Tapage Nocturne - 193

Tapage Nocturne – 193

La scène électronique locale est ici souvent représentée dans sa dimension « club », et il serait injuste que certains producteurs de talent, échappant aux canons imposés par le dancefloor, ne puissent trouver…

Poborsk

La scène électronique locale est ici souvent représentée dans sa dimension « club », et il serait injuste que certains producteurs de talent, échappant aux canons imposés par le dancefloor, ne puissent trouver un écho justifié dans ces colonnes. Dont acte : Patrice Curtillat, alias Poborsk, est l’un des très rares artistes marseillais (avec 9th Cloud) à pouvoir s’imposer sur le créneau casse-gueule de l’electronica. Il y a cinq ans déjà, nous vous présentions le collectif Plastiqpassion, co-fondé par ce garçon et quelques amis (Mengus, Wankers United…) autour d’un amour immodéré pour les labels Skam, Schematic et Warp, soit un certain âge d’or de ce que l’on appela un temps « l’Intelligent Dance Music » (première moitié des 90’s). Depuis, Plastiqpassion est devenu un net-label de qualité, fort d’une bonne douzaine de références (essentiellement des albums) disponibles en téléchargement. On peut y trouver trois albums de Patrice et quelques-unes de ses collaborations (Reuter & Belter avec Wankers United, Fraulborsk avec Mengus), mais son actualité se situe ailleurs : chez Tsuku Boshi, jeune label parisien pour qui il vient de sortir un 8-titres au format… vinyl. Déjà salué par quelques critiques averties, l’objet en question marque un tournant pour Poborsk, dont le travail enfin « matérialisé » sur un support ne restera pas sans suite : un autre album est en préparation pour le label anglais Cactus Island, et le prochain Reuter & Belter sera la troisième référence de Tsuku Boshi. Une affaire d’initiés, certes, mais qui devrait ravir les inconditionnels des prestigieux labels mentionnés un peu plus haut : les savantes déconstructions sonores de Poborsk, trempées dans un bain dont on ne sait jamais s’il est d’acide ou de miel, préfèrent puiser chez leurs aînées que dans la production actuelle (« l’electronica est devenue une musique de genre, ça m’intéresse beaucoup moins »). L’abstraction inhérente à ce style musical étant souvent prétexte aux pires élans progressistes, elles ont le bon goût de ne jamais s’attarder sur la question, privilégiant une approche ludique et sensorielle de nos conduits auditifs, comme autant de miniatures venant picoter quelque zone inexplorée du cortex. Bref, ce que Poborsk définit lui-même comme du « BMX mental » est une nouvelle preuve du dynamisme de la scène phocéenne, fût-elle en marge et bien plus loin qu’on ne le croit.

PLX

Dans les bacs : Droïd Topiary Frame (Tsuku Boshi)
www.myspace.com/poborsk
www.plastiqpassion.net