Le bleu des villes

Le bleu des villes

Jazz sur la Ville n’est pas un festival, c’est bien plus que cela. Pour s’en rendre compte, il suffit d’en parler avec l’équipe qui l’anime. Rencontre informelle avec un collectif qui l’est tout autant, autour d’une table à l’heure de l’apéro. Avec dans leur propre rôle : Michel Antonelli du Cri du Port, Gilles et Johanne de la Meson, Hélène Desrues du GRIM et Marc Bonnet de L’Intermédiaire…

Jazz sur la Ville n’est pas un festival, c’est bien plus que cela. Pour s’en rendre compte, il suffit d’en parler avec l’équipe qui l’anime. Rencontre informelle avec un collectif qui l’est tout autant, autour d’une table à l’heure de l’apéro. Avec dans leur propre rôle : Michel Antonelli du Cri du Port, Gilles et Johanne de la Meson, Hélène Desrues du GRIM et Marc Bonnet de L’Intermédiaire.

Qu’on se le dise : Jazz sur la Ville n’est pas un festival. Pointillisme sémantique ? Envie de se démarquer du tout-venant événementiel ? Rien de tout cela. Cette manifestation, à la différence des autres festivités musicales, est animée par un collectif informel qui réunit en son sein dix lieux de diffusion marseillais pour que « vive la jazz à Marseille », comme l’annonce le programme et l’affirme joyeusement Michel Antonelli : « un festival, c’est une sensibilité, une orientation artistique marquée sur une période précise de l’année. Nous, on travaille tous à l’année dans des structures qui programment de la musique, notre travail est ici collectif, donc plus ouvert. » Au sein de cette joyeuse collaboration, unique en son genre, on retrouve des salles spécialisées dans le jazz mais aussi d’autres lieux plus habitués à recevoir du rock, de la world ou de l’électronique. Chaque lieu choisit sa programmation, tout en prenant soin de respecter quelques points essentiels chers au collectif : mettre en lumière la création régionale, privilégier des propositions artistiques nouvelles, et aussi permettre à tous les artistes d’évoluer dans un cadre légal et professionnel (en bref, tout le monde est payé et les dates sont déclarées). L’autre particularité de Jazz sur la Ville est de placer tous les artistes sur un pied d’égalité, comme le souligne Hélène : « à l’image de ce qu’il se passe dans les musiques actuelles où il n’y a pas de première et de seconde partie, pas d’ordre de passage, tous les artistes bénéficient ici de la même visibilité. » Il n’y a qu’à jeter un œil au programme pour s’en apercevoir : aucun nom d’artiste n’est mentionné en gros caractère, même ceux qui demeurent internationalement reconnus et qui pourraient drainer un public plus large. La répartition en dix lieux est un autre atout de la manifestation selon Gilles : « le public est souvent habitué à certaines salles. Là, il va pouvoir découvrir d’autres lieux. » Affirmer que Jazz sur la Ville propose une programmation de qualité relève de l’euphémisme, et pour finir, ne pas mentionner qu’il nous a été que trop rarement permis de rencontrer une équipe aussi conviviale et enthousiaste aurait été une vraie faute de goût.

nas/im

Trio Montera/Berrocal/Compaoré : le 11 au Pelle-Mêle
Jean-Marc Montera, fondateur du GRIM (guitare et objets), s’associe au trompettiste Jac Berrocal (auteur du drôle Rock’n’roll station avec Vince Taylor) et au rythmicien funambule Ahmad Compaoré. Musique libre et noisy en perspective …

Duo Barre Phillips/Henri Florens : le 14 à la Meson
« Je ne pensais pas qu’on pouvait raconter autant de choses avec une contrebasse » : voilà ce que je me suis dit la première fois que j’ai vu Barre Phillips sur scène. Il est ici associé à une autre « légende » du jazz. Un must !

Christian Brazier Quartet : le 15 à La Cité de la Musique
Notre coup de cœur ! Auteur d’un magnifique album solo (Sazanami, sorti en début d’année), Christian Brazier nous fera partager les riches intonations organiques de sa contrebasse auxquelles s’ajouteront, entre autres, la douce féminité musicale du piano de Perrine Mansuy.

Jazz sur la Ville #2, jusqu’au 15 à Marseille
www.myspace.com/jazzsurlaville