Hallo de Martin Zimmermann © Augustin Rebetez

Hallo de Martin Zimmermann au Théâtre du Merlan

Non mais Hallo quoi

 

Pour son premier solo, Martin Zimmermann brouille les pistes et tricote un spectacle dans lequel l’habit ne fait pas le clown et le mobilier ne fait pas le décor.

 

Semblant répondre au double sens du terme allemand Hallo (à la fois « bonjour » et « allo »), Martin Zimmermann joue ici avec les notions de dédoublement et de transformisme.
D’un côté, le personnage principal ne cesse de se présenter à nous sous différentes formes, épaulé par un accessoiriste et, surtout, par un décor en perpétuelle construction/déconstruction. Ancien décorateur de vitrines, l’homme en connaît un rayon sur le transformisme mobilier, mais aussi humain. Une porte peut devenir miroir, fenêtre ou toit, tout comme quelques bouts de chiffon peuvent faire régresser l’homme vers le singe ou, au contraire, lui faire gagner les galons d’un capitaine de bateau.
D’un autre côté, il interpelle souvent à haute voix un être invisible afin qu’il se dévoile. Ce qui n’arrivera évidemment jamais. Ses mimiques, chuchotements ou grognements semblent au contraire indiquer que son personnage est un fou, éminemment attachant. A travers la musique, tour à tour assourdissante et douce, cette folie inquiète un peu, attriste beaucoup ou provoque passionnément le rire par une succession de scénettes absurdes. En somme, Zimmermann adopte toutes les facettes du clown, excepté le nez rouge. Le comédien insiste d’ailleurs sur le fait qu’il ne s’inscrit pas dans le registre du cirque traditionnel. Il se joue ouvertement des premiers tours de magie, ne cherche pas à épater par des acrobaties ou à raconter une véritable histoire. Via un va-et-vient rythmé et permanent entre acteur, décor et spectateurs, tout est sens dessus dessous. Les quelques clins d’œil ayant du sens se réfèrent à l’absurde, comme ce chapeau melon de Magritte qui n’est même pas fait de tissu. Avec un tel foisonnement, le spectacle n’évite pas les répétitions ou des longueurs. Mais peu importe, l’émotion demeure intacte.

Guillaume Arias

 

Hallo de Martin Zimmermann était présenté du 22 au 25/01 au Théâtre du Merlan.

Pour en (sa)voir plus : www.zimmermanndeperrot.com