Festival Tous Courts

Reprise de courts

 

Du 30 novembre au 4 décembre à la Cité du Livre d’Aix-en-Provence, le Festival Tous Courts fait son grand retour, avec dans son escarcelle, une programmation d’œuvres en format court passionnantes ! Petit tour d’horizon de l’un des plus importants festivals du genre.

 

 

Alors que l’exploitation classée art et essai peine encore dans l’hexagone à remonter la pente, confrontée à un déficit d’entrées considérable pour les films les plus fragiles, c’est nettement du côté de l’activité festivalière que le public semble étancher sa soif cinéphilique. Il s’agit là d’un nouveau signe du changement annoncé de paradigme, qui prédit que seules les séances aujourd’hui marquées du sceau de l’événementiel semblent déplacer un plus large public. Parallèlement, il est clairement palpable que la frustration générée par les nombreuses annulations de festivals suite à la crise sanitaire a galvanisé les équipes organisatrices pour cette reprise d’activités : il suffit de parcourir les fourmillants programmes des récentes manifestations chroniquées dans ces colonnes pour en mesurer l’ampleur. À l’instar du Festival Tous Courts d’Aix-en-Provence, qui nous offre pour sa trente-neuvième édition un menu particulièrement passionnant consacré évidemment au formats courts, sous toutes ses formes.

À l’aune de son quarantième anniversaire, ce festival international de courts-métrages s’est imposé, juste après Clermont-Ferrand, comme l’un des rendez-vous majeurs en France, balayant avec pertinence tout ce que la création peut produire d’exaltant et novateur, dans un format qui permet par essence une plus grande liberté de gestes et de récits.

À la Cité du Livre, ce seront près de cinquante films en compétition internationale, une trentaine en sélection expérimentale, et une dizaine de programmations parallèles qui nous sont cette année offertes, pour le plus grand plaisir des sens. Citons épars, parmi ce vaste choix, les films de Dorothée Sebbagh (Malmousque), Nieto (Swallow the universe), Giacomo Abbruzzese (I Santi), Yuan Yuan (Heading South), Joe Hsieh (Night Bus), Adrian Moyse Dullin (Haut les cœurs), Maryam Esmikhani (Emergency), Loïc Hobi (The Life Underground), Ozan Mermer (Reina) ou Arti Savchenko (Vlada goes to London).

Le modèle économique de l’industrie du court-métrage, bien moins contraignant et balisé que celui du long, permet l’expression de toutes formes novatrices, réinventant ainsi la sémiologie de l’image en mouvement, comme en témoigne parfaitement l’excellent programme expérimental, devenu au fil des ans l’un des temps forts du festival. Traitements sonores et visuels se déploieront au fil des trente films sélectionnés.

Parmi les écrans parallèles proposés lors de cette nouvelle édition, citons d’emblée la belle rétrospective consacrée au cinéaste Boris Labbé, dont le travail plastique prodigieux — on pense évidemment à Rhizome ou La Chute, inspiré de la Divine Comédie de Dante — a offert au réalisateur une renommée internationale (1). Sans omettre les programmes Short Thérapie, qui ouvrent en six films sur la dimension de l’intime, Objets Singuliers, cinq pépites curieuses à découvrir, Films en région ou la soirée Arte, et les cartes blanches aux structures Salaud Morisset ou Kourmétragerie.

Enfin, deux masterclass viennent en point d’orgue d’une magnifique programmation, animées l’une par Boris Labbé, l’autre par Bernard Blancan, autour de l’écriture de personnages dans le court-métrage.

Cette nouvelle édition sonne bel et bien tel un souffle libérateur au sein d’une industrie qui peine à retrouver ses marques.

 

Emmanuel Vigne

 

Festival Tous Courts : du 30/11 au 4/12 à la Cité du Livre (Aix-en-Provence).

Rens. : https://festivaltouscourts.com

Le programme complet du Festival Tous Courts ici

 

 

 

 

 

Notes
  1. À noter : Chroniques, incubateur des imaginaires numériques, propose à Aix une exposition de Boris Labbé, L’Infini Turbulent, à l’Espace culturel départemental et au Musée des Tapisseries. Rens. : https://chroniques.org(())