Edito 245

Edito 245

C’est moi ou y a une ambiance de merde ?

Le succès de l’écologie politique en a réjoui plus d’un en Europe. Celui de la droite, en revanche, marquera durablement le paysage du continent. De Barroso à Berlusconi en passant évidemment par Sarkozy, les amis du capital en sécurité ont fait péter la bouteille de champ’ dimanche dernier. On croyait pourtant révolue l’idée du libre marché sans entrave et celle de la solidarité réhabilitée depuis la révélation de la plus incroyable escroquerie bancaire qu’ils aient inventée (1). Que nenni ! L’électeur en redemande ! C’est à vous foutre en l’air un week-end de printemps, ça. La droite est hégémonique en France et en Europe, elle va nous mettre la misère pendant les dix prochaines années et fracasser notre système social sur l’autel de la crise financière. Prosper Youplaboum, c’est le roi du pain d’épice. On a beau faire comme si et regarder ailleurs, ça donne envie de tout envoyer balader. Les supporters de l’OM, il y a quelques années, avaient trouvé un fameux slogan pour exprimer leur déprime : « Allez tous vous faire enculer. » Outre l’indicible homophobie de la formule, l’idée est claire. On ne peut plus compter sur rien ni personne, alors tout est possible. Et si c’était ça, la bonne nouvelle ? Et si la lose actuelle devait déboucher sur la victoire prochaine ? Le remède ne relève pas de la médecine douce mais de la bonne vieille saignée. Les têtes trop connues à gauche doivent tomber et un virage radical des pensées progressistes s’opérer pour que l’espoir puisse revivre. Le vert dans le fruit rouge ne suffira pas à nourrir la réflexion et alimenter l’action. Si ça fait partie du menu, la recette est encore à inventer, quel que soit le prix de l’addition. La cuisine française est issue d’une longue tradition. Tout comme l’avènement des progrès sociaux du pays. Tu manges où à midi ?

Victor Léo

Notes
  1. Si vous avez fini de lire le papier, je ne résiste pas à vous raconter la fabuleuse histoire de ces deux Japonais pris à la frontière italo-suisse avec, dans le double fonds de leur valise, quelques 134 milliards de dollars — oui, oui — en obligations d’Etat US. Sans déconner, il y a quelque chose qui coince.[]