Livrés à…

Livrés à…

Légion sont les travers du recours sans vergogne au 49.3 par le gouvernement. Au sujet du budget, à défaut de majorité, le gouvernement fait avaler à la représentation nationale sa politique sans débat. La constitution de 1958 l’autorise, sujet d’étonnement de nos voisins mais néanmoins amis. Dernier exemple en date, l’introduction in extremis d’un amendement dans le volet dépense du projet de loi de finances 2024, par un député Renaissance — quel joli nom quand même — avant le passage en force. Que l’argent déposé sur les Livrets A et LDDS puisse financer l’industrie française de l’armement, à côté des HLM. Écarquiller les yeux n’y suffira pas. Cet amendement a été adopté, avant un vote définitif. Comme si le financement du logement social était grandement efficace et voyait fleurir çà et là des habitats destinés aux plus pauvres d’entre nous. Une bonne partie de cet argent sera désormais fléchée vers la guerre. Armes de précision, drones, logiciels de reconnaissance faciale par exemple ? Un article du média d’enquête en ligne Disclose nous apprend que la police utilise en secret depuis 2015 un logiciel de reconnaissance faciale israélien, sans aucune autorisation, et notamment à Marseille. Briefcam, c’est son nom, pourrait peut-être engendrer une petite sœur bien de chez nous, biberonnée au Livret A en attendant les JO ? Jacques Attali, décrié sherpa de François Mitterrand et inventeur d’Emmanuel Macron, professe que les choix des gouvernants pour l’avenir peuvent se résumer à une option : pour l’économie de la vie : la santé, la culture, l’eau, l’alimentation, l’éducation, etc. Ou, dans une symétrie morbide, promouvoir majoritairement l’inverse. Notre président a-t-il conservé en même temps son livret A et son livret de développement durable et solidaire ?

 

Victor Léo