Reprise de la Quinzaine des Réalisateurs à l’Alhambra

Cannes en sucres

 

Depuis quelques années, le cinéma estaquéen l’Alhambra propose, dans la foulée cannoise, une reprise d’une partie des films projetés à la Quinzaine des Réalisateurs, en présence d’une poignée d’invités. L’occasion de retrouver dans la cité phocéenne un petit goût de Croisette.

Le rendez-vous cannois s’achève enfin : quinze jours de découvertes où se mêlent, comme chaque année, de réelles belles surprises (en l’occurrence dans les sélections de la Quinzaine, d’un Certain Regard et des projections de l’Acid), quelques films aux succès critiques toujours incompréhensibles, plusieurs milliers d’accrédités errant, badge au cou, dans les couloirs du « bunker » et de vrais rendez-vous cinéphiliques, à l’instar de la présence de Kim Novak, venue accompagner la projection de l’un des plus grands chefs-d’œuvre de l’histoire, le Vertigo d’Hitchcock, en copie restaurée. Passons sur un palmarès qui charrie, comme de coutume, son lot de consensus mou, à commencer par une Palme prévisible mais loin de refléter ce qui se fait de plus pertinent en matière de création cinématographique. La Quinzaine des Réalisateurs reste donc, une fois encore, l’un des plus vibrants viviers du festival. Le public phocéen aura, derechef cette année, la possibilité d’assister à une série de projections de rattrapage, puisque l’Alhambra accueille en son sein la reprise de la Quinzaine, soit près de quatorze films puisés dans la sélection. A commencer par le très délicat Henri de Yolande Moreau. Après le succès d’estime, en 2004, de Quand la mer monte, l’actrice-réalisatrice signe un nouvel opus écrit avec force délicatesse, retraçant la rencontre de deux êtres en proie à la solitude. Autre invité de cette reprise exceptionnelle, Antonin Peretjatko viendra présenter son très remarqué La Fille du 14 juillet, film charmant distribué par la structure marseillaise Shellac, dont le travail passionnant se confirme au fil des ans. Troisième invité, enfin, Thierry de Peretti, qui a connu un petit succès d’estime suite à la projection de son film, Les Apaches, dont l’action se déroule en Corse, son département d’origine, théâtre trop rare du cinéma contemporain français. Au menu des autres projections, soulignons l’après-midi consacrée à l’artiste complet (cinéaste, poète, écrivain, scénariste de BD…) Alejandro Jodorowsky, avec le documentaire de Franck Pavich sur l’adaptation avortée du roman Dune par le cinéaste chilien, dans les années 70, ainsi qu’un film de Jodorowsky lui-même, sorte d’autobiographie fantasmée absolument surprenante ! Parmi les autres réalisateurs de la Quinzaine diffusés à l’Alhambra lors de cette reprise, citons pêle-mêle Raphaël Nadjari, cinéaste brillant d’origine marseillaise, Ari Folman, qui avait fait grand bruit lors de son dernier opus, Valse avec Bachir, Serge Bozon, à qui l’on doit entre autres La France, ou Jeremy Saulnier.

Emmanuel Vigne

 

Reprise de la Quinzaine des Réalisateurs : jusqu’au 4/06 à l’Alhambra (2 rue du Cinéma, 16e).
Rens. 04 91 03 84 66 /www.alhambracine.com