Nathalie Fougeras chez Saffir, galerie nomade

Nathalie Fougeras chez Saffir, galerie nomade

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Leçon d’anatomie

Homeroom est l’exposition issue de la première résidence d’artiste chez Saffir. Nathalie Fougeras et la galeriste Lydie Marchi y présentent le fruit d’une collaboration dont l’issue intrigue autant l’une que l’autre…

Homeroom est conçue comme une installation qui investit tout l’espace de la galerie. A travers la spatialisation, l’œuvre de Nathalie Fougeras se fragmente et dissémine les différents éléments de son anatomie : un œil, une jambe, un bras.
Si, depuis les années 90, Internet et le monde virtuel ont largement fait leur trou dans les arts visuels, numériques et multimédias, il n’est cependant jamais facile d’y trouver ses repères. L’Esthétique de la communication de Fred Forest posait, dès les années 80, les bases de cette nouvelle forme artistique, qui tente de mettre en évidence les modifications de notre relation avec notre perception du réel (le temps et l’espace) par ces nouvelles technologies. L’artiste s’attache à rendre l’abstraction de ce monde palpable et nous en donne une connaissance empirique par le biais de l’expérimentation.
« Internet est l’endroit où je puise des dispositions que je filtre et qui influencent le travail d’objets et de médias confondus. » Dans ses installations et ses performances, l’artiste cherche par ce média digital à extraire les représentations mentales que l’on peut se faire de quelque chose d’aussi désincarné que le virtuel.
Dans son installation Brain Loop, Nathalie Fougeras suggère une explosion, lisible à la fois dans une retranscription plastique et spatiale, par le biais de la vidéo. L’image sur l’écran est la résultante d’un traitement graphique poussé au maximum de sa basse résolution : la dématérialisation de la page d’accueil de sites Internet. A côté, elle dépiaute une bécane informatique. L’ordinateur est « démonté-redémonté », ses organes sont présentés comme les restes d’un cadavre disséqué : écran plat, carte mère, disque dur, câbles connectiques… L’installation prend la forme du rhizome, qui évoque autant les connections exponentielles du réseau Internet que notre système sanguin. C’est donc une leçon d’anatomie d’un genre nouveau, où la chair et le sang font place aux fils et au cuivre.

Texte : Céline Ghisleri
Photo : If nails light then go to next

Du 7/04 au 7/05 chez Saffir, galerie nomade (32 rue St Jacques, 6e). Rens. 06 03 40 76 92
Vernissage le 7/04 à 19h