Avignon OFF

56e édition du "plus grand théâtre du monde" : théâtre / danse / cirque / arts de la rue / performances / musique... 

Dès 1966, un espace de création artistique plus spontané s’est développé autour du festival d’Avignon, à l’initiative d’André Benedetto.
Digne héritier de l’esprit de 1968, le "OFF", nommé par la journaliste de France Soir Jacqueline Cartier en 1969, s’est progressivement déployé dans la ville d’Avignon pour investir aujourd’hui une centaine de lieux.
À l'origine alternatif, le festival OFF d'Avignon est devenu une réalité incontestable dans le paysage culturel national. Il s’agit aujourd’hui de l’un des plus grands festivals de compagnies indépendantes au monde par la richesse et la diversité de ses offres culturelles. 
Passionné de spectacle vivant dans tous ses genres et sous toutes ses formes, le public du OFF est nombreux, pluriel et en constante mutation.

Programme complet ici 

Avignon
Du 7 juillet au 30 juillet
Tarifs variables suivant les lieux
Rens. 04 90 85 13 08
www.avignonleoff.com
84 000 Avignon

Article paru le mercredi 6 juillet 2022 dans Ventilo n° 467

Avignon Off

L’Off et la demande

 

Le Off d’Avignon va vivre une année décisive avec une nouvelle direction et la grande question du retour à une fréquentation normale des théâtres. Nous vous offrons pour cette édition 2022 une sélection voyage. Bonne évasion !

    Taxe carbone, trains bondés, retour du Covid, envie d’autres latitudes et de légèreté… pourquoi ne pas envisager de voyager au sein du très prolifique et international Festival Off d’Avignon ? L’évidence est de commencer par le Frontalier : la pièce de Jean Portante, mise en scène par Frank Hoffman et le Théâtre national du Luxembourg, est interprétée par l’époustouflant et poétique Jacques Bonnaffé au Théâtre du Balcon. Petite sœur limitrophe, la Belgique nous offre une fois encore des paysages insolites et extraordinaires. Première halte dans l’incontournable Théâtre des Doms avec Koulounisation, conçue et interprétée par Salim Djaferi (Collaborateur artistique : Clément Papachristou. Regard dramaturgique : Adeline Rosenstein). Laissez-vous surprendre par l’humour et le côté documentaire décalé de ce spectacle qui aborde, en étudiant et en déliant toutes les langues, les épineux sujets de la guerre d’Algérie et de la colonisation. Où il s’agira de démêler les fils d’une Révolution en changeant son propre regard. Saluons également — et joyeusement — le retour de Vincent Hennebicq, qui nous avait bouleversés avec son Going Home. Sa Bombe humaine va nous secouer dans tous les sens ! L’impact de l’homme sur l’écosystème terrestre n’est plus à démontrer, mais y réfléchir par le prisme de son métier, de ses relations affectives, du théâtre, de la création... nous amène à jongler entre incohérences et doute. Sens toujours avec Paying for it de la Compagnie La Brute (Jérôme de Falloise, Raven Rüell et Anne-Sophie Sterck). Le premier est membre du Raoul Collectif, le deuxième est l’un des metteurs en scène les plus prolifiques et talentueux de la scène belge, et la dernière reste l’inoubliable Louise Michel des Territoires de Baptiste Amann. Ils sont dix au plateau, pour parler de sexe et de prostitution, bourreaux et victimes au-delà des représentations en questionnant chacun sa vision du sujet. Belge toujours mais cette fois-ci à La Manufacture, où la compagnie Maps présente Pourquoi Jessica a-t-elle quitté Brandon ? (Prix Festival Impatience des lycéens 2020 / Prix Label I.M.P.A.C.T. de Bruxelles 2021). Emmanuel de Candido invente un puzzle théâtral en forme de réflexion générationnelle concernant notre rapport aux écrans, à la fiction, aux récits, à la presse. Il remet également en question le mythe de la « guerre propre ». Le public se fait joliment balader mais en sort riche d’un regard nouveau sur le monde. Nous avions laissé Manon Lepomme en pleine thérapie, la voilà qui nous (r)assure : Je vais beaucoup mieux, merci ! Rire, tendresse et belgitude garantis au Théâtre Le Paris ! Finissons cette immersion dans le plat pays avec la coproduction belgo-suisse Kvetch mise en scène par Robert Bouvier au Théâtre des Halles. Berkoff, l’auteur de la pièce, la dédie à tous ceux qui ont peur. Allez affronter vos terreurs en compagnie de Stéphane Bissot, Guillaume Marquet, Julien Héteau… Du côté de nos voisins helvètes, remarquons l’existence depuis quelques années de l’excitante Sélection suisse. Citons Fantasia de Ruth Childs aux Hivernales, The Game Of Nibelungen de Laura Gambarini au 11 • Avignon - Espaces Mistral, ou encore Dédicace de La Pp – Romane Peytavin & Pierre Piton à La Collection Lambert. Nul besoin d’aller à Paris, Paris vient à nous et exporte ses folles nuits au Théâtre du Roi René avec la troupe de chez Madame Arthur, célèbre cabaret travesti de Pigalle. Une création inédite, irrévérente et désopilante ! Quant à la Scala Paris, elle se décentralise et ouvre à l’année dans la Cité des Papes l’un de ses plus grands lieux : La Scala Provence. Le pari est mis sur l’éclectisme et les têtes d’affiche avec Alexis Michalik, Renaud Capuçon, Machine De Cirque, Keren Ann et Irène Jacob, Fabrice Melquiot (Kids), ou encore le déjanté Fred Blin (A-t-on toujours raison ? Wich witch are you ?) Sans oublier le seul en scène de Scali Delpeyrat, Je ne suis plus inquiet, parce qu’il y a aussi des voyages intérieur, à la recherche de soi. Un spectacle très personnel sur sa vie et ses origines, qui rend un hommage décalé à son père disparu avec, comme toujours chez ce savoureux comédien, mélancolie, humour et dérision. Maria et l’autre de la compagnie Les Géotrupes au Théâtre Al Andalus nous entraine dans une plongée plus douloureuse dans les tourments de l’horreur pour en comprendre les enjeux. Un choc sublimé par la composition musicale et l’interprétation en live de Muriel Gastebois et Sylvie Magand. Et pour finir, allons dans la Lune à La Luna justement, avec À Fleur de mots de Fane Desrues et Julien Cottereau. Ils chantent et racontent des histoires, elle de sa douce voix, lui avec son don inimitable de mime-bruiteur, pour nous propulser dans les astres du bonheur. Julien Cottereau sera aussi à la Luna avec aaAhh Bibi. D’autres pièces ne manqueront pas de nous emporter, de Martine à la plage par la compagnie ONavio au Théâtre Artéphile à Notre dernier voyage par la compagnie Darsana au Théâtre Transversal, en passant par Les Lettres d’amour de la religieuse portugaise à La Caserne … On ne sait pas ce que vous ferez, mais Et on est toutes parties, co-écrit par Kevin Keiss et Léa Chanceaulme (qui met également en scène), raconte l’histoire de trois femmes qui quittent leur vie du jour au lendemain. Il y est question de courage, de réinvention de soi et de métamorphose, à travers un road trip scénique et musical (à la Scierie). Rien ne vous oblige à être aussi radical, mais n’hésitez pas à oser partir à l’aventure dans la pléthore de propositions du festival !  

Marie Anezin

 

Avignon Off : du 7 au 30/07 dans la Cité des Papes.

Rens. : https://www.festivaloffavignon.com/programme/2022/