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  • <em>Et le Diable vint dans mon cœur</em> par la C<sup>ie</sup> Vol Plané au Théâtre du GymnaseEt le Diable vint dans mon cœur par la Cie Vol Plané © Julien Piffaut
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  • <em>Et le Diable vint dans mon cœur</em> par la C<sup>ie</sup> Vol Plané au Théâtre du GymnaseEt le Diable vint dans mon cœur par la Cie Vol Plané © Julien Piffaut
  • <em>Et le Diable vint dans mon cœur</em> par la C<sup>ie</sup> Vol Plané au Théâtre du GymnaseEt le Diable vint dans mon cœur par la Cie Vol Plané © Julien Piffaut

Et le Diable vint dans mon cœur par la Cie Vol Plané au Théâtre du Gymnase

Mal d’ado

Le spectre de l’adolescence se cache derrière le titre évocateur du nouveau spectacle de la compagnie marseillaise Vol Plané, Et le Diable vint dans mon cœur. Une fable endiablée signée Alexis Moati, promesse d’une immersion en terres (in)connues.

 

Après Peter Pan en 2010 et Petites sirènes en 2013, Et le diable vint dans mon cœur est la dernière pièce maîtresse d’un triptyque qui aborde sans détours la thématique de la sortie de l’enfance. L’adolescence est souvent vue comme un âge ingrat faisant suite à cette période merveilleuse et vibrante de naïveté qu’est l’enfance. Déjà, le Diable rôde : « L’arrivée du désir, de quelque chose d’étranger qui commence à réagir en nous et sur lequel la morale n’a pas beaucoup de prise. C’est le jardin de la connaissance, quand Eve croque le fruit défendu, la honte qui arrive et avec elle, la conscience du bien et du mal. » Un âge où le ton est maladroit, les codes incertains, et les valeurs restent à apprivoiser ; une maladresse qui appelle néanmoins une certaine tendresse. Avec cette nouvelle pièce, Alexis Moati poursuit son voyage initiatique à travers le temps à la découverte de « cet âge qui se cache pour grandir. »
Alexis Moati n’est pas qu’un metteur en scène. Il est aussi un grand enfant, qui « voudrait pouvoir grandir et idéalement garder tous les âges en [lui] pour [s’]en souvenir, pour que l’adulte qu’[il est] puisse consoler l’enfant qu’[il a] pu être quand il est triste. » Il a su trouver dans le théâtre une forme d’harmonie et de plénitude et, contrairement aux adolescents, il ne se cache pas pour grandir. Son talent non plus. Cela fait plusieurs années qu’il a choisi de s’attaquer à cette thématique inépuisable et il n’est pas prêt de s’arrêter là. Réveiller l’adolescent qui sommeille en nous, tel est le défi ambitieux relevé avec brio par les sept acteurs de la troupe. Un enjeu de taille pour un metteur en scène qui n’a pas froid aux yeux : « Je tenais à cela car je pense que le corps de l’acteur se souvient de tout ce qu’il a traversé, il a une mémoire physique. Cela me permet d’inventer tous les possibles. Avec des acteurs adultes, je peux avoir à la fois des adultes et des adolescents, et ne pas leur voler quelque chose qui leur échappe. Le théâtre consiste à donner la conscience aux interprètes de ce qu’ils sont en train de raconter. »
Cette commande aux acteurs a fait jaillir des choses inattendues et balayé les certitudes : avec le temps, tout ne s’en va pas. Les deux années de répétitions et les immersions dans des groupes de collégiens et lycéens ont fait naître un véritable petit cirque à la fois poétique et politique. Alexis Moati veut bousculer les codes du théâtre, à commencer par la production, avec une troupe d’acteurs auteurs qui « alimentent de l’intérieur la fable qu’on est en train d’écrire ensemble », en passant par la scénographie, fruit d’une véritable collaboration artistique avec Thibault Vancraenenbroeck. Fable, cirque, spectacle chorégraphique, autant de genres qui en font une pièce singulière sans narration, faite d’un collage de séquences avec pour seul fil rouge l’adolescence. Cette pièce en trois actes se révèle être un véritable laboratoire d’observation. Il n’y pas d’espace, pas de décor, mais des acteurs jouant avec des matériaux froids qui se transforment, ce « mobilier de collectivité » que ce sont les chaises et tables de classe.
Dans cette pièce estampillée jeune public, il n’est pas question de vénérer l’adolescence ni de tomber dans la caricature, mais il s’agit surtout de ne pas « jeter un paquet d’eau froide encore une fois sur la jeunesse en rappelant que désormais, tout sera compliqué. » Parce qu’on ne sort jamais vraiment de l’enfance, cette période de la vie qui détermine ce que nous sommes et ce que nous serons. De sorte que la pièce interroge chacun de nous sur le temps qui passe. « Je me rends compte qu’ils sont bien ridicules quelquefois, sublimes et ridicules à la fois. C’est un âge qui me touche profondément. »

Aleksandra Lebrethon

 

Et le Diable vint dans mon cœur par la Cie Vol Plané : les 27 & 28/03 au Théâtre du Gymnase (1 rue du Théâtre Français, 1er).
Rens. 08 2013 2013 / www.lestheatres.net

Pour en savoir plus : www.vol-plane.com