FIMÉ - Festival International des Musiques d'Écran

15e édition du festival de ciné-concerts : (re)découvrir des films d'hier sur des musiques d'aujourd'hui

Le FiMé a 15 ans cette année et en « âge festival », s’il en existe un, on peut dire que c’est déjà un bel âge. Et pourtant, après toutes ces années, l’envie de dénicher des pépites du cinéma muet est intact, le plaisir de rechercher des musiciens pour accompagner les films est toujours là, quant au bonheur de faire partager ces moments avec le public, on ne peut raisonnablement pas s’en passer.

Cette année, c’est une galerie de portraits d’individus singuliers et attachants que l’on vous propose de découvrir à travers la sélection des films : le portrait terriblement intemporel d’une jeune femme, dans Le journal d’une fille perdue de G.-W. Pabst, interprétée en 1929 par la troublante et iconique Louise Brooks ; le portrait d’un célèbre personnage de dessins animés des années 20, Koko, le clown, particulièrement facétieux, et célèbre pour ses étonnantes incursions dans le monde réel ; le portrait de la Villa Noailles, avec ce film totalement inclassable, Biceps et bijoux, témoin d’une joie de vivre particulièrement communicative ; le portrait d’un héros légendaire, Zorro, avec sa première adaptation au cinéma, incarné par le célèbre Douglas Fairbanks ; le portrait d’un homme marqué dans sa chair, L’homme qui rit, adaptation du roman de Victor Hugo ; le portrait d’un des plus grands artistes du XXe siècle avec Le mystère Picasso, qui témoigne aussi de la rencontre avec le réalisateur Henri-Georges Clouzot ; le portrait d’un homme déchu et humilié dans l’un des chefs-d’œuvre du septième art Le dernier des hommes de F.-W. Murnau ; et le portrait du dandy des années 20, incarné par deux comiques américains : Charley Chase, dans un programme de courts-métrages vaudevillesques et désopilants et Harold Lloyd, accroché aux aiguilles d’une horloge dans Monte là-dessus.

Pour accompagner ces films et ces destins parfois tourmentés, ce sont, comme chaque année, des musiciens d’univers totalement différents qui seront à la manœuvre. On retrouvera tout d’abord les mélodies poétiques et envoûtantes du duo Baltazar Montanaro (violon) et Sophie Cavez (accordéon), mais aussi les formidables instrumentistes, Guy Villerd et Jean Bolcato du Collectif ARFI qui laisseront leur place à Ben Vedren, DJ et producteur de musiques électroniques. Puis se succèderont deux pianistes improvisateurs : le jeune Adelon Nisi, issu de la classe d’improvisation au piano de Jean-François Zygel, en partenariat avec le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, et Karol Beffa qui a remporté deux victoires de la musique classique depuis sa première venue au FiMé en 2010. L’ensemble ECCE en configuration trio, entre musique contemporaine et classique, interprétera la partition de François Régis, tandis qu’un autre trio, TOC, s’aventurera sur un terrain résolument plus rock. L’atelier cinéphonique revient pour la deuxième année consécutive et sera composé de 4 DJ issus bien évidemment de la scène toulonnaise. Le FiMé se clôturera avec le rendez-vous incontournable à l’Opéra de Toulon en compagnie de l’Orchestre Symphonique dirigé une nouvelle fois par le talentueux Hugo Gonzalez-Pioli.

Dans le Var
Du 8 novembre au 17 novembre 2019
Tarifs variables suivant les lieux
Rens. 07 81 26 26 11 / contact@filmharmonia.fr
www.fimefestival.fr
83

Article paru le mercredi 30 octobre 2019 dans Ventilo n° 436

FIMÉ – Festival International des Musiques d’Écran

L’image acoustique

 

Du 8 au 17 novembre, à Toulon et son agglomération, le Festival International des Musiques d’Écran, alias le FIMÉ, égrène pour sa quinzième édition une programmation lumineuse, mêlant cinéma et musique, pour neuf spectacles à découvrir sans tarder !

  S’il est un rendez-vous annuel où l’ouïe et la vue sont sollicités avec force exigence et intelligence, dans une interaction totale qui invite d’emblée aux voyages imaginaires, c’est bel et bien le FIMÉ de Toulon et son agglomération ! L’équipe du Festival International des Musiques d’Écran offre depuis quinze ans une occasion unique de découvrir les plus extraordinaires créations dans le champ du ciné-concert, cette approche artistique dont l’origine se mêle avec l’invention du cinématographe, bien avant celle des frères Lumière, à l’instar des spectacles que produisait Émile Reynaud dès 1892 au musée Grévin. L’exercice n’est cependant pas dépourvu d’embuches : trop de performances mêlant cinéma et musique peinent encore aujourd’hui à convaincre, tant les deux arts semblent parfois cohabiter sans réellement se rejoindre. Ce n’est le cas d’aucun spectacle proposé par le FIMÉ, dont l’exigence en la matière n’est plus à démontrer. D’autant que le festival aborde avec brio de nombreux styles musicaux, qui viennent sublimer de grands opus de l’histoire cinématographique. Dont acte lors de cette quinzième édition de la manifestation, qui démarrera par la projection du trop rare et magnifique Journal d’une fille perdue de Georg Wilhelm Pabst — avec l’indémodable Louise Brooks —, que mettra en musique le duo formé par Baltazar Montanaro et Sophie Cavez, à l’accordéon et au violon. Suivront quelques raretés à découvrir sans tarder : Biceps et bijoux, film de Jacques Manuel de 1928, sublimé par l’architecture sonore électronique du Dj Ben Vedren, les courts de l’incroyable et oublié comique américain du muet Charley Chase, accompagné d’un dj set de l’Atelier Cinéphonique ou Le Signe de Zorro de Fred Niblo, qui défilera sur l’écran au son des notes délicates, au piano, d’Adelon Nisi. Quelques grands classiques du cinéma méritent également le détour, aiguisant vivement notre curiosité sur l’approche sonore qui en sera faite : du chef d’œuvre de Friedrich Wilhelm Murnau, Le Dernier des hommes, en écho avec le trio de jazz expérimental Toc, à l’interprétation attendue de l’Ensemble Ecce sur Le Mystère Picasso d’Henri-Georges Clouzot, en passant par l’adaptation, au piano, par Karol Beffa, de la partition de L’Homme qui rit, le fantastique opus de Paul Leni, inspiré de l’œuvre de Victor Hugo, qui influencera le personnage du Joker, dont les rires sarcastiques font actuellement grand bruit sur les écrans. Enfin, l’équipe du FIMÉ prolonge cette année encore son partenariat avec l’Orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon, pour une grandiose adaptation du Safety Last de Fred C. Newmeyer, dont l’interprétation et les cascades d’Harold Lloyd resteront gravées dans l’iconographie cinématographique.  

Emmanuel Vigne

 

FIMÉ – Festival International des Musiques d’Écran : du 8 au 17/11 dans le Var.

Rens. : 07 81 26 26 11 / www.fimefestival.fr

Le programme complet du FIMÉ ici