Le Festival B-Side 2013

L’Interview
Céline (inthegarage)

 

Les amateurs le savent déjà : c’est le moment de retrouver B-Side, festival de rock drogué et d’électro psyché proposant chaque année plusieurs soirées dans les meilleures salles de la ville. Avant de se lancer sur l’autoroute des festivals d’été qui s’annonce d’ores et déjà plus balisée que jamais, peut-être est-ce la dernière occasion de venir se perdre dans les méandres d’une programmation qui ne ressemble à aucune autre. Et pourtant, Céline, de l’association inthegarage et architecte de ce labyrinthe, semble concevoir les choses avec une déroutante simplicité. Pour ceux qui se seraient égarés en chemin, on a remonté le fil d’Ariane avec la principale intéressée.

 

Comment s’est passée l’édition précédente ?
Très bien, il y a eu du monde sur pratiquement toutes les dates, on a rempli les jauges nécessaires, on rempile donc pour une année supplémentaire. Nous avons des bons retours de la part du public, les gens disent attendre chaque année la programmation.

Peut-on dire que B-Side est un festival de musiques underground ?
Oui, la programmation l’est plutôt. De plus, les concerts se déroulent dans des salles qui sont sur ce même créneau tout au long de l’année. Ce sont ces salles et plusieurs petites associations qui font vivre ce milieu à Marseille avec deux, trois concerts par semaine. Mais nous faisons aussi venir des groupes plutôt indé, qui tendent à sortir de l’underground. Tout en restant sur des prix d’entrée relativement bas, entre 9 et 11 euros.

De quel festival vous sentez-vous proches, en termes de sensibilités musicales et d’ambiance ?
Je n’y suis jamais allé, mais la programmation du Soy Festival à Nantes est géniale, celle du This is not a love song à Nîmes également. Nous tentons d’explorer le rock au sens large du terme, avec une préférence pour le côté psychédélique. Une large étendue de nos goûts y est représentée, même si ça pourrait être encore plus diversifié. Pour l’ambiance, le B-Side reste un festival un peu bricolé, sans gros bras à la sécurité et où le public connaît le fonctionnement de ces salles. Les gens, les musiciens et les organisateurs se retrouvent d’égal à égal. C’est le moment de sentir un truc sympa, les groupes viennent vendre leurs disques après le concert, et tu peux discuter avec eux et boire des coups jusqu’à 3h du mat’.

Avec plus de moyens, à quoi ressemblerait le festival ?
Il y a bien sûr beaucoup de choses qu’on aimerait faire et qui sont impossibles puisque nous organisons ces concerts de manière bénévole. Mais on ne pourrait pas vraiment imaginer le festival comme un énorme événement. Bien que si nous en avions la possibilité, nous ferions sûrement venir des groupes comme Deerhunter, Tame Impala ou Animal Collective. De par l’aspect psychédélique, on resterait cohérent.

Il y a cette année sûrement plus de concerts mais aussi peut-être plus de public. Penses-tu que ça va s’équilibrer ?
A partir du moment où les gens ont envie de voir ces groupes, ils viendront. Je ne pense pas que Marseille 2013 propose ce genre de groupes. Sans tenir compte de la programmation des salles du festival, nous sommes les seuls à faire ce genre de proposition. Après, il y a également les petites associations qui organisent des concerts rock garage, mais elles ne pourraient pas programmer The Intelligence par exemple. Je pense qu’on est l’intermédiaire entre ces associations et les plus gros festivals comme This is (not) music par exemple.

Propos recueillis par Adrien Courteau-Birais

Festival B-Side : du 3/05 au 6/06 à Marseille (la Machine à Coudre, le Grim et l’Embobineuse).
Rens. www.inthegarage.org

 


Les inratables de la première quinzaine

 

Movie Star Junkies + King Automatic > le 3 à la Machine à Coudre

La parole à Céline : « C’est une première soirée très marquée rythm’n blues, avec deux groupes du label Voodoo Rhythm — le label suisse du fameux Reverend Beat-Man ! J’ai eu l’idée de cette soirée en regardant Treme, une série dont l’action se déroule à New Orleans, après l’ouragan Katrina, et où se produisent beaucoup de groupes de blues. Je n’y suis jamais allée, mais l’ambiance me rappelait un peu Marseille, et puis nous n’avions jamais organisé de concerts de ce genre. J’ai immédiatement pensé à ce label et à ses artistes. »

 

Lumerians + Vie de Chien Rouge > le 08 au GRIM

Lors de la deuxième soirée du festival, Vie de Chien Rouge et Lumerians seront les capitaines de bord en charge d’un voyage ralliant ciel et terre. Les premiers vous guideront à travers de la drone tellurique issue d’expériences chamaniques, en résonance avec les voix de la Terre Mère. Délaissant Gaïa pour des errances plus cosmiques, les prophètes spatiaux de Lumerians vous rallieront à leur mouvement astral, au son de guitares célestes et de synthés ovniesques. Retour sur Terre prévu pour 2025.

AV & ACB

 

Spectrum + Postcoïtum > le 9 à l’Embobineuse

Soirée pile dans l’esthétique du festival (pop/rock psyché filant vers l’expérimental), en compagnie du projet solo du fameux Sonic Boom de Spacemen 3. Le mec a produit les albums de Panda Bear et MGMT, influencé pas mal d’artistes de milieux différents (d’Ivan Smagghe à Death in Vegas en passant par Zombie Zombie). En première partie, le duo « baroque numérique » échappé du label Daath, aux digressions froides mais hypnotiques. A découvrir sur scène, pour plus d’effets.

PM

 

The Feeling of Love + Catalogue > le 10 à la Machine à Coudre

« C’est un groupe de Metz qui tourne beaucoup. Phénoménaux sur scène, ils ont notamment joué à la dernière édition hivernale de la Route du Rock. On leur prédit un succès mérité. » Born Bad Records et The Feeling of Love sortent ces jours-ci Reward Your Grace, l’album qui succède au remarqué Dissolve Me. Avec un son plus propre, le groupe continue d’envenimer l’auditeur avec son krautrock gavé aux acides. Sur scène, personne n’est à l’abri d’une envolée shoegaze ou des saillies garage dont le groupe est capable.

ACB