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<em>Sa muse… </em>au Musée Regards de Provence A fleur de peau de Marc Chostakoff

Sa muse… au Musée Regards de Provence

Muses et hommes

 

Dans le cadre de MP 2018, le musée Regards de Provence propose une exposition sur le thème des muses dans les arts visuels, laissant libre cours à de nombreuses interprétations.

 

En lien avec le thème de l’amour revendiqué par MP2018, quoi de plus naturel que de parler du lien entre les artistes et leurs modèles, et de présenter les différentes formes qu’il a pu prendre au fil des siècles ? Lien d’amour ? Modèle ? Source d’inspiration ? De passion ? Les muses de la mythologie sont les descendantes de Zeus, donc des déesses (car il faut bien trouver une explication à l’art et à la beauté qui ne peuvent être alors que l’œuvre des dieux), mais aussi des sources d’inspiration. Si au départ elles semblent « passives », car souvent simples modèles d’une certaine façon, les muses sauront s’émanciper et, parfois, devenir aussi importantes que les artistes eux-mêmes, contribuant, dans l’ombre, à les faire exister et à enrichir leurs œuvres.

Élevées au rang d’icônes ou d’égéries, certaines deviendront même des symboles dans d’autres domaines créatifs (parfumerie, mode, chanson) ou pour des causes plus engagées (l’avortement, l’égalité hommes/femmes). Ainsi, la beauté ne sera plus le seul critère pour devenir source d’inspiration.

Les œuvres que nous découvrons au musée Regards de Provence nous interpellent par leur diversité. Si les œuvres « classiques » (Henri Manguin, Pierre Bonnard…) peuvent fasciner, ce sont les pièces les plus contemporaines qui se révèlent les plus percutantes, car elle nous parlent du rapport entre l’homme et la femme et de la problématique sujet/objet, à l’instar des photos d’Olivier Rebufa, qui se met en scène avec des poupées Barbie, ou du corps nu sublimé par les créations numériques presque « préhistoriques » de Marc Chostakoff. Quand d’autres évoquent l’identité et l’apparence, comme les photos de Nicole Tran Ba Vang et celles de Michèle Sylvander, qui sème le trouble avec son autoportrait ambigu.

On regrettera que les concepts de femme-objet ou d’homme muse n’aient pas été davantage évoqués — notamment en ces temps d’émancipation féminine —, comme le revendiquaient déjà dans les années 80 les Guerrilla Girls, dont une œuvre est aussi exposée, qui protestaient contre la sous-représentation des femmes dans le domaine de l’art et la quasi absence de modèles masculins dans les nus.

De fait, si l’exposition nous renvoie à l’amour — de l’artiste pour son modèle —, elle vient aussi nous rappeler que leur rapports restent ambigus et que l’art, en permettant toutes les déclinaisons possibles de ce lien, réinterroge d’une certaine façon les rapports entre hommes et femmes.

 

Cécile Mathieu

 

Sa muse… : jusqu’au 1/07 au Musée Regards de Provence (Boulevard du Littoral, 2e).
Rens. : 04 96 17 40 40 / www.museeregardsdeprovence.com