époque de merde, non ?
Lp 1 (Virgin) www.myspace.com/antiplastiscines

Tarwater + Abstrackt Keal Agram > le 20 au Cabaret Aléatoire
Ce week-end, le magazine Trax fait escale à Marseille. Une première pour le principal canard français en matière de musiques électroniques (d’autres dates devraient suivre en province), qui propose une affiche très éclectique et notamment le premier soir, où le « live » occupe une place prépondérante. Des concerts à base de machines, certes, mais aussi évocateurs (Tarwater) que physiques (Abstrackt Keal Agram), et appuyés par une vraie dimension visuelle (le Marseillais Denis Dezenn, du team Digital Borax, dont le travail a déjà séduit la rédaction du mensuel parisien lors de soirées en capitale). Si l’on a déjà pu avoir un aperçu de l’efficacité d’Abstrackt Keal Agram, il y a quelques années à Marsatac, l’electronica de Tarwater, beaucoup plus austère, nous est encore inconnue en « live ». Le nouvel album des Allemands augure néanmoins du meilleur, surtout si vous aviez aimé leur grand-œuvre, Silur.
Spider smile (Morr Music/La Baleine) www.tarwater.de

This is pop > le 21 à l’Intermédiaire
Des synthés chez Lollipop ? Et puis quoi encore ? Pourquoi pas une fanfare, tant qu’on y est, une fanfare suisse, tiens, qui préfèrerait sonoriser les enterrements aux mariages ? C’est l’ouverture du magasin qui leur a fait péter un plomb ou quoi ? Faut arrêter l’electro, les mecs ! Virez-moi ça des bacs ! C’est pas parce que la pochette déchire tout que… Quoi ? Ils sont parisiens ? Manquait plus que ça ! Le plan guitare + boite à rythmes + bombe sexuelle au micro, on nous l’a déjà fait, hein, ça sent le Pulp à plein nez ! D’ailleurs, en parlant de ça, pour envoyer la sauce avec une telle intensité, ils doivent s’en mettre plein les naseaux, non ? Parce que Pravda, à côté, c’est Superbus ! Et puis ce blaze, là, « This is pop », alors là c’est carrément Dragibus, le rose en étendard, warf… Comment ça, le rose c’est punk ? Ils reprennent Wire ? 12xU, le brûlot qui clôturait Pink Flag ? Ben fallait commencer par là.
This is pop Ep (Lollipop/Pias) www.myspace.com/thisispop

Apkass + Duval Mc > le 21 au Balthazar
Bon, un peu de sérieux. Depuis plus de vingt ans, l’association Survie milite en faveur de l’assainissement des relations franco-africaines (elle veut démanteler la « Françafrique ») à partir d’un constat : les problèmes de développement dans les pays du sud ont avant tout des causes politiques. A ce titre, elle mène des campagnes d’information et d’interpellation des citoyens et des élus, dont voici une double illustration. Pour fêter la sortie d’une compilation réunissant artistes français et africains (Tiken Jah Fakoly, Lavilliers, M.A.P…), elle organise un concert à Marseille avec deux d’entre eux : Apkass, poète et slammer congolais de talent, et Duval Mc, rapper marseillais pourvu d’une vraie dimension militante. A la veille du premier tour, donc, et peu après avoir adressé une lettre ouverte à Sarkozy, Bayrou et autres « candidats attirés par les tentations françafricaines »… Moralité : samedi soir, écoutez utile.
Décolonisons ! (L’Autre Distribution) www.africawantstobefree.com

Alarma Man > le 24 à l’Embobineuse
Attention grosse claque. Pour aller la chercher, ami lecteur consentant, il faudra changer ses manières : sortir un mardi soir, et pousser jusqu’à l’Embob’, le dernier endroit où… Alarma Man, donc. Quatre Suédois que l’on présente comme les nouveaux héros du math-punk, une variante du math-rock. Le math-rock ? Un courant né au début des années 90, caractérisé par une certaine complexité rythmique (on est loin du binaire), des breaks en pagaille et des riffs dissonnants. De Shellac à Battles en passant par Don Caballero, il compte une base fidèle de nerds forcément en phase avec sa grammaire intello et très instrumentale, mais pas coincée du séant pour autant. Les stars en devenir d’Alarma Man sonnent donc plus punk, ils jouent plus vite mais certainement pas moins bien, c’est carré, urgent, terrifiant d’efficacité, quasi-hardcore. Et pas si loin, finalement, d’At The Drive In et Fugazi : révélation.
Alarma Man (Sinnbus) www.alarmaman.com

PLX