Empty Moves © Jean-Claude Carbonne

Les 30 ans du Ballet Preljocaj

Corps céleste

 

Le Ballet Preljocaj fête ses trente ans et présente une savoureuse programmation jusqu’en décembre, notamment marquée par la nouvelle création d’Angelin Preljocaj, Retour à Berratham.

 

Ce n’est plus un scoop : Angelin Preljocaj est une figure incontournable de la danse contemporaine. Au fil d’un parcours exceptionnel, il est parvenu à séduire les scènes françaises comme internationales. Il fonde et installe sa compagnie à Champigny-sur-Marne en 1985, qui devient le Ballet Preljocaj en 1996, date de son arrivée à Aix-en-Provence. En octobre 2006, résidence est prise au Pavillon Noir, somptueuse réalisation toute de verre et de béton conçue par l’architecte Rudy Ricciotti. Le travail de création d’Angelin Preljocaj permet à la compagnie d’asseoir sa renommée et de fidéliser un large public. Pas moins de quarante-huit œuvres composent son répertoire, et comme le souligne l’écrivain éditeur d’art Eric Reinhardt, « dans chacune des pièces de Preljocaj, il se produit des déflagrations, des instants de saisissement qui électrisent le spectateur. Un peu comme une phrase juste dans un livre, une métaphore sidérante, un éclair de la langue. » Un talent qui se retrouve dans la programmation proposée pour cet anniversaire des trente ans du Ballet.
Le lancement des festivités a commencé avec Empty Moves, en version intégrale, à la Criée. Un ballet abstrait et organique sur la construction et la déconstruction du langage chorégraphique, notamment inspirée de travaux de John Cage, qui signe au passage la bande-son.
Du même acabit, les deux pièces créées pour le New York City Ballet, La Stravaganza et Spectral Evidence, seront dansées pour la première fois en France début juillet, au Pavillon Noir donc. Mais le moment le plus attendu sera sans doute la présentation de la nouvelle création, Retour à Berratham, dans la Cour d’honneur du Palais des papes au Festival d’Avignon, et plus tard au Grand Théâtre de Provence. A partir d’un texte commandé à Laurent Mauvignier (avec lequel Angelin Preljocaj avait déjà collaboré pour Ce que j’appelle oubli), cette « tragédie épique contemporaine » pour onze danseurs et trois comédiens raconte sur fond d’après-guerre la quête d’un jeune homme, revenu à Berratham, ville méconnaissable et meurtrie, pour rechercher celle qu’il aime.
Dernière pièce programmée, mais pas la moindre, Roméo et Juliette, primée aux Victoires de la Musique en 1997, clôturera cet anniversaire en grand au… Grand Théâtre de Provence.
Hormis les pièces inscrites au répertoire du Ballet Preljocaj, des anciens du corps de ballet et des compagnies africaines invitées présenteront leurs créations. Tandis qu’une exposition de photographies et de vidéos illustrera l’histoire de la compagnie.
Trente ans déjà, trente ans à peine ! A ce titre, la déclaration d’Angelin Preljocaj laisse présager un bel avenir à la danse contemporaine : « Je n’aurai jamais fini de questionner le corps, le mouvement et les passions humaines. »

Céline Schmitt

 

Les 30 ans du Ballet Preljocaj : jusqu’au 5/12 au Pavillon Noir et au Grand Théâtre de Provence (Aix-en-Provence).
Rens. : 04 42 93 48 14 / www.preljocaj.org