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L’état de crasse

L’image de l’homme à poigne le ravit à coup sûr. Après l’illuminé de la pyramide, le dur à cuire. « Sans faute », chantent les frotte-manches. L’état de grâce promis au vainqueur ne devait pas durer. L’arrogance du jeune général lui a fait baisser la garde. Entouré par ses obligés, il sacrifie au bon mot la simple décence. « Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent. » Une bonne blague raciste entre marins, ça détend. Cette marchandise humaine, ce stock d’invendus, ça fait longtemps que cela ne choque plus sa conscience. Il en tient même une politique. Les ressources humaines supplantent le droit du travail. Les réfugiés contrarient le devoir d’asile. Pendant que le Président se gausse des pauvres Comores, le ministre de l’Intérieur se charge des passagers clandestins du territoire. Et celui-ci de prôner la ligne dure. Rameuter des policiers pour ratisser les « jungles », ces lieux de rassemblement des migrants en transit vers l’Angleterre. Les renvoyer sous bonne garde dans le premier pays à avoir récupéré le gilet de sauvetage à la descente du bateau. L’Italie mène une politique d’accueil des naufragés, la France leur renvoie ses propres demandeurs d’asile. Ce sont les « accords de Dublin » qui chargent le pays de passage d’examiner les demandes, même si aucune n’a été déposée sur le trajet ! L’Europe se barricade. Macron le petit garde la barrière.

Victor Léo