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Festival ZinZan 2017

Trop de la bal

 

En plein cœur de la Provence, un festival à part perdure à rebours de nombreux préjugés, malgré le mépris des institutions d’une part et les invectives réactionnaires de l’autre : ainsi, le ZinZan propulse depuis dix ans les musiques traditionnelles des Pays d’Oc dans l’espace, pour les voir redescendre sous des formes nouvelles.

 

Commençons par le commencement. Pour les néophytes, afin d’appréhender au mieux le ZinZan, il convient souvent de revenir sur bon nombre de préjugés qui collent à la peau des musiques dites traditionnelles de France, quelles soient bretonnes, corses ou occitanes. Car derrière certaines moqueries se dissimule bien l’héritage dilué d’un mépris de classe séculaire. L’ombre vivace d’un nationalisme hégémonique, qui fait toujours parler de lui, à gauche comme à droite…

Donc voilà, une fois la chose évacuée, une fois libéré de ce poids, on peut enfin rentrer dans le vif du sujet. Et pour mieux le saisir, il y a deux ans, le musicien Henri Maquet en plantait déjà le décor en ces pages : « La Provence a été très tôt folklorisée et les pratiques y sont complètement différentes des autres pays d’Oc. Depuis Mistral et Baroncelli, qui étaient des visionnaires et participaient à la tradition par l’invention et la création, personne ou peu n’a osé à leur disparition prolonger ce mouvement de tradition vivante. C’est la “maintenance” par le folklore qui a pris toute la place, gravant dans le marbre les fêtes et pratiques du XIXe siècle, sans qu’au siècle d’après de nouveaux visionnaires en portent de nouvelles. Il y a donc eu une espèce de schisme entre le folklore qui s’est détaché de la vie courante de chacun et des pratiques qui se sont perdues, puis retrouvées sous de nouvelles formes dans leur nouveau siècle. On se retrouve alors aujourd’hui avec un terreau fertile, une histoire forte, un héritage important, des artistes inventifs et des pratiques émergentes… » En gros, en matière de « folklore » donc, de cultures et musiques populaires, tout est à revoir ici, tout est à réinventer, ou presque. Et en ce qui concerne l’invention, justement, les musiciens invités chaque année entre le pays arlésien et le massif des Alpilles n’y vont pas avec le dos de la cuillère. En trois jours (deux en août et un décrochage en septembre), la petite équipe du festival compile concerts puis balètis en soirée, stages de chant et danse en journée. Entre les polyphonies féminines de La Roquette, l’hommage au poète et chansonnier marseillais de langue occitane Victor Gelu par Chin Na Na Poun ou les chants de travail de Pèire Boissière. Jusqu’aux répertoires du Ventoux, compilés par Tant Que Li Siam, au bal néo-aquitain de Nòu, il s’agira à côté de parfaire bourrées, mazurkas, rondeaux ou rigodons, dans la Cour de l’archevêché à Arles, puis dans tout le village de Mallemort. Oubliez cette Provence de pacotille empaillée sur les programmes touristiques, et découvrez enfin la Provence telle qu’elle est ici naturellement dévoilée, vivante.

Jordan Saïsset

 

Festival ZinZan : les 18 et 19/08 à Arles et le 16/09 à Mallemort (13).
Rens : www.zinzan.festival.sitew.fr
Le programme détaillé du festival ZinZan ici