Johnny sur le tournage de D'où viens-tu Johnny © Claude Schwartz

Rencontres de la Photographie d’Arles

Photoscopie

 

Pour la quarante-septième édition des Rencontres d’Arles, et sa deuxième en tant que directeur du festival, Sam Stourdzé annonce un cru 2016 remarquable et surprenant. Entre nouveautés et traditions, le successeur de François Hébel semble avoir trouvé la clé de la réussite et a su imposer sa marque de fabrique.

 

L’année 2016 avait pourtant tristement débuté pour les Rencontres d’Arles. La disparition de l’écrivain lauréat du prix Goncourt Michel Tournier, illustre fondateur des Rencontres aux côtés du photographe Lucien Clergue et de l’historien Jean-Maurice Rouquette en 1970, a endeuillé une nouvelle fois l’univers photographique après le décès de Lucien Clergue en 2014. En hommage au père de Vendredi ou la Vie sauvage, Sam Stourdzé a annoncé que cette édition du festival lui serait dédiée.
Les quarante-septièmes Rencontres d’Arles promettent ainsi une saison photographique fantasque, comme le laisse présager l’affiche surréaliste du festival. Une prise de bec inattendue aux couleurs pop, que l’on doit au magazine Toiletpaper et à son duo phénoménal Maurizio Cattelan/Pierpaolo Ferrari. Le ton est donné. Cette année, les Rencontres seront placées sous le signe de la créativité, de l’éclectisme et de l’ouverture vers le monde. Une promesse de voyages, tantôt temporels, tantôt géographiques ou imaginaires. Les Rencontres d’Arles montrent cette année encore leur vocation à dénicher et soutenir les nouveaux talents et tendances. Sans laisser tomber pour autant les artistes déjà installés…
Pas moins de quarante expositions sont attendues, chacune se faisant l’ambassadrice d’une « séquence » du répertoire infini des pratiques photographiques et de la création. L’idée du directeur Sam Stourdzé était de proposer une « radioscopie annuelle de la photo » plutôt qu’une grande thématique générale. Ainsi, les nombreux visiteurs pourront se balader entre les atmosphères multiples et variées proposées par près de cent quarante artistes. Un authentique florilège de visions et de styles pour le plus grand bonheur des amateurs d’arts.
L’Afrique, du Mali au Nigéria, sera notamment mise à l’honneur à travers le triptyque d’expositions Africa Pop, véritable ode au dynamisme du continent. De même, la section Western Stories mettra en concurrence les grands espaces camarguais filmés par Joë Hammam et Jean Durand et le Grand Ouest Américain vu par Bernard Plossu. Autre coup de projecteur, sur la photographie de rue, portée par les portraits mystérieux de l’Irlandais Eamonn Doyle, ou encore les œuvres de Garry Winogrand et de son héritier spirituel Ethan Levitas. Une place singulière est aussi accordée aux nouvelles approches du documentaire dans la séquence Les Plateformes du visible. Enfin, un autre hommage sera célébré cette année à l’occasion de la série Hara Kiri Photo, qui propose des photomontages originaux des couvertures les plus notables du magazine satirique prédécesseur de Charlie Hebdo.
En 2016 encore, les Rencontres d’Arles tissent des liens. Entre les artistes, entre ces mêmes artistes et le public, mais surtout entre les disciplines artistiques. Ainsi, cinéma et littérature se fraieront un chemin parmi les photographies des Rencontres. Avec des performances de lecture dans les expositions par des écrivains lors de soirées gratuites et ouvertes à tous, les Rencontres se renouvellent et explorent de nouvelles tendances. Et elles sillonneront également le territoire local. En effet, de nouveaux lieux sont entrés dans la programmation (le Ground Control, l’ancien Collège Mistral, l’Hôtel de Luppé…) d’une part, et d’autre part le Grand Arles Express fera escale à Avignon, à Nîmes et à Marseille pour un festival hors les murs pleinement régional. Une édition qui s’annonce dans la lignée des précédentes, riche et brillante.

Astrid Börner

 

Rencontres de la Photographie d’Arles : du 4/07 au 25/09 à Arles.
Rens. : www.rencontres-arles.com