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Les 20 ans de Lollipop Records

Une bête de label

 

Après avoir célébré l’an passé les dix ans de sa boutique, l’enseigne Lollipop fête en 2018 un tout autre anniversaire : les vingt ans de son label discographique. Deux nouveaux albums font aujourd’hui l’actu : ceux des Pleasures et de Deadwood, qui honorent la versatilité d’un catalogue loin d’être uniquement « punk’n’roll »…

 

L’équipe de Lollipop a toujours eu plus d’un point commun avec la nôtre : elle aime la musique plus que de raison, décline sa proposition artistique pour mieux la défendre, et reste surtout définitivement « indé ». À tout cela, il s’en est ajouté un autre fin 2017, et pas des moindres : la réussite de sa campagne de crowdfunding, gage de la poursuite de ses aventures via l’indéfectible soutien de son noyau dur. Voilà qui scelle une nouvelle fois nos liens et nos parcours qui, sans passion et sans persévérance, ne trouveraient que peu d’écho dans cette ville… Stéphane, pilier de l’entité Lollipop depuis ses débuts : « Ça a été une belle surprise de voir que l’on bénéficiait d’un fort capital sympathie… La campagne a un peu agi comme une piqûre de rappel, elle a eu un effet galvanisant et nous voyons aujourd’hui beaucoup plus de nouvelles têtes à la boutique, mais aussi pour les showcases. » L’activité de Lollipop, essentiellement basée sur la vente de disques au format vinyle (et difficilement dénichables dans les grandes surfaces), se trouve donc à nouveau relancée, et pas simplement sur ce point : son historique structure discographique, relancée fin 2015 après une petite pause, fêtera tout au long de 2018 ses vingt ans d’activité. Au programme : concerts et showcases estampillés « Lollipop Records », mais aussi la sortie de différents albums qui témoignent de la volonté du label de ne pas s’enfermer dans son créneau d’origine — celui d’un punk-rock « bubblegum » ayant forgé sa réputation.

 

Populaire et direct

Avant la publication, à la rentrée prochaine, d’une compilation de morceaux rares signés Cowboys From Outerspace (et jamais sortis au format vinyle), l’actualité qui nous occupe aujourd’hui est liée à deux sorties concomitantes : celles du deuxième album de Deadwood, détonant duo d’origine bruxelloise, et du premier des Pleasures, formation 100 % locale dans laquelle, après avoir longtemps sévi au sein des Neurotic Swingers, Stéphane officie désormais en tant que guitariste. Encore du punk-rock ? Non : les membres de Pleasures, après quelques changements de personnel depuis leurs débuts il y a deux ans, se sont trouvé autour d’une passion commune pour… la pop. Une rencontre a été décisive : celle de Patrick Atkinson, chanteur et guitariste anglais installé à Marseille depuis une quinzaine d’années, alors actif au sein de sa propre formation au registre plus atmosphérique, Technicolor Hobo. Sur le papier, l’association ne semblait donc musicalement pas si évidente… Patrick : « C’est Pascal Escobar (ndlr : ex-membre des Neurotic Swingers) qui m’a appelé à un moment où j’en avais un peu marre de la musique. Je connaissais l’entourage de Lollipop car je trainais beaucoup à la Machine à Coudre, mais je ne voulais pas jouer dans un groupe punk-rock… Je suis donc parti simplement pour faire un essai avec eux, et paradoxalement, le fait qu’ils jouent trop fort m’a aidé à retrouver ma voix… J’ai ensuite constaté, au cours des répétitions suivantes, que Stéphane avait un côté plus poppy que les autres, et que nous cherchions tous les deux la même chose : davantage de songwriting. Depuis, nous avons fait beaucoup de concerts, et il y a une véritable unité dans le groupe. L’album est donc très spontané, avec un côté brut. » Stéphane, qui partage la composition à ses côtés, confirme : « L’alchimie fonctionne vraiment bien entre nous quatre, notre intention étant la même : faire quelque chose de plus populaire et direct… Au sein des Neurotic Swingers, je m’étais vraiment éclaté, donc je n’avais pas forcément envie d’un autre groupe punk-rock. Avec les Pleasures, nous souhaitons toucher aussi bien des gens qui aiment les Stones que les Kinks. » Il y a effectivement beaucoup de pistes explorées sur ce disque : de la pop qui donne des fourmis dans les jambes, des ballades, et plus généralement un rock de facture « classique » avec quelques temps forts, dont ce Sweet Soul Loving appuyé par une vidéo abondamment relayée ces derniers jours sur la toile… Tournée à Marseille, elle dévoile les charmes de la livraison de vinyles à domicile… en mode pizza express. Simple et efficace : comme la musique des Pleasures.

 

Loin des chapelles

Dans un tout autre registre, le deuxième album des Bruxellois de Deadwood — le premier étant sorti en autoproduction — se rapproche davantage des fondamentaux du label (punk, garage, blues…) mais les torpille à sa façon très singulière. De « one-man-band » à l’origine, dans une lignée à situer entre Bob Log III et Tom Waits, Deadwood est ensuite devenu un duo qui pourrait évoquer The Kills : lui compose toujours, joue de la guitare et de boucles, mais il est désormais appuyé par une chanteuse qui emmène encore plus loin son petit cirque aux références très « bis ». Une vraie curiosité, sauvage et minimaliste, telle qu’avait pu en sortir Lollipop Records dans ses années les plus fastes… Stéphane a eu pour le duo un vrai coup de cœur : « Nous nous sommes rencontrés par le biais de la MJC d’Aubagne, qui nous a proposé de les accueillir en showcase. Et j’ai pris une vraie claque ! Ils sont encore peu connus mais tournent beaucoup en Europe, dans les festivals, et notamment dans des spectacles de rue. C’est typiquement le genre de groupe que j’aime signer aujourd’hui, car il est capable de toucher différents publics, loin de toute chapelle. » Tour à tour noisy ou plus apaisé, le disque explore effectivement tout un tas de pistes, sur des formats très courts ou très longs… On a hâte de voir ce que ça donne sur scène, domaine où il est réputé pour exceller : ce sera chose faite début mai au Moulin, où Deadwood partagera l’affiche avec les Cowboys From Outerspace. Il s’agira du premier acte de la série de concerts-événements organisés cette année par Lollipop Records, autour des différents groupes qu’il a récemment signés ou co-produits (dont Conger ! Conger !). En 2018, l’entité la plus rock’n’roll de tout Marseille ne baisse donc pas la garde : elle trace son sillon.

 

PLX

  • The Pleasures – Feel it rise (Lollipop Records/L’Autre Distribution).

En showcase le 13/04 au Lollipop Music Store (2 Bd Théodore Turner, 6e).
Rens. : 04 91 81 23 39 / http://lollipopstore.free.fr/

  • Deadwood – II (Lollipop Records/L’Autre Distribution).

En concert le 3/05 au Moulin (47 Boulevard Perrin, 13’), avec les Cowboys From Outerspace.
Rens. : 04 91 06 33 94 / www.lemoulin.org

Pour en (sa)voir plus : http://lollipop.records.free.fr/