Festival Tighten Up au Cabaret Aléatoire

Festival Tighten Up au Cabaret Aléatoire

Jeune et joli

Deuxième édition pour le festival Tighten Up, qui s’est rapidement imposé sur la scène musicale marseillaise. Dans les prochains jours, il nous offre un bel échantillon de vibrations noires et syncopées.

Il fut un temps, pas si lointain, où l’on pouvait compter le nombre de salles marseillaises pouvant accueillir groupes et dj’s issus des mouvances hip-hop et électroniques sur les doigts d’une seule main, et encore, sans compter le pouce et l’index. Même remarque au sujet des activistes des nuits phocéennes : hormis Le Bijoutier et Dj Cab, Dj Paul et Dj Did, Dj C et sa bande, rares étaient ceux qui proposaient autre chose que d’épisodiques soirées ou concerts. L’arrivée d’une nouvelle génération d’organisateurs d’événements — certainement plus décomplexée que les précédentes — et l’émergence de nouveaux lieux de diffusion ont doté notre ville d’une belle dynamique musicale, même s’il existera toujours quelques réactionnaires pour qui « il ne se passe rien à Marseille ». Le festival Tighten Up en est le parfait exemple. Pour sa deuxième édition, la qualité des artistes programmés rivalise aisément avec des événements ayant une ancienneté et une expérience bien plus importantes. Funk, soul, hip-hop, abstract, afrobeat : toutes les nuances des pulsations urbaines sont ici représentées par quelques belles têtes d’affiche dont certaines effectuent ici leur première escale marseillaise. Si le concert Tribute to Otis Redding n’excite guère que la curiosité des nécrophages et le mix d’Andy Smith celle des naïfs de la première heure, on ne peut que fortement vous recommander les prestations de Dj Krush, des Dinner at the Thompson’s et d’Antibalas (voir ci-dessous). Sans oublier cet improbable groupe breton — le Badume’s Band — qui est l’un des rares en France à défendre sur scène le groove imparable de l’ethio-jazz (1).

nas/im

Festival Tighten Up, du 5 au 10/11 au Cabaret Aléatoire (soirée d’ouverture au Planet Mundo Kfé).
Rens. www.myspace.com/tightenupfestival

Tighten-Up-krush.jpgDJ Krush
Certainement l’un des pionniers en matière d’abstract hip-hop, fer de lance de l’écurie Mo’Wax de la grande époque, cet esthète japonais ne fait jamais dans le spectaculaire. Sur les platines, son geste est précis, d’une subtilité déconcertante. Avec lui, la musique n’est pas affaire de rythme : ce sont l’ambiance, la profondeur et les timbres qui importent. Krush est à la « scratch music » ce que Satie était au classique : sa musique est faite de peu de choses et pourtant rien n’y manque.

Jeudi 6 au Cabaret Aléatoire

Tighten-Up-Dinner-at-the-Th.jpgDinner at the Thompson’s
Voici une nouvelle adresse incontournable pour tous les mélomanes gourmands : Dinner at the Thomson’s ! Ce duo franco-new-yorkais, auteur l’année dernière d’un superbe premier album, use d’une recette assez classique — musique soyeuse et voix féminine sensuelle —, mais réussit pourtant aisément à se détacher du tout venant acid-jazz en boostant sa production d’une irrésistible pulsation funky qui nous rappelle souvent le grand Prince. En espérant qu’il soit aussi à l’aise sur scène qu’en studio…

Vendredi 7 au Cabaret Aléatoire

Tighten-Up-Antibalas.jpgAntibalas
Si leurs débuts ont été marqués par l’influence déterminante de l’afro-beat de Fela, les New-Yorkais d’Antibalas sont très loin d’être un copier/coller « tendance » des Nigeria 70. Si ses disques sont agréables, c’est vraiment sur scène que le groupe new-yorkais s’exprime le mieux. L’assise rythmique basse/batterie est lourde à souhait, les cuivres rugissent, et le groupe possède une telle énergie qu’il viendra très vite et très facilement à bout de l’habituelle froideur du grand Cabaret.

Lundi 10 au Cabaret Aléatoire

Notes
  1. Mouvement musical éthiopien du début des 70’s, largement influencé par la musique noire américaine, que beaucoup ont connu grâce aux compilations Ethiopiques initiées par Francis Falceto.(())