Le projet Jeunes médiateurs de Sextant et plus

Le projet Jeunes médiateurs de Sextant et plus

L’art de la médiation

Sous la houlette de Sextant et plus, des lycéens se mettent dans la peau de médiateurs culturels le temps de l’exposition de l’Atelier Van Lieshout à la Tour-Panorama de la Friche. Une nouvelle façon de « voir », entre approche pédagogique et initiation artistique.

 

Pénétrer dans Slave City, c’est déjà une grande claque. De la performance à l’exposition, The Butcher, désignation implicite de l’artiste Van Lieshout, nous conduit dans une utopie cauchemardesque. Pauline, Colomba, Lou et Jeanne font partie des sept lycéennes du projet « Jeunes Médiateurs ». Après une première répétition, elles se disent satisfaites de la réception du public. « Les gens ne connaissent pas Van Lieshout en général, ils sont curieux et indulgents. » Leila Quillacq, de l’association Sextant & plus, organisatrice du projet en partenariat avec le lycée Thiers, n’en finit plus d’être surprise par les jeunes qu’elle encadre. « Elles ont imaginé des mises en scène autour de certaines œuvres ; Jeanne a par exemple préparé des textes pour des lectures performatives. » Un intérêt aiguisé, porté par une initiative motivante aussi parce qu’elle inverse les rôles. Les jeunes médiatrices approuvent : « D’habitude, nous n’avons qu’une posture d’élève, là, nous apprenons à notre tour des choses aux visiteurs. » En plus d’une découverte professionnelle, c’est toute la sensibilité artistique qui s’en trouve éveillée. Et avec un artiste tel que Van Lieshout, tout est permis, sauf la neutralité. « Sur le coup, ça paraît assez moche ! », s’exclament les lycéennes. Mais sous les allures peu accessibles dont se revêt parfois l’art contemporain, l’œuvre de Van Lieshout parle en fait à tout le monde. Dans sa restitution d’une ville parfaite, au sein de laquelle rien ne se perd, c’est finalement une véritable dystopie (1)Une dystopie, également appelée contre-utopie, est un récit de fiction peignant une société imaginaire organisée de telle façon qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur. qui se dessine. Les maquettes symbolisant les institutions-clés d’une ville idéale sont agrémentées de dessins aux murs, faisant souvent froid dans le dos. Et les jeunes médiatrices en parlent comme des pros. Double raison de se plonger dans Slave City, en passant par The New Tribal Labyrinthe, autre mise en scène incroyable d’une société rêvée. En plus d’apporter au public un regard éclairé et novateur sur les œuvres, les lycéens se sensibilisent à l’art contemporain, art total chez Van Lieshout, souvent écarté des programmes scolaires.

Morgane Masson

 

Visites guidées les mercredi 13, 19 et 27/11 à 15h

Atelier Van Lieshout – The Butcher :  jusqu’au 31/12 à la Tour Panorama – Friche La Belle de Mai?(41 rue Jobin, 3e).
Rens. www.sextantetplus.org / www.lafriche.org/content/butcher / www.mp2013.fr

 

Notes

1 Une dystopie, également appelée contre-utopie, est un récit de fiction peignant une société imaginaire organisée de telle façon qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur.