Edito n° 169

Edito n° 169

Zapping
Si vous avez raté…

Zapping
Si vous avez raté…

Chaque semaine, ou presque[1], les éditorialistes de Ventilo reviendront sur l’actualité de la semaine écoulée[2] avec tout le mauvais esprit qui les caractérise… Dont acte.

Lundi 16 :
Les trois candidats socialistes à l’investiture présidentielle jouent à Questions pour un champion sur La Chaîne Parlementaire. En deux heures d’un grand oral barbant à souhait, les Pieds Nickelés du PS, qui n’ont jamais autant ressemblé à leurs caricatures guignolesques, essaient tant bien que mal de faire abstraction du décor stalinien pour démontrer qu’ils n’ont pas d’éléphants que le surnom — quelle mémoire ! Ils connaissaient leur leçon par cœur. De cet exercice, fort démocratique au demeurant, on retiendra surtout un abus du mot « péréquation » (qui n’est pourtant pas facile à placer) et quelques phrases dignes de l’anthologie des Grosses Têtes (« L’ascenseur social est coincé au niveau du logement ») ou d’une version pléonastique du journal de Pernaut (« La totalité des régions de France, c’est la France »).

Mardi 17 :
Probablement vexé par sa défaite face à Donald Rumsfeld au grand con-cours de pets qu’il avait organisé dans le bureau ovale, Deubeuliou décide qu’il n’y aura plus jamais de paix dans le monde. Il légalise la torture, entraînant toujours plus les Etats-Unis sur le chemin de la république bananière. Si l’on ne manquera pas de s’indigner de la quasi-absence de réaction d’une communauté internationale tristement résignée, on peut aussi s’inquiéter[3] des répercussions de cette énième provocation sur la série 24 heures. Si tous les agents de la CTU se retrouvent officiellement habilités à user des mêmes méthodes musclées qui ont fait de Jack Bauer un héros (sanguinaire, mais héros quand même), quel avenir peut-on sérieusement lui prédire ? Peut-être geôlier guantanamesque dans la saison 7 ?

Mercredi 18 :
Un autre Américain se la joue briseur de Rêve. Dans un geste d’exaltation pour le moins malheureux, le milliardaire Steve Wynn fait une entaille de cinq centimètres dans son tableau de Picasso (Le rêve, 1932) et met un sacré coup de canif dans le contrat de 139 millions de dollars qu’il s’apprêtait à parapher. On en connaît un qui doit faire des trous dans sa tombe !

Jeudi 19 :
Bruno Mégret est condamné à un an d’inéligibilité, huit mois de prison avec sursis et 8 000 euros d’amende, par le tribunal correctionnel de Marseille. L’objet du délit ? Une « boulette » (dixit le roquet du MNR) de 75 000 euros : à l’époque où il avait, en « féministe convaincu », cédé sa place de maire à sa femme, la municipalité vitrollaise avait déboursé ladite somme pour financer l’envoi de courriers… dans le cadre de la candidature de Bruno Mégret à l’élection présidentielle de 2002. Une énième exaction qui fait des Mégret le couple le plus « timbré » de la politique.

Vendredi 20 :
Ouverture de la Fiesta des Suds. Comme d’hab’, c’est blindé : dur-dur d’arriver au(x) bar(s), dare-dare au rhum je carbure. Pendant que l’essentiel des festivaliers croient bon de s’entasser sous la passerelle de l’A55, où Gotan Project assure un set sans surprises, nous filons voir David Walters au Hangar à Sucre. Dans cette salle où le public, chaleureux, n’est pourtant pas venu en nombre, le néo-Marseillais aux racines créoles avance à pas de géants. Tout de blanc vétu et en pleine possession de ses moyens, il assure seul le show avec son attirail (guitare, cristal Baschet, pédales de sample), improvise en traçant dans la foule avec son micro, irradie comme Ben Harper il y a dix ans. D’ores et déjà l’un des climax de cette édition : un artiste heureux en pleine ascension, c’est foudroyant.

Samedi 21 :
Le « gratin » du showbiz est l’invité de Michel Drucker pour sa deuxième Tenue de soirée (après Lyon — décidément, Marseille ne lâche plus sa place de Poulidor des métropoles françaises) : à côté d’un Drucker plus mielleux que jamais (normal, le Poulidor de l’UMP veille au grain) se succèdent — excusez du peu ! — Michel Leeb, Florent Pagny, Hélène Ségara, Nâdiya, Arielle Dombasle et Patrick Fiori pour le clou du spectacle (sans mauvais jeu de mot)… Si l’émission est bel et bien en direct (le dépassement de 45 minutes peut en témoigner), les chanteurs semblent quant à eux victimes d’un léger différé…

Dimanche 22 :
L’Olympique Lyonnais, auréolé de ses cinq titres de Champion de France et dirigé par le « Nanard » des années 2000, Jean-Michel Aulas, débarque dans la cité phocéenne prête à en découdre avec l’autre Olympique, celui de Marseille, notre Ohème chéri ! Lorsque le leader de la Ligue 1 vient fouler la pelouse du Stade Vélodrome, le palpitant médiatique s’emballe : Canal + s’affiche en clair sept heures durant, l’OM TV y va de sa journée spéciale, LCM dépêche tous ses reporters (deux avec le preneur de son) ; et la presse, à grands coups de titres panoramiques — Jeux Olympiques, Duel au soleil — finit d’enfoncer le clou du spectacle footballlistique. Alors ? Alors, la montagne a accouché d’une souris (OM 1-4 OL), le onze Lyonnais est largement supérieur à celui d’Albert Emon, Junhino est super pénible avec ses coups francs d’extraterrestre, M’Bami et Carasso ne partiront pas en vacances tous les deux, Taïwo n’a pas de cerveau et le Ramadan est bien mal tombé cette année, hein, Francky ?

Lundi 23 :
C’est officiel : le mérou est de retour dans la rade de Marseille[4] ! Grâce à la quatrième édition de la campagne annuelle de recensement du mérou, nous sommes en mesure de vous affirmer qu’il y a trente mérous au Riou et seulement cinq au Frioul. On en fait tout un pataquès, mais c’est pas le mérou !

Mardi 24 :
Alors que les Eléphants du Parti Socialisse s’apprêtent à relaver leur linge propre sur Public Sénat, l’équipe de Ventilo boucle son premier douze pages de la saison, l’actualité culturelle étant réduite à peau de chagrin pour cause de vacances scolaires (on cherche encore le lien de cause à effet).

Texte : CC/HS/PLX

Notes

[1] Autrement dit, dès lors qu’ils seront en panne d’inspiration, ce qui est (hélas ?) de plus en plus fréquent.

[2] Plutôt que sur celle de la semaine à venir, étant donné le peu de prédispositions médiumniques qu’on lui connaît

[3] Avec Sébastien Homer qui, dans l’édition de L’Humanité datée du 25 septembre remarquait judicieusement que « depuis qu’un ancien acteur s’est fait élire à la Maison-Blanche, outre-Atlantique, la réalité n’a eu de cesse de dépasser la fiction. »

[4] Source : 20 minutes, lundi 23 octobre