Thomas de Pourquery

Thomas de Pourquery & Red Star Orchestra au Grand Théâtre de Provence

 

L’Interview
Thomas de Pourquery

 

Mais où va-t-il, Thomas de Pourquery ? À l’orée de la quarantaine, voilà que ce saxophoniste et vocaliste absolument déjanté, qui n’hésite pas à mixer free jazz et électro, à tutoyer les espaces interstellaires dans son Supersonic Orchestra en forme d’hommage à Sun Ra… se découvre un don de chanteur de big band. Sa venue prochaine à la tête d’une grande formation au Grand Théâtre de Provence valait bien une interview.

 

Qu’en est-il de vos projets à venir dans les Bouches-du-Rhône ?

Sur Aix, c’est exclusivement un projet avec le Red Star Orchestra. J’y chante des standards de jazz, issus de la comédie musicale de Broadway. Pour nous, c’est une première et c’est un grand bonheur. Les sensations qui en découlent, pour moi, sont absolument merveilleuses. Les musiciens qui composent l’orchestre sont simplement immenses, ce qui fait que la partie improvisation ne me manque pas du tout. Johane Myran, le chef d’orchestre, est lui-même un grand musicien de jazz. Quant au projet à Marseille, en ouverture du Festival Jazz des Cinq Continents au mois de juillet, il concerne le Supersonic Orchestra et réunira une centaine de musiciens amateurs sur les marches du Stade Vélodrome.

 

Votre visée n’est-elle pas de redonner de la popularité au jazz ?

Le jazz reste la principale essence de la pop music, comme le disait Quincy Jones. C’est l’étiquette des non étiquettes, c’est la musique qui se nourrit de toutes les autres. Elle reste très populaire en France : il suffit de voir que la fréquentation des concerts de jazz va croissante. Et en plus, elle a des facettes très différentes. Aussi, pour faire des choix dans toutes ces directions, j’ai choisi de ne pas choisir ! Je n’ai toujours été guidé que par mon épiderme. Il faut être fidèle à ce que l’on ressent.

 

Quid de la part improvisée des musiques de jazz ? N’est-elle pas ce qui parfois rebute le public ?

On prend un peu trop les gens pour des clampins. L’improvisation est partout… dans le rap… Bach et Mozart improvisaient… la vie est une longue improvisation. Il n’y a pas de découverte cruciale du jazz. Je crois davantage à l’intention. Qu’est-ce qu’on met dans sa musique ? Toutes les musiques peuvent toucher l’humanité toute entière. Moi, je veux faire la musique que je sens. Ma nourriture, c’est autant Mozart qu’Oxmo Puccino. C’est vrai que dans Supersonic, on développe l’improvisation dans un amour de la transe, avec une musique assez hybride. Avec le Red Star, par contre, on interprète des chefs-d’œuvre qu’on voulait vraiment jouer. Pour le public, rien que le fait d’entendre ça, c’est du bonheur.

 

Quelles sont les sources du Red Star Orchestra ? S’agissait-il d’une commande ?

On lorgne vers Albert Ayler et Debussy. Mais si on pense trop à nos aînés, on ne fait plus rien non plus. À la base, c’était un vrai projet discographique, pas une commande. Avec Johane Myran, on a proposé des arrangements de grands standards éternels à Label Bleu, ma maison de disques. Ces morceaux sont des miracles, des cadeaux de l’humanité comme La Joconde ou le Requiem de Mozart. On a beaucoup discuté avec les musiciens de l’orchestre, surtout avec Johane mais, de mon côté, je n’ai rien écrit. Je me contente d’interpréter. Car c’est une musique de tradition orale et, si je suis passé par le conservatoire, je pense qu’il faut que ça reste vivant malgré tout !

 

Propos recueillis par Laurent Dussutour

 

Thomas de Pourquery & Red Star Orchestra : le 20/04 au Grand Théâtre de Provence (Aix-en-Provence).
Rens. : 08 2013 2013 / www.lestheatres.net
Pour en (sa)voir plus : www.facebook.com/thomasdepourquerypage/