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Portraits dansés : Pour Ethan + Avec Anastasia au Théâtre du merlan - Journal Ventilo
Pour Ethan © Mickaël Phelippeau

Portraits dansés : Pour Ethan + Avec Anastasia au Théâtre du merlan

Terrain de je(u)

 

Le Merlan programme deux portraits sur l’adolescence, Avec Anastasia et Pour Ethan, du chorégraphe Mickaël Phelippeau. L’occasion de faire le point sur une danse qui s’ouvre à une autre manière de dire « je ».

 

Dans L’Enfance nue, Maurice Pialat nous montre par le chemin le plus raide la violence d’un orphelin avec cette façon inimitable de laisser croire au documentaire. Une manière de nous interroger et de ressentir la perte d’identité qui gagne celui qui ne connait pas ses origines. Du cinéma à la danse, une même question nous interpelle. Qu’advient-il au spectateur dès lors que le metteur en scène se débarrasse du synopsis pour donner les clefs du camion à son interprète ? Le risque d’un gros crash devient une angoisse qui propulse l’œuvre dans des dimensions inexplorées. Ça prend des formes bizarres, ça dit des choses encombrantes, ça crée des temps morts à contretemps et donc, forcément, ça interpelle. Ce qui ne veut pas dire pour autant que l’on risque le chef-d’œuvre, car les codes ont la vie dure. Chez Ethan et Anastasia, deux caractères s’opposent dans leur pratique de la scène. Lui est grand, filiforme, arborant une gestuelle qui se referme sur elle-même et nous dit beaucoup de choses sur la pudeur qui l’habite. Elle est à la croisée des chemins entre sa vie d’adolescente et de femme, elle laisse ressurgir son passé et extériorise ce qui lui passe par la tête dans une énergie débordante. Entre les deux, il existe un grand écart qui dessine une dissonance. C’est là que se crée une réalité qui valide la mise en scène. Rien d’extravagant, rien qui nous rattache à cette idée stéréotypée de la beauté. Juste une envie de dire « je » en osant affronter le spectateur dans les yeux. Le metteur en scène devient l’accompagnateur d’une trajectoire incertaine, quelque chose entre la figuration libre et le divan de Mireille Dumas, quelque chose entre le théâtre et l’esprit du corps, le début d’une aventure.

Karim Grandi-Baupain

 

Portraits dansés : Pour Ethan + Avec Anastasia : les 23 & 24/01 au Théâtre du merlan (Avenue Raimu, 14e).
Rens. : 04 91 11 19 20 / www.merlan.org