Clelia Cafiero

Des nouvelles de l’Orchestre Philharmonique…

Héroïque Symphonique

 

L’Orchestre Philharmonique de l’Opéra de Marseille, sous la conduite de Lawrence Foster, s’est illustré récemment dans un cycle beethovenien où sa vitalité et sa précision ont été plébiscitées. On connaissait les dispositions de son directeur musical à s’accorder aux pulsations mozartiennes allègres et changeantes. Sa faculté à traduire la pensée orchestrale de Beethoven a séduit tout autant dans la 9e Symphonie (le 24/11) et plus encore dans la 3e (le 29/11). Ce soir-là, le mouvement des essaims vibrants et sonores de l’Héroïque avait cette allure puissante qui met en correspondance la masse et la vitesse dans une relation presque physique ; comme ces coups de vent qui rendent la manœuvre périlleuse, accentuant les trajectoires dynamiques, accumulant une formidable énergie dans les larges accords syncopés et chutant, subito, vers des pianissimi de cordes en apesanteur. Les cors furent à l’honneur affirmant en fanfare, si besoin était, l’excellence de l’effectif marseillais.

Mais la sensation forte de la soirée s’est imposée dans le Concerto pour piano n°3, comme une révélation intime en chacun, palpable dans le public. La prise de conscience immédiate que nous étions, avec Clelia Cafiero, en présence de l’une de ces artistes dont le souvenir durable allonge la perspective de l’œuvre dans le sillon de leur personnalité. Son toucher énergique a éveillé dans les formes plastiques du concerto une architecture de caractère avec une aisance virtuose. Ses phrasés, tour à tour lumineux ou ombrageux, ramenaient en surface le dessin mélodique, aussi limpide qu’une aria. Son attention et sa concentration dans le dialogue avec l’orchestre témoignaient d’une sensibilité réactive entièrement vouée à la cause commune. Les musiciens l’ont bien senti et se sont spontanément associés aux ovations de la salle. La pianiste napolitaine, qui réunit décidément tous les dons musicaux, est actuellement l’assistante de Lawrence Foster. Elle dirigera l’orchestre lors du concert du 11 janvier à l’Opéra dans un programme Massenet-Mozart, et interprètera à cette occasion le Concerto pour piano en sol majeur de Ravel.

Auparavant, le Philharmonique (qui ne chôme pas en cette période de fêtes) aura proposé un « voyage au fil de l’eau » à découvrir le 15 décembre à l’Auditorium du Pharo et invité le public marseillais aux Concerts du Nouvel An à l’Opéra (le 4 janvier à 16h et 20h). Il se produira également, hors les murs, au Grand Théâtre de Provence en compagnie du pianiste David Fray, le 21 janvier.

 

Roland Yvanez