Evil Dead II (V.O.)

Comédie d'épouvante de Sam Raimi (États-Unis - 1985 - 1h25  - Int. - 12 ans), avec Bruce Campbell, Sarah Berry... Projection précédée par une conférence de Karim Charredib (maître de conférence en cinéma et essayiste) et Rafik Djoumi (journaliste culture et essayiste) sur le thème "La Chorégraphie du pire : tant bien que mal, les zombies dans le cadre"

"La Chorégraphie du pire : tant bien que mal, les zombies dans le cadre"

Conceptualisé en réaction à la situation d’esclavage sur une île des Caraïbes, Haïti, le zombie a ressurgi dans la mythologie contemporaine qu’instaure le cinéma par un lent envahissement des écrans, dès White Zombie (1932). Ici s’opère déjà un déplacement – des Caraïbes vers les États-Unis, de l’insulaire au continental – et les morts-vivants vont peu à peu incarner une critique du monde occidental moderne par une mise en scène des corps qui n’est pas sans lien avec la violence produite dans le cinéma burlesque américain de l’époque (Buster Keaton, Charlie Chaplin, etc.).
Dans les années soixante, la seconde vague de films de zombies, introduite notamment par La Nuit des morts-vivants en 1968, modifie le paradigme et s’empare du motif pour en faire une figure de la modernité cinématographique. Émancipés de la tradition, ils errent dans le cadre et mettent en danger les stratégies narratives que sont les situations, les actions et les mots (Pontypool) par une chorégraphie du pire que sont les déambulations, chutes et autres maladresses, à l’image d’une comédie musicale ratée. Tout autant victimes que monstres, les zombies reconfigurent la hiérarchie des plans : désormais, l’arrière-plan est une présence menaçante capable de renverser le premier plan et le cadre cinématographique devient le lieu de performances macabres où les corps virevoltent et se déchirent par la dévoration de l’esthétique gore (Brain Dead). Alors qu’ils accélèrent sur un mode hystérique (de 28 jours plus tard à World War Z), les zombies incarnent paradoxalement, notamment sur le mode parodique (One Cut of the Dead, Zombieland, The Dead Don’t Die), l’état d’un monde arrivé à bout de souffle duquel l’humain serait à exclure, incitant à penser dans cette créature une proposition de posthumanité, aussi erratique, titubante et chaotique soit-elle.

Le film

Deux jeunes amoureux se rendent dans la cabane du professeur Knowby, qui a mystérieusement disparu apres avoir eu en sa possession quelques pages du livre des morts, redoutable grimoire disparu au XIVe siècle.                      

 

Cinéma Les Variétés
Le jeudi 1 janvier 1970
6,80/9,80 €. Réservation fortement conseillée au 04 91 90 08 55 ou à resa.popphilo@gmail.com
www.semainedelapopphilosophie.fr
37 rue Vincent Scotto
13001 Marseille
09 75 83 53 19
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