Notre pain quotidien de King Vidor

Festival Play It Again

Play Back

 

Du 18 au 24 avril, une quinzaine de salles de la région PACA accueillent le festival Play It Again, qui s’est donné pour mission, depuis quelques années, de faire revivre en salles une poignée de grands films de l’histoire du cinéma.

 

Les modèles techniques qui nous offrent aujourd’hui la possibilité de découvrir le cinéma dans sa dimension la plus universelle, des premiers pas de Marey aux films non encore diffusés en salles, ont modifié profondément notre rapport à l’image en mouvement. Le dispositif même de ce qui a donné sens au cinéma — la salle obscure — apparaît pour beaucoup obsolète, et l’arrivée du numérique dans la chaîne de diffusion participa de ce bouleversement. C’est d’autant plus vrai pour le cinéma dit de répertoire — pudique voile sémantique qui justifie, de manière aberrante, les classements du système. La question, in fine, reste celle-ci : que reste-t-il de notre rapport à l’histoire ? Peut-on bâtir une cinéphilie désincarnée ? Car aujourd’hui, rares sont les salles qui offrent la possibilité d’une exploration cinématographique à partir de la mémoire physique, le 35mm, puisque peu d’entre elles en sont encore équipées. Sa conversion numérique, pleine et entière, restant par ailleurs physiquement impossible. Fort heureusement, de belles initiatives nous permettent de tisser à nouveau ce lien entre la salle de cinéma, l’histoire du cinéma, et le public. C’est le cas du festival Play It Again, qui depuis plusieurs années, propose en plein mois d’avril de cheminer au cœur de grands classiques dans les conditions idéales requises, dont la qualité des versions numériques restaurées. Dans plus de cent cinquante cinémas hexagonaux, et près d’une quinzaine en région PACA, les exploitants ont eu le choix, parmi une vingtaine de titres, de concocter la programmation qui leur est propre. Le choix oscille entre les chefs d’œuvre incontournables à (re)découvrir sans réserve — La Ronde de Max Ophüls, Nostalghia d’Andréï Tarkovski ou Notre pain quotidien de King Vidor, Vivre sa vie de Jean-Luc Godard, Le Bel Antonio de Mauro Bolognini — aux opus que l’on se réjouit de voir revivre en salle, comme J’ai même rencontré des Tziganes heureux d’Aleksandar Petrovic, L’Empire des sens de Nagisa Oshima ou Samedi soir et dimanche matin de Karel Reisz. Une magnifique initiative pour retrouver le chemin des salles, et y explorer les plus belles pages du cinéma.

 

Gaby Leuvielle

 

 

Festival Play It Again : du 18 au 24/04 dans les salles de cinéma.
Rens. : www.festival-playitagain.com

Le programme complet du Festival Play It Again ici