Djeff - Now Here Else

Installations polymorphes. Commissariat : Fanny Serain

Première exposition monographique, cette série de pièces choisies retraçent la démarche de Djeff, artiste plasticien. De l’univers du retrogaming à l’élaboration d’installations polymorphes plus complexes dont certaines inédites, son travail se centre sur l’humain et sa condition dans ses limites de la spéculation de son propre environnement.
Sans jugement ou dramaturgie moralisatrice, Djeff préfère les dispositifs jouant d’une technicité faussement pointue, privilégiant l’angle d’une poétique visuelle porteuse de questions et surtout d’une généreuse espérance et d’une hypothétique résistance.
L’exposition présente le reflet de Djeff, de ses évolutions dans le recours à des techniques et des dispositifs différents mais où ses préoccupations se déclinent, s’approfondissent, gardant comme enjeu la conscience du spectateur, sa fascination technologique et les implications qu’elle en contient.
En s’ouvrant sur la pièce éponyme de l’exposition Now Here Else, sorte d’« alerte préalable », le ton est donné. Epris dans un système, les flux informationnels, technologiques, virtuels ou réels, sont devenus continus, comme un filet sur l’ensemble de notre monde. Les mots, à l’aléatoire de leur publication sur les réseaux, prennent la forme de briques et dévalent l’écran pour s’entasser, sans finalité de construction apparente. Et pourtant, il n’y a pas d’autre place où être - nowhere else…
Les pièces suivantes exhortent, elles aussi, ces paradoxes de l’ère anthropocène, engageant le visiteur, au fil du parcours, dans un balancier entre déplacement et arrêt sur images, physiques ou induits. Chez Djeff, le déplacement devient un potentiel graphique, le temps peut se figer grâce aux facs similés, le fragilité des bulles spéculatives côtoient celles de savon, la silhouette de l’homme nait du souffle de la machinisterie… Les associations d’images s’emplissent d’un haut potentiel symbolique et spirituel, sous des accents drôles mais de tributs à la règle de l’entropie.
Dans un langage plastique qui aime la confrontation des images emblématiques de la vie contemporaine, les interrogations de l’artiste cheminent entre la sophistication d’un monde manufacturé qui va (trop) vite et sa simplicité originelle dont la permanence et l’immuabilité sont désormais fortement remises en cause. A mesure des installations, se déroule le fil de pourquoi poétiques sur l’environnement, l’inconstance humaine, sa responsabilité, son empreinte écologique et décline une investigation qui dépasse la question environnementale pour explorer l’ambivalence constitutive de l’humain entre nature et culture, engager une réflexion sur l’être au monde contemporain et le devenir humain.
Recourant à des systèmes réflexifs et faisant souvent illusion d’une technicité pointue, Djeff met en scène ces oxymores qui emplissent notre quotidien. Les semblants de maitrises technologiques cohabitent avec la dépendance oubliée aux éléments naturels, synecdoque des ressources primaires. Les défilements interminables sont saisis jusqu’à devenir contemplatifs tels des traces de passages.
Pour autant, si chacune de ces pièces tend à questionner ce piège abscons des excès au bord de la rupture, leurs formes évitent toute dramaturgie pour privilégier l’angle d’une poétique visuelle porteuse d’une généreuse espérance et d’une hypothétique résistance.

Fanny Serain Commissaire d’exposition

www.now-here-else.com

http://djeff.com

Le 30 août, Nuit blanche de 20h à 2h, en présence de l'artiste, dans le cadre des soirées de clôture de MP2018

Fondation Vasarely
Du 2 juin au 8 sept. : lun, mar, mer, jeu, ven, sam, dim 10h-18h Tlj, 10h-18h
4/6/9 € (gratuit pour les moins de 5 ans)
http://www.fondationvasarely.fr/
Avenue Marcel Pagnol
13100 Aix-en-Provence
04 42 20 01 09