Short Cuts 241

Short Cuts 241

Alice Russell > le 22 au Cabaret Aléatoire
Aux dernières nouvelles, à se faire dorer la pilule sous le soleil des Caraïbes, Amy Winehouse irait mieux. Pour les chanteuses anglaises de soul, la tendance serait donc aux shiny happy people plus qu’à la darkitude : ça tombe bien, Alice Russell rayonne de mille feux. Basée à Brighton, l’égérie du Quantic Soul Orchestra vole désormais de ses propres ailes, et n’a rien à envier à sa consœur – bien que le succès de cette dernière lui ait balisé le terrain. Du solide.
Pot of gold (Little Poppet/Differ-Ant) www.alicerussell.com

Marcel Kanche > le 23 à la Meson
Peu d’entre vous le connaissent. Bien sûr, il y a la façade : Qui de nous deux ou Divine idylle, c’est lui. Mais derrière ces travaux de commande, il y a l’œuvre : trois décennies de musique, à la lisière du rock et de la chanson, qui semblent culminer sur le sublime Dog songe sorti l’an passé. Un disque minimaliste, fort comme un arbre, évoquant le Bashung « dernière période » (ils étaient proches). Grand monsieur, et introduction rêvée pour le festival Gravitations.
Dog songe (Irfan) www.marcelkanche.com

Electronicat > le 24 à l’Embobineuse
Vous aimez Suicide ? Voici sans doute son plus digne héritier, et il est… français. Car si les clones du légendaire tandem new-yorkais se sont multiplié ces dix dernières années, par le double effet du « retour du rock » et de la démocratisation du home-studio, personne n’a incarné avec autant de justesse l’esprit même du rock’n’roll avec pour seules guitares… des machines. La musique de Fred Bigot est sale, noisy, c’est de l’électricité statique mise en sons. Unique.
Binary/Ternary (Holy Mountain) www.electronicat.com

John & Jehn > le 24 à l’Oméga Live (Toulon)
C’est un duo exquis que voici : deux Français qui vivent à fond leur love story à Londres, une histoire aussi charnelle que musicale puisqu’elle accouche aujourd’hui d’un long format précieux et référencé. Nourri de fragments épars de new-wave (The Fall) et de mythologie new-yorkaise (le Velvet, Suicide…), celui-ci pousse le concept assez loin en proposant deux disques, l’un pour elle, l’autre pour lui. La magie opère, ils sont beaux, ténébreux, parfaits à la scène.
John & Jehn (Faculty Music Media/Discograph) www.myspace.com/johnjehn

Dig Up Elvis > le 25 au Poste à Galène
On voit déjà le tableau : des minettes vont se pointer au concert pour toucher du doigt leur idole, dont elles ont déjà eu l’autographe lors d’un récent concert au Dock. Ça va piailler dès qu’il touchera son ukulélé, suinter de la raie quand il va faire sa Castafiore. C’est dommage, car on ne voit pas qui d’autre, malheureusement, assistera au concert de ce groupe indie-rock pétri de bonnes influences, mais piloté par une jeune star qui cherche en vain son public…
www.myspace.com/digupelvis

Coco Rosie > le 25 au Théâtre du Gymnase
Troisième passage à Marseille pour les sœurs Cassidy. La première fois, c’était au Poste à Galène, dont la jauge intimiste accoucha d’un concert magique. La deuxième, c’était au Cabaret Aléatoire, dont l’acoustique, qui l’est tout autant, ne rendit pas justice à leur univers fait de bric et de broc. De ce côté-là, le Gymnase devrait être un écrin idéal pour les envolées lyrico-baba de Coco Rosie, deux filles qui, rappelons-le, transpirent le talent par tous les pores.
The adventures of Ghosthorse and Stillborn (Touch & Go) www.cocorosieland.com

Bonnie Prince Billy > le 26 au Poste à Galène
De Palace Brothers à Bonnie Prince Billy, cela fait déjà vingt ans que Will Oldham creuse le sillon fertile d’une « americana » dont il est devenu le plus célèbre artisan. Du magistral dépouillement folk de son chef-d’œuvre, I see a darkness, au classicisme countrysant de son dernier disque, le prolifique songwriter alterne le bon et le moins bon, gagnant progressivement sur le menton ce qu’il perd sur le crâne. On appelle ça la théorie des vases communicants.
Beware (Domino) www.myspace.com/princebonniebilly

Lenny Kravitz > le 26 au Dôme
Nous sommes bien d’accord : depuis à peu près quinze ans, Lenny Kravitz est un guignol. Une caricature de son propre personnage, construit sur les grands mythes du rock et de la musique noire (Hendrix, Lennon, Wonder, Marley). Mais voilà : au début de sa carrière, Kravitz a sorti deux grands disques, dont le premier, chef-d’œuvre à la patine vintage, fait aujourd’hui l’objet de cette « tournée des vingt ans ». On croise les doigts pour qu’il soit à la hauteur du truc.
Let love rule (réédition chez EMI) www.lennykravitz.com

Experimental Dental School > le 30 à l’Embobineuse
L’ouverture du festival B-Side (voir ci-dessus) : un groupe qui colle tout à fait à l’esprit de l’Embob’, associant esthétique lo-fi, refus du formatage et dérapages à tous les étages. Duo basé à Portland, Experimental Dental School rappelle à plus d’un titre ses camarades de Deerhoof : un rock minimaliste piloté entre autres par une Japonaise, mais ici envisagé sous un angle instrumental et dadaïste. A ses côtés, un autre groupe de folie : Icy Demons (voir p. 15).
Jane Doe loves me (Cochon Records) www.experimentaldental.com

No Neck Blues Band > le 2 à Montévidéo
Trois ans après son dernier passage, le GRIM réinvite ce collectif new-yorkais qualifié par Sonic Youth de « meilleur groupe de l’histoire de l’univers ». Voilà qui devrait suffire à rameuter les troupes, mais, puisqu’il faut bien étayer cette brillante analyse, rajoutons que le No Neck Blues Band trace une voie cosmique entre free-jazz et psyché-folk, tout du long d’improvisations planantes. Parce qu’il vaut mieux prévenir que guérir, prenez quand même de la drogue.
Clomeim (Locust Music) www.myspace.com/nnck

PLX