Al Tavolo !

Musique de chambre : création en hommage à la gastronomie Italienne, par Vincent Beer-Demander et un quintette à cordes de l’Opéra de Marseille. Prog. : François Rossé (création originale), Calace, Mascagni, Rota, Morricone, Mezzacapo. Dans le cadre de Marseille Provence Gastronomie 2019

Un concert en hommage à la gastronomie italienne, sur une création originale du compositeur François Rossé.

Musique et gastronomie ont consacré l’Italie comme l’une des principales terre du bien vivre et du bien manger. Qu’elle soit savante ou populaire la musique et la culture italienne se savourent, se dégustent, voyagent…!
Par sa personnalité, son histoire et son climat, Marseille est sans nul doute la ville la plus italienne de France et la mandoline, instrument éminemment méditerranéen s’est forgé dans la cité phocéenne une place importante depuis la création d’une classe au Conservatoire en 1921 animée par le maître Laurent Fantauzzi et ami du virtuose napolitain Raffaele Calace. Accompagné des musiciens de l’Opéra, Vincent Beer-Demander, actuel professeur au Conservatoire, interprétera les plus belles pages du répertoire de concert italien dédié à son instrument, de Pietro Mascagni à Ennio Morricone sans oublier les canzoni populari, chères aux italiens et marseillais amoureux de ces célèbres mélodies et tarentelles. Pour que la fête soit complète, l’Opéra a sollicité le plus gourmet des compositeurs contemporains en la personne de François Rossé pour créer une partition alléchante aux titres évocateurs : Pastasciutta, Lambrusco, Limoncello, Minestrone, Tiramisu, Grappa ! Le compositeur qui aime se présenter comme « Maître Es Aligot » et disciple de Olivier Messiaen, dresse ici la table à l’italienne et nous invite à partager avec bonheur ses recettes musicales !

Buon appetito !

PROGRAMME MUSICAL

François ROSSÉ Opera tenet Apero : Prélude, Pastasciutta
Création mondiale - commande de l’Opéra de Marseille 2019
Raffaele CALACE Concerto in la minore per mandolino e cordi
Maestoso - largo - allegro
Pietro MASCAGNI Serenatella per mandolino e cordi
François ROSSÉ Opera tenet Apero : Lambrusco & Limoncello
Création mondiale - commande de l’Opéra de Marseille 2019
Nino ROTA Serenata del Padrino
Salvatore LEONARDI Souvenir de Sicile
Ennio MORRICONE Serenata passacaglia
François ROSSÉ Opera tenet Apero : Minestrone & Tiramisu
Création mondiale - commande de l’Opéra de Marseille 2019
Eduardo DI CAPUA O sole mio
Eduardo MEZZACAPO Napoli Tarentella
François ROSSÉ Opera tenet Apero : Grappa !
Création mondiale - commande de l’Opéra de Marseille 2019
Vittorio MONTI Czardas

Opera tenet Apero – Texte et musique de François Rossé
Pour mandoline solo, deux violons, alto, violoncelle et contrebasse

« Opera tenet Apero » est inspiré du carré magique traité en palindrome « Arepo tenet Opera » et, bien entendu s’inscrit dans le thème « Al Tavolo ! » lié à la cuisine italienne, thème suggéré pour cette commande émanant de l’Opéra de Marseille. L’oeuvre est concertante entre la mandoline de Vincent Beer Demander et le quintette à cordes de l’Opéra de Marseille. Le jeu musical propose un voyage entre les traditions populaires et les espaces de jeu parfois plus contemporains, un métissage dans la logique biologique d’une transmission réactualisée. Plutôt que de s’appuyer sur des recettes culinaires, qui se développent souvent en des textes assez développés (surtout concernant la délicieuse cuisine italienne), j’ai préféré concevoir des textes plus courts dans une sorte de synthèse poétique, textes sur lesquels la musique peut s’appuyer plus amplement. L’ordre n’est peut-être pas tout à fait dans la logique de succession d’un repas préférant favoriser l’articulation musicale de l’ensemble impliquant trois plats, pastasciutta, minestrone, tiramisu, trois boissons, lambrusco, limoncello et la grappa pour conclure. Bien entendu, il y aurait eu la possibilité d’impliquer aussi les lasagnes, l’ossubuco milanes, la mozzarella, et la multitude des pizzas et calzones, mais tout réuni, ç’eut été un réel opéra-bouffe ! 

Vincent BEER-DEMANDER • Mandoline - Sylvie NIVERD • Violon
 - Chantal RODIER • Violon - 
Cécile FLORENTIN • Alto - Véronique GUEIRARD • Violoncelle - Michèle CAILLOL • Contrebasse

Opéra de Marseille
Le samedi 8 juin 2019 à 17h
Entrée libre. Entrée libre
http://opera.marseille.fr
Place Ernest Reyer
13001 Marseille
04 91 55 14 99

Article paru le mercredi 3 octobre 2018 dans Ventilo n° 415

Cinéma Mandolino de Vincent Beer-Demander

24 notes par seconde

 

Difficile de désunir un couple aussi fusionnel que musique et cinéma. Il y faut le doigté de Vincent Beer-Demander et l’irrésistible séduction de sa mandoline.

  Voici quelques musiques échappées de la salle de projection et recapées pour la mandoline de Vincent Beer-Demander. Des caprices et un concerto sont expressément dédicacés au virtuose marseillais ((Il fonde à Marseille, en 2007, l’Académie de Mandoline, l’Orchestre de Mandolines et, en 2009, la classe de Mandoline du Conservatoire de Marseille)) par Vladimir Cosma et Claude Bolling et réunis dans cet opus avec des œuvres pour le grand écran de Michel Legrand, Ennio Morricone, Jean-Claude Petit et Francis Lai. Les notes ont rompu ici leur lien avec l’image et rejoint le nuage des figurations nébuleuses. L’occasion pour l’auditeur de percevoir l’activité autonome de leur forme propre, dans une temporalité affranchie de la pellicule. Le 7e art fut musical avant même d’être parlant. Cependant, pas plus que les mots ne ressemblent aux sentiments qu’ils expriment, la musique ne produit ses représentations comme le pommier donne des pommes. Elle dégage une atmosphère, rassemble l’attention sur un détail, rythme le galop de la poursuite, souligne ou provoque le contraste… On ne peut ignorer ces articulations une fois imprimées dans l’inconscient collectif ; pas plus qu’il n’est possible de disjoindre, après que l’œil de Visconti s’en est emparé, l’adagietto de la Cinquième Symphonie de Mahler du film Mort à Venise pour qui a vu et entendu ses longues cadences incomplètes qui n’en finissent pas de mourir dans le clapot de la lagune quand la magie de l’ « audiovision » réunit la plainte des violons et le bruit de la mer. Alors comment parcourir les degrés de l’existence indépendante des musiques conçues spécialement pour le cinéma ou que ce dernier a adapté à son usage  et depuis fait corps avec elles dans le paradigme culturel ? Dans son dernier album Cinéma Mandolino, Vincent Beer-Demander, accompagné d’un quatuor à cordes et de Pierre Henry Xuereb à la viole d’amour, démontre que dans cette contradiction, le tiers n’est pas toujours exclu. De ses interprétations surgit une émotion qui se meut dans un univers déjà habité par d’autres émotions mais sa sensibilité particulière pénètre une région de la musique cinématographique hors-champ comme un éclairage nouveau fait tout à coup découvrir dans le tableau une profondeur insoupçonnée. Si la virtuosité de l’exécution souligne encore le geste dramatique ou le moment paroxystique, la touche légère du musicien distingue, avec une palette nuancée de timbres et de coloris, les solidarités internes au mouvement des sons grâce auxquelles les mélodies peuvent redéployer à l’infini leur puissance suggestive. La mandoline, instrument rare et connoté, prétend soudain, entre les mains de Vincent Beer-Demander, comme le cinéma, à l’universalité des sentiments et de leur expression. Pour la présentation de Cinéma Mandolino, Vincent Beer-Demander sera en concert au Musée du Terroir Marseillais, avec la participation exceptionnelle du pianiste Jean-Jacques Bedikian. Action !  

Roland Yvanez

 

Cinéma Mandolino : le 8/10 au Musée du Terroir Marseillais (5 Place des Héros, Château-Gombert, 13e). Rens. : 04 91 68 14 38 / www.espace-pignol.com

Vincent Beer-Demander sera également en concert le 15/10 au Théâtre La Criée (30 quai de Rive Neuve, 7e). Rens. : 04 96 17 80 00 / www.theatre-lacriee.com

Pour en (sa)voir plus : http://vincentbeerdemander.com/