Mois du film documentaire

23e édition de la manifestation nationale consacrée au documentaire.

Depuis 2000, le documentaire est à l'honneur au mois de novembre. Le Mois du doc est un rendez-vous incontournable pour découvrir des films et échanger ses idées sur le monde !

Il s’agit d’une invitation faite à toutes les structures culturelles, éducatives et sociales, désireuses de promouvoir le film documentaire auprès d’un large public. Plus de 2 500 structures participent à un projet commun en organisant des projections accompagnées de rencontres, expositions, ateliers, colloques, concerts...

Le Mois du film documentaire repose sur un principe de liberté de participation et de programmation pour ces structures. Ce principe de fonctionnement fait la réussite de l’événement : chacune imagine un programme thématique, choisit les films et organise ses séances, en toute autonomie ou bien en s’appuyant sur les propositions d’Images en bibliothèques.

 

Le programme dans les Bouches-du-Rhône ici

Manifestation nationale : divers lieux
Du 1 novembre au 30 novembre 2022
Tarifs variables suivant les lieux
http://www.moisdudoc.com

Article paru le mercredi 26 octobre 2022 dans Ventilo n° 471

Le Mois du film documentaire

Un mois à docs

 

Le Mois du film documentaire, proposé par Images en Bibliothèques, offre une nouvelle occasion d’embrasser toute la puissance de l’écriture documentaire, dans de nombreux lieux de la région, dont une majorité de médiathèques, lieux inhabituels pour la diffusion cinématographique.

    La place du documentaire de création dans l’exploitation cinématographique n’a cessé d’augmenter au fil des décennies. Longtemps considéré comme un genre parmi d’autres, ce format d’écriture filmique a fini par dynamiter les frontières des langages, et pléthore sont les œuvres dont il est ardu de définir à quel endroit de la lisière avec la fiction ces dernières se situent. Nul doute que les grands noms du cinéma que sont Jean Rouch, Joris Ivens, Agnès Varda, Rithy Panh, Chris Marker, Frederick Wiseman ou aujourd’hui Alice Diop ont et continuent d’avoir une influence certaine sur les gestes de jeunes cinéastes. Les grands festivals que sont, entre autres, le Cinéma du Réel, le FID ou Lussas viennent chaque année nous rappeler la porosité entre documentaire et fiction. Il reste une écriture, un cadrage, des mouvements, un montage, autant de paramètres à la fabrication d’une œuvre filmique qui restent affaire de subjectivité. Le réel, le mot est lâché : au-delà du propos, c’est cette représentation du réel — enjeu majeur du cinéma — qui marque le paradoxe des classifications. Ainsi que notre propre rapport, spectatrices, spectateurs, à la vérité. Chaque film apporte une part de la réponse, et c’est au sein des productions documentaires — gardons pour l’heure cette dénomination qui mériterait d’évoluer — que se trouvent actuellement certaines pages remarquables du cinéma contemporain. Novembre est un temps fort pour sa diffusion en salles : avec le Mois du film documentaire, événement national organisé par Images en Bibliothèques, une programmation réunissant les derniers opus sortis en salles, enrichie de rencontres et échanges, c’est tout un pan de la création qui est mis à l’honneur tout au long de cet avant-dernier mois de l’année, et dont les salles peuvent largement s’emparer. Et au-delà, d’autres lieux de diffusion qui interrogent inévitablement sur les divers espaces propres à accueillir des projections, à l’heure où les salles peinent à fédérer. C’est le cas de la bibliothèque phocéenne l’Alcazar, qui proposera un certain nombre de séances dans le cadre de la manifestation. À commencer par Les Bad Girls des musiques arabes - du 8e siècle à nos jours que viendra présenter la réalisatrice Jacqueline Caux, passionnant film tourné avec Soska, première chanteuse rap d’Égypte, qui revient sur les luttes remarquables d’artistes engagées, entre autres, contre la domination patriarcale. Suivront Dima punk ! de Dominique Caubet, Hedy Lamarr : From Extase to Wifi d’Alexandra Dean — portrait passionnant d’une égérie cinématographique et inventrice de génie —, Rock Against Police de Nabil Djedouan ou En nous, de l’excellent cinéaste Régis Sauder, en sa présence. D’autres lieux inhabituels dans la diffusion cinématographique se sont emparés de cet événement, de la Médiathèque de Meyrargues (pour, en l’occurrence, Nos jours, absolument, doivent être illuminés, de Jean-Gabriel Périot ou Cassandro, The Exotico ! de Marie Loisier — qui fit grande sensation en salle lors de sa sortie), à la Médiathèque Simone Veil de La Ciotat, pour America de Giacomo Abbruzzese, court-métrage documentaire de 58 minutes, saisissant voyage familial à la recherche d’un grand-père disparu sur le continent américain. D’autres médiathèques leur emboîteront le pas durant ce mois de novembre, et il faudra se tourner vers Arles, pour assister, au Méjan, dans l’une des rares salles de cinéma à s’être emparées de la proposition, aux projections de Loin de chez nous de Wissam Tanios, ou de Mon pays imaginaire, dernier opus du cinéaste chilien Patricio Guzmán, dont nous gardons en mémoire l’extraordinaire puissance de Nostalgie de la lumière.

Emmanuel Vigne

 

Le Mois du film documentaire : jusqu’au 30/11.

Rens. : www.moisdudoc.com

Le programme complet du Mois du Film documentaire dans les Bouches-du-Rhône