Tesseract © Erik Damiano

Des cirques indisciplinés

Numerus Circus

 

A l’occasion de la sixième édition des Cirques indisciplinés, le Théâtre d’Arles propose un programme ayant pour dénominateur commun l’esthétisme, l’enchantement et la magie nouvelle. Une manière originale d’ouvrir la saison en élargissant la palette de son public.

Le cirque, qui a définitivement trouvé sa place sur les scènes des théâtres, ne cesse de se distinguer. Un cirque dit « d’auteur », constitué de formes transgenres ancrées dans une écriture contemporaine, se développe, proposant de sortir des canons de l’imaginaire collectif du cirque axé uniquement sur le spectaculaire.

Voilà le sens que Valérie Deulin, directrice du Théâtre d’Arles, donne aux Cirques indisciplinés qui ouvrent sa riche saison. Soit cinq spectacles qui se placent, sans renier une identité circassienne, à la convergence de plusieurs disciplines comme la magie, la danse, le théâtre, la musique et les arts numériques. Ici, la performance n’est pas forcément physique mais artistique, à l’instar de Dark Circus de la compagnie Stereoptik. Dans cette création jeune public du In d’Avignon 2015, la prouesse réside dans le côté « multitâches » qu’exercent au plateau le musicien Jean-Baptiste Maillet et le plasticien Romain Bermond. Sous les yeux ébahis du public, ils donnent vie, par des « bidouillages » artisanaux en musique, à toute une série de personnages et de décors créés en simultané puis projetés sur grand écran. Un cinéma sans pellicule empreint de féérie qui force l’étonnement et ne s’adresse pas qu’aux tout petits. Dans Dark Circus, le cirque n’est pas objet mais sujet. En effet l’auteur jeunesse Pef, père du Prince de Motordu, a imaginé une histoire de cirque catastrophe où tout finit mal afin de pouvoir en rire.

L’humour est aussi au rendez-vous avec Tesseract. Délaissant le fil, l’artiste madrilène Nacho Flores s’est inventé un nouvel agrès pour défier les lois de l’équilibre : le cube de bois. Animées par la technique du mapping, ses sculptures éphémères prennent des visages multiples avec lesquels Nacho Flores fusionne dans des danses improvisées.

Le courant de la magie nouvelle est en pleine expansion. Etienne Saglio, de la compagnie Monstre(s), en est l’un des représentants les plus prometteurs. Avec Les Limbes, il présente un travail hypnotique tout autant qu’onirique, aussi poétique que sombre. L’étrange voyage d’un homme en proie avec ses fantômes.

Rafael de Paula s’est spécialisé dans le mât chinois. Apres Vigilia et une résidence à Arles, il revient avec Nebula, un duo avec Ania Buraczynska autour de la rencontre. Un cirque sensoriel graphique à la croisée des arts numériques.

Intumus Stimulus est un moment magique pour écouter ses sens. Jani Nuutinen y joue au mentaliste dans un petit chapiteau autoporté où se mêlent expériences culinaires et sensorielles.

L’indiscipline sera aussi territoriale, certains spectacles rejoignant des lieux plus insolites ou voisins, comme l’Alpilium à Saint-Rémy-de-Provence ou l’ancienne gare maritime du quartier arlésien de Trinquetaille.

Un joli programme en perspective, de quoi nous ramener en enfance…

Marie Anezin

 

Des cirques indisciplinés : du 8 au 16/10 à Arles et à Saint-Rémy-de-Provence.
Rens. : 04 90 52 51 51 / www.theatre-arles.com

Le programme complet du festival Des cirques indisciplinés ici