En attendant B-Side

En attendant B-Side

Un avant-goût de bon goût

Tapies depuis quatre ans dans l’ombre d’une programmation de premier choix, un pied dans le rock, l’autre dans la pop, les deux Girlz In the Garage prennent les devants sur leur printanier festival B-Side en proposant cinq soirées des plus alléchantes. Pour nous mettre l’eau à la bouche, rythmer nos vies de musique, et surtout parce que la patience a ses limites…

« Les propositions faites sur Marseille nous bottaient mais on avait envie de faire venir des artistes que l’on apprécie et qui ne passaient pas dans le coin, des artistes qui représentent une actualité. » Une passion partagée depuis le début dans des line up de qualité, une démarche personnelle aux effets véritablement salvateurs. Car même si Marseille regorge de talents, de genres, de styles, de cultures (on nous le répète partout, ça fait chouette), certains mouvements restent sous-représentés, sur scène (le syndrome « On préfère les valeurs sûres d’il y a dix ans ») comme dans la fosse (le syndrome « Cent personnes à Marseille, le triple à Paris »). Pas de temps à perdre donc pour les Girlz, la solution est dans l’action : « Do It Yourself » au lieu te plaindre ! Il devient de toute façon presque difficile de se plaindre, entre Seconde Nature à Aix, Midi Festival à Hyères, RIAM et In the Garage à Marseille, les amateurs de nouveautés dans la marge commencent à se sentir sacrément bien entourés. Petite analyse : les années 2000 ont engendré de nouvelles perspectives, de nouvelles approches, avec leurs lots d’excellences, de ratés et de plagiats. Les franges musicales indépendantes ont littéralement explosé, des barrières sont tombées, créant de nouveaux appels d’air auprès d’un public aux horizons divers. A l’instar du site Pitchfork, des relais propagent l’information indie sur la toile, les musiciens brassent impunément leurs influences dans des démarches personnelles, ne se font que peu d’illusions quant à leur commercialisation et l’auditeur dérouté par l’abondance de puiser au cœur du réseau. Les artistes invités « En attendant B-Side » sont d’ailleurs extirpés de viviers qu’il est bon de propager sur nos disques durs, du revival prog 70’s au garage cradingue et minimal des 80’s, en passant par le kitch télévisuel et américain des 90’s (voir les chroniques de Ducktails et Papaye). Sur des contrées hypnotiques ou vivifiantes… chacun ses penchants, chacun ses vices. Les uns accouplent allègrement pop électronique et tribalisme au sein d’une même émulation progressive, les autres réaniment le krautrock analogique, en live du fond de la cave, pour mieux le faire résonner en enfer. Certains récupèrent le Korg MS 20 de papa et en font l’élément clé d’une locomotive rock dévastatrice, là où d’autres prêchent l’acoustique, sur de plus douces vibrations, l’anti folk minimaliste à l’ère du tout numérique. Bref, une programmation à la fois chatouilleuse et rentre-dedans, surtout vivante. Et pour finir sur un scoop, lorsqu’on questionne les Girlz sur l’avenir des tendances, elles confient non sans hésiter que « 2010 était psychédélique, 2011 sera musette » ! Prochain rendez-vous en mai donc, pour un B-Side truffé d’accordéons et de naphtaline.

Jordan Saïsset

En attendant B-Side : du 9 au 18/02 en appartement, à l’Embobineuse (11 Bd Bouès, 3e), à la Machine à Coudre (6 rue Jean Roques, 1er) et à Seconde Nature (27 bis rue du 11 novembre, Aix-en-Pce). Rens. www.inthegarage.org

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Turner Cody > le 9 en appartement
Acteur du revival folk new-yorkais, Turner Cody est surtout connu de ce côté de l’Atlantique pour tenir parfois la basse chez les Herman Düne. C’est aussi un excellent songwriter dans la plus pure tradition US, et on avait eu l’occasion de s’en rendre compte lors de son magnifique concert au P.A.G. il y a un an. Moins médiatisé que certains de ses confrères à guitare, il n’a pourtant rien à envier à l’élite acoustique.

Nas/im
www.turnercody.com

Marvin + Papaye > le 10 à la Machine à Coudre
On en a souvent parlé ces temps-ci. Remettons en une couche histoire de convaincre les irréductibles : Marvin est une tuerie. Le petit plus de la nouvelle venue de cette sensation électro-rock, c’est la prestation de Papaye (voir chronique Ventilo). Un noise-rock binaire qui n’est pas sans rappeler Lightning Bolt pour le côté transe rythmique. Un conseil, arrivez à l’heure.

dB
Papaye – La chaleur (Africantape/Orkhestra International)

NLF3 > le 12 à Seconde Nature (Aix-en-Pce)
Les filles ont déjà programmé le trio parisien NLF3 (ex-Prohibition) lors de la dernière édition, et l’on en garde un très bon souvenir, bien supérieur au contenu de leurs disques (ces trois-là sont rodés). A situer quelque part entre Tortoise et Battles, avec une pointe d’ethio-jazz et des accents morriconiens.

PLX
Beautiful is the way to the world beyond (Prohibited)

Zombie Zombie > le 17 à l’Embobineuse
Deuxième invitation, une fois encore, pour les Parisiens de Zombie Zombie. Là aussi, le concert fut mémorable, piloté par deux musiciens qui occupent l’espace à eux seuls : Cosmic Neman (batteur à la frappe métronomique toute « kraut ») et Etienne Jaumet (véritable geek des synthés analogiques). Très influencés par Carpenter, à qui ils viennent de dédier un mini-album, en attendant le deuxième, pour bientôt.

PLX
Plays John Carpenter (Versatile)

Tyvek + Binaire > le 18 à La Machine à Coudre
Des artistes américains et français réunis en une même marque de fabrique : du son électrisant, déjanté, et chaotique. Le quatuor Tyevk fait dans l’authentique garage punk lors de shows plus que frénétiques, survitaminés à grands coups de riffs. Le binôme Binaire fait presque de la surenchère en mixant hardcore et électro-punk couplé à de stridentes vocalises. Abrasif.

AO
www.myspace.com/tyvekmusic