Action ! à l’Alhambra Cinémarseille

Action ! à l’Alhambra Cinémarseille

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La solitude des premiers films

L’Alhambra propose au public marseillais de revenir sur une sélection de six premiers films récents, essentiellement hexagonaux, trop rapidement écartés des circuits de distribution.

William Benedetto, directeur engagé de l’incontournable salle de l’Estaque, sait parfaitement que faire profession de programmateur cinématographique ne repose pas sur une mécanique, mais sur une dynamique. A l’heure où beaucoup de structures classées art et essai enchaînent les semaines de programmation sans grande ardeur – un comble pour un secteur en lutte ! –, l’Alhambra ne cesse, chaque mois, d’expérimenter de nouvelles formes de diffusion, conscient que la projection fait partie de l’œuvre. Dont acte avec le nouveau festival Action !, qui permettra, durant une petite semaine, de donner la chance à une poignée de premiers films passés trop injustement inaperçus, malgré d’immenses qualités et un accueil critique élogieux. Que la majorité de ces six opus n’ait pas trouvé place sur les écrans phocéens crée invariablement le malaise. Une injustice vite réparée, donc, d’autant que quatre réalisateurs seront présents pour accompagner les projections. Un monde sans femmes fait partie des très belles surprises de ce début d’année. Guillaume Brac, présent à l’Alhambra le 13 avril, signe une œuvre d’une belle légèreté, un brin mélancolique, louchant vers le cinéma éternel d’un Jacques Rozier. Tourné sur les côtes picardes, le film met en scène un trio amoureux virevoltant autour du comédien et homme de théâtre Vincent Macaigne, éblouissant dans le rôle. Plus connu du grand public, Matthieu Demy promène, pour son premier essai Americano, sa caméra sur le continent américain, sous forte influence familiale. N’empêche, le film est souvent traversé par une beauté désenchantée fort prometteuse. Plus étrange, voire fascinant, Bovines, premier film qu’Emmanuel Gras viendra présenter le 14, pose un regard pertinent sur le monde bovin, et signe avec cette vie des vaches un vrai chant du monde. D’animal, il est également question dans cette autre belle promesse que signe Estelle Larrivaz avec Le Paradis des bêtes, porté par le troublant Stefano Cassetti, déjà rencontré chez Cédric Kahn sous les traits de Roberto Succo.

Texte : Emmanuel Vigne
Photo : Un monde sans femmes de Guillaume Brac

Action ! : du 11 au 15/04 à l’Alhambra Cinémarseille (2 rue du Cinéma, 16e). Rens. 04 91 03 84 66 / www.alhambracine.com