Monday Night in Marseille : carte blanche à Juan Carmona

Jazz flamenco

Avec Stochelo Rosenberg Guitare jazz manouche - 
Thibault Cauvin - Guitare classique Michel Haumont Guitare picking 
Nelson Veras Guitare brésilienne Jean-Claude Rapin Guitare blues

Six des plus grands guitaristes mondiaux seront sur scène pour un concert unique !

Six styles différents et complémentaires, six musiciens au talent hors pair pour célébrer cet instrument qu'on surnomme souvent la "six cordes" !
Au programme : Compositions et standards - cette soirée sous le signe de la rencontre et de l'improvisation promet d'être fantastique...

TNM La Criée
Le lundi 13 mai 2019 à 20h
9/25 €
www.marseilleconcerts.com/
30 quai de Rive Neuve
13007 Marseille
04 96 17 80 00

Article paru le mercredi 10 fvrier 2016

Portrait | Juan Carmona

Premier de cordes

 

Lorsqu’on lui demande quand il a commencé la musique, le guitariste de renommée internationale Juan Carmona répond : « Dans le ventre de ma mère ». Né en France dans une famille gitane d’origine andalouse, il se rappelle la fascination qu’il éprouvait, gamin, à voir son père, son oncle et ses cousines jouer, chanter et danser le flamenco à Noël… Rencontre.

  Lorsque son père retape une vieille guitare pour décorer la maison, c’est plus fort que lui, ça le « démange » et tous les jours, en cachette, il s’enferme dans sa chambre pour en jouer avant que son père ne rentre du travail... Quarante ans et des poussières plus tard, Juan Carmona revient d’une tournée asiatique et s’apprête à sortir son onzième album, en mai. Ce long parcours, qui l’a vu parcourir les cinq continents, a donc débuté dans sa petite chambre, à Aubagne. Impossible de lui enlever cette guitare des mains, impossible pour lui de cesser de travailler, et d’imiter Paco de Lucia, son idole, dont il écoute les cassettes en boucle. Juan Carmona affirme que son « instrument a été plus important que sa vie d’adolescent. » A seize ans, alors qu’il a arrêté l’école et ne supporte pas le travail à l’usine, lui qui n’a jamais osé jouer pour personne est presque poussé sur scène pour un premier récital au Temple Grignan, à Marseille. Il en fera son métier. Juan Carmona n’est pas étonné que le flamenco se trouve un public jusqu’en Chine. Plus qu’une musique, c’est toute une culture, qu’il décrit comme « puissante, envoûtante, qui peut captiver sans qu’on la connaisse. » Empreint de traditions andalouses, le flamenco aurait donc cette étincelle d’universalité. A dix-huit ans, alors qu’il a déjà joué à l’Olympia et sur d’autres grandes scènes, il part pour Jerez de la Frontera, dans la province de Cadix, au sud de l’Andalousie. Victime du « complexe de l’étranger », il désire se former dans ce qui demeure aujourd’hui encore la capitale du flamenco traditionnel. Car au-delà de la musique, « c’est une ville où l’on mange et on respire flamenco. » En arrivant, il est le premier « étranger » à remporter le concours de Jerez. Il ne devait y rester que six mois, il demeurera finalement dix ans en Andalousie, où il perfectionnera son jeu et accompagnera les plus grands musiciens et danseurs en tournée. La musique de Juan Carmona est ouverte. Elle reflète sa personnalité, curieuse « dans la musique comme dans la vie. » Si, à Jerez, il acquiert un solide bagage musical, il craint que le cadre très traditionnel de la ville ne « l’enferme psychologiquement ». Afin de sortir de ce carcan, Isidro Muñoz, producteur de son premier disque, et frère du grand Manolo Sanlúcar, le pousse à fusionner son flamenco avec d’autres styles. Il se tourne alors vers le jazz, dont il a toujours jalousé la liberté d’improvisation. Il compose aussi sa Sinfonia, pièce pour orchestre classique qui continue d’être jouée, et dont l’enregistrement a été nominé aux Latin Grammy Awards. Il collabore ensuite avec des artistes ouzbeks, turcs, bulgares, iraniens... Il est d’ailleurs en 2015 le premier Européen lauréat du Prix Ziryab, décerné par le Comité International de la Musique de l’UNESCO, et qui s’attache à récompenser les artistes mettant en valeur le patrimoine musical arabe. Si la presse espagnole le qualifie de « révolutionnaire du flamenco », c’est finalement en dehors du pays qu’il sera le plus compris. Même si, depuis, les choses ont bougé et la fusion dont il est l’un des précurseurs semble aujourd’hui la voie suivie par une bonne partie du monde du flamenco. L’agenda 2016 de notre homme est bien rempli, à commencer par la sortie en mai d’un nouvel album, en partie enregistré dans les conditions du live en Chine. Comme une façon de garder plus qu’une trace de sa tournée asiatique, non seulement en termes de reconnaissance, mais aussi parce qu’elle lui a permis de sceller la complicité de son septet. Une formation que l’on retrouvait déjà en 2013 sur son précédent opus Alchemya, destiné à satisfaire son « besoin d’être entouré ». Il s’envolera d’ailleurs une fois encore avec elle sur le continent asiatique, en juin et octobre prochain. Universel, vous dit-on.

Antoine Bruneton

 

Juan Carmona : le 4/03 à l’Espace de l’Huveaune (Chemin Noël Robion, La Penne-sur-Huveaune). Rens. : 04 91 24 70 92 / http://lapennesurhuveaune.over-blog.com

Pour en (sa)voir plus : www.juancarmona.com