Bilan Concerts 2010

Bilan Concerts 2010

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Adam Green
Le 6/03 au Poste à Galène
Torse nu sous une veste cloutée, Adam Green s’avance. Les cris fusent. Jeunes filles et femmes sont en transe, des sous-vêtements volent, des baisers s’échangent. Le concert peut commencer. Entre vicious songs façon Lou Reed ou Modern Lovers et boogie rock bien balancé, c’est New York qui débarque à Marseille, avec sa classe, sa décadence et cette nonchalance arty qui transforme la moindre rengaine en une irrésistible ode à la drogue et à l’amour. Fin du concert, de belles demoiselles envahissent la scène, embrassent et caressent l’idole qui regagne sa loge en charmante et nombreuse compagnie. Avec Adam Green, la légende rock n’est pas prête de s’éteindre !

Chewbacca
Le 9/04 à Montévidéo
Tout comme Bug, passé le mois suivant à l’Embobineuse, Chewbacca est un duo incluant un batteur et jouant à l’économie de moyens, pour d’innombrables déflagrations sonores aux couleurs prodigieuses. C’est que le rythme instable et les sons bruts ne demandaient qu’à être intriqués par deux esprits curieux et fusionnels pour produire une musique régulièrement stéréophonique au sens mélodique : une même phrase répartie entre les différents instruments. Car on ne demande pas mieux à un groupe que de partager une même voie d’accès à nos oreilles. Et ils ont embouti ces dernières avec fort beaucoup d’entrain…

General Elektriks
Le 2/05 à l’Escale St. Michel
Une énergie folle, un jeu scénique exceptionnel, et musicalement au top, General Elektriks a démontré aux curieux qui le connaissaient pour la musique d’une pub Mercedes qu’il était plus taillé pour la route que la berline ! Entouré d’excellents musiciens aux looks hétéroclites, Hervé Salters chante, joue du clavier, et se déhanche cravate au vent. Un set ponctué de quelques reprises très personnelles et réussies, comme le Ashes to ashes d’un Bowie auquel peu osent se frotter. Un live purement réjouissant.

Busdriver
Le 18/05 au Cabaret Aléatoire
Même si l’on ne comprend qu’un dixième de ce qui est raconté, lorsque l’ouragan Busdriver investit les planches, il est tout de même difficile de ne pas succomber à ses véritables acrobaties verbales qui vous percutent de plein fouet. A l’instar d’un Buck 65, le natif de la West Coast officie seul, deux platines et un micro à portée de poumons (d’or). Outre le fait qu’il maîtrise à merveille tout ce qui lui passe par la main, Regan Farquhar demeure cette machine toujours en avance, sur la mesure, sur son temps, sur les autres MC. Et tant qu’il sera là, sur scène, le rap vivra car le rap, c’est lui.

Marvin
Le 25/05 à l’Embobineuse
Le concert du 17 septembre devait aussi être d’anthologie, ce que nous n’avons pu constater, étant resté penauds devant une porte close : complet. Ce 25 mai, Marvin a donc confirmé en live ce que laissait présager son nouvel album : un OVNI rock noisy, qui utilise le vocoder comme un instrument, trait d’union entre organique et synthétique. Ce soir-là, le public, aux anges, ne laisse pas le groupe quitter la scène, n’ayant d’autre choix que de rejouer ses tubes, pêchus, dansants, en un mot, jouissifs. Nouvelle séance de rattrapage le 10 février à la Machine à Coudre.

The Strange Boys
Le 25/07 à Hyères (Midi Festival)
Le Midi Festival n’a pas failli à sa réputation. A la Villa Noailles, les Strange Boys, menés par Ryan Sambol, ont marqué le paroxysme de ce dernier soir et enflammé la pinède avec leur pop rockab’ sixties teintée de montées psychédéliques. Au sein du revival garage de ces derniers mois, le groupe se démarque grâce à son saxo au son cradingue et avance comme une machine efficace, entraînante et bordélique. La foule se déchaîne alors que les tubes s’enchaînent, ils jouent vite et bien et on les voit quitter la scène avec regret.

Nasser
Le 26/09 au Cabaret Aléatoire (Marsatac)
Pour beaucoup à Marseille, 2010 fut l’année Nasser, passé en quelques mois du statut de petit buzz local à celui, plus convoité, de nouveaux conquérants de l’électro qui rocke. On a pu voir le trio à l’œuvre ici et là, de petite salle en petite salle, et l’apothéose de ce cheminement fut logiquement sa prestation à Marsatac, dans un Cabaret blindé et surchauffé. Soyons clairs : ces mecs-là font du sous-Soulwax (tout est pompé sur leurs Nite versions). Mais c’est quand même fort sympathique.

The Ex
Le 22/11 au Poste à Galène
Rares sont les concerts qui vous prennent du premier au dernier morceau, où la plupart des spectateurs ont de petites étoiles dans les yeux. Rares sont les groupes qui changent de chanteur et ne perdent pas en qualité, voire y gagnent. Aussi rares sont les groupes dont le répertoire évolue mais demeure passionnant, et rare est la musique à la fois nerveuse et hypnotique jouée de manière rageuse mais avec bonhomie. Rares enfin sont les concerts où vous mouillez votre chemise au point quelle le soit toujours le lendemain. Le concert de The Ex fut donc rare, à bien des égards.

Arcade Fire
Le 24/12 au Dôme
Cet étourdissant premier concert à Marseille aura tôt fait de convaincre ceux qui en doutaient encore : non content de figurer parmi les groupes indispensables de ce début de siècle, Arcade Fire est devenu une énorme machine de scène. Une usine à rêves, capable de déchaîner un auditoire certes conquis d’avance, mais impliqué comme rarement (cf. le rappel, où le chorus de Wake up a remplacé les « Ohohohoho » habituels), pour le faire vibrer d’émotion l’instant d’après. Une petite heure et demie de bonheur à l’état pur.

We used to have a band
Le 5/12 à l’Espace Julien
We used to have a band, duo composé de Marion Rampal (voix, kazoo) et du sieur François Richez, cumule avec bonheur les bonnes nouvelles (demi-finale nouvelle scène du Printemps de Bourges, première partie de Neal Hannon) et les prestations époustouflantes. Du concert de la Noche en février jusqu’en ouverture de Divine Comedy (écouté avec grande attention par toute une salle étonnée), en passant par le concert à la Mesón la veille, We used to have a band est en train de conquérir ses lettres de noblesse et de marquer les esprits.