De Vives Voix à la Maison du Chant

Corps vocal

 

La tendance est aux changements de plans, aux fausses joies et aux espoirs réconfortés. Aux rumeurs, donc, qui, à force de circuler, semblent désormais rodées à la course de fond. C’est donc « De Vives Voix » que nous crions notre joie d’assister à la renaissance réelle des programmations automnales. Pour sa version convalescente, la seizième édition du festival organisé annuellement par la Maison du Chant se tiendra exclusivement en ses murs de la rue Chape, pour une version intime et chaleureuse.

 

La Maison du Chant est un lieu pluriel. Créée dans les années 2000, elle est l’écrin de nombreux ateliers et stages de pratique orale comme écrite, ainsi que de concerts. Elle propose également des formules d’accompagnement vocal, de rendez-vous réguliers pour se former, progresser et se perfectionner en chant. Ce foyer artistique fait aussi dans la production, et participe à la diffusion de groupes locaux comme Les Dames de la Joliette ou Maluca Beleza. Particulièrement portée sur les musiques dites « du monde », elle est la co-organisatrice de plusieurs événements musicaux implantés solidement dans le paysage musical phocéen (CaravanSérail, Jazz sur la Ville). Depuis seize ans, la Maison du Chant organise le festival De Vives Voix, qui met à l’honneur les techniques vocales d’ici et d’ailleurs, les musiques traditionnelles et contemporaines, dans un panel de cordes vocales riche et varié.

Cette année, les concerts se tiendront tous rue Chape. Pas besoin de s’en échapper, cela dit, pour voyager. Les enceintes du comptoir et de l’auditorium accueilleront une programmation plurielle. Du jazz, avec Marion Rampal, qui nous confiera son Secret aux côtés du pianiste virtuose Pierre-François Blanchard. Des musiques klezmer, avec le duo enchanteur Neshume ; l’une à l’accordéon, l’autre à la clarinette, ces deux membres du groupe Les Oreilles d’Aman nous chantent avec malice leurs contes yiddish réinventés. Le septet Nova Zora nous portera quant à lui en terres tsiganes, dans un tour de chants slaves, bulgares et roms. On retrouvera également ces formations bien connues des mélomanes locaux, la compagnie Rassegna et celle du Lamparo, chères à nos racines méditerranéennes. Méditerranée toujours, à travers les chants populaires, les complaintes de migrants ou les rituels profanes de nos ancêtres, retransmis par le trio Curmaïa.

Ce voyage vocal s’annonce comme un havre de douceur en plein orage. L’écho du passé, les envies d’ailleurs, les arrêts dans le temps ; la Maison du Chant se propose de réaliser nombre de nos (nouveaux) fantasmes masqués.

 

Lucie Ponthieux Bertram

 

De Vives Voix : jusqu’au 8/11 à la Maison du Chant (49 rue Chape, 4e).

Rens. : www.lesvoiesduchant.org