Avignon OFF

54e édition du "plus grand théâtre du monde" : théâtre / danse / cirque / arts de la rue / performances / musique... 

Dès 1966, un espace de création artistique plus spontané s’est développé autour du festival d’Avignon, à l’initiative d’André Benedetto.
Digne héritier de l’esprit de 1968, le "OFF", nommé par la journaliste de France Soir Jacqueline Cartier en 1969, s’est progressivement déployé dans la ville d’Avignon pour investir aujourd’hui une centaine de lieux.
À l'origine alternatif, le festival OFF d'Avignon est devenu une réalité incontestable dans le paysage culturel national. Il s’agit aujourd’hui de l’un des plus grands festivals de compagnies indépendantes au monde par la richesse et la diversité de ses offres culturelles. 
Passionné de spectacle vivant dans tous ses genres et sous toutes ses formes, le public du OFF est nombreux, pluriel et en constante mutation.

On se retrouve du 7 au 31 juillet pour célébrer ensemble ces retrouvailles. Célébrer le retour de la culture, du spectacle vivant, des artistes et des publics.
Découvrir, partager, échanger, débattre, rire, aimer, être ensemble.
Cette édition sera particulière. Elle nous a demandé à tou·te·s, compagnies, théâtres, artistes, technicien·ne·s, équipe d’accueil, attaché·e·s de presse, diffuseur·se·s et l’ensemble des professionnel·le·s du secteur, partenaires, services municipaux, commerçant·e·s, habitant·e·s, de s’adapter, de réapprendre dans l’urgence, face à l’incertitude et de toujours avancer.
Nous nous adaptons au contexte qui l’impose et mettons tout en œuvre pour vous accueillir dans les meilleures conditions.
Nous sommes heureux.ses de vous retrouver. À très vite !

Programme complet ici : https://www.festivaloffavignon.com/programme-billetterie/ 

 

Avignon
Du 7 juillet au 31 juillet
Tarifs variables suivant les lieux
Rens. 04 90 85 13 08
www.avignonleoff.com
84 000 Avignon

Article paru le jeudi 1 juillet 2021 dans Ventilo n° 449

Avignon Off

Toujours IN

   

Il est difficile d’imaginer le Off d’Avignon 2021 entre consignes sanitaires drastiques et créations privées de tournée depuis des mois. Allons-nous assister au renouveau d’une formule ou à la mort lente d’un système qui ne fait plus recette ? Allez juger sur place : de belles pépites, des projets prometteurs et l’ouverture de nouveaux lieux valent le voyage.

    Plus d’une dizaine de lieux du Off ne rouvriront pas cet été, tandis qu’un certain nombre sont repris par d’autres équipes. Chez les petits derniers installés à Avignon durant le Off, notons, en ces temps moroses, trois lieux dédiés essentiellement à l’humour et au seul en scène : Étoiles, le Palais du rire, le Vieux Sage. La Chapelle des Italiens, la Chapelle des Antonins, Pierre de Lune/Quartier Luna font aussi leurs premiers pas. Le Grenier à Sel, dédié à l’art et à l’innovation numérique, rejoint le Off. Leur ancien locataire, la Région Pays de Loire, migre quant à elle au Nouveau Grenier (l’ancien Collège de la Salle), avec douze compagnies ligériennes au rendez-vous (le Collectif À Sens Unique, la compagnie Grizzli, la compagnie à, Label Brut…). Avec le talentueux collectif avignonnais Naïf Production, les Hauts Plateaux retrouvent leur fonction première de lieu dédié à la danse sous l’appellation L’Atelier (la Manutention). Outre leurs créations maison, La Chair a ses raisons avec Mathieu Desseigne et La Mécanique des ombres, deux pièces sont présentées en complicité avec les Hivernales - CDCN d’Avignon : la conférence dansée Nulle part de Nach, leur nouvelle artiste associée, et Lost in Ballets russes de Lara Barsacq présentée par le Théâtre des Doms - Wallonie Bruxelles International. La suite de la pièce, le manifeste féministe IDA, don’t cry me love, est au programme de On (y) danse aussi l’été (Les Hivernales) au côté du très intrigant Dancewalk - Retroperspectives de Foofwa d’Imobilité | Neopost Foofwa. Le Théâtre des Doms s’adapte lui aussi à la pandémie avec un nouvel espace extérieur aménagé dans le jardin, le matin pour les rendez-vous pro et l’après-midi pour la Garden Party, une scène supplémentaire avec trois créations inédites et trois formes scéniques hybrides, singulières et courtes. Mousse de la compagnie belge Scratch se produira en extérieur à Occitanie fait son cirque. Seuls face au monde, Gaëlle, la jongleuse, et Denis, le technicien, se cherchent puis construisent une relation indéfectible. Sur l’Île Piot également, le très attendu et jubilatoire Dans ton Cœur, mis en scène par Pierre Guillois avec les acrobates et musiciens d’Akoreacro. Attardez-vous encore un peu en dégustant la délicieuse cuisine de la Roulante et assistez à un surprenant « solo collectif » de Maxime Mestre et du Cheptel Aleïkoum. En passant le pont, Villeneuve en Scène s’offre un plateau en or avec de très grands noms du théâtre de rue et du cirque : les 26000 couverts (Vero 1ère, Reine d’Angleterre), Les 3 points de suspension (Hiboux), Rasposo et son superbe Oraison, ou encore Bêtes de foire, dont on ne ratera pour rien au monde l’intemporel spectacle éponyme, qui nous fait chavirer de rire et de plaisir. Dix autres compagnies de l’itinérance artistique seront au rendez-vous avec d’alléchantes propositions, de la Vache Olha (L’Heure de la traite) à La Machine à karaoké chorégraphique. À la Manufacture, le roman d’Édouard Louis, Histoire de la violence, adapté par Laurent Hatat et Emma Gustafsson, prend toute sa puissante avec le charismatique danseur Samir M’Kirech vu chez Platel. Isnelle da Silveira a elle aussi collaboré avec les Ballet C de la B et nous livre avec Dyna un Ninalisa chantant et poignant sur Nina Simone et sa fille. Versant humour, le tout nouveau spectacle d’Alex Vizorek Ad Vitam sera au Théâtre des Béliers. Et après le magistral succès en 2014 des Poyo Rojo, son créateur Luciano Rosso revient avec un seul en scène drôle et intimiste, Apocalipsync à l’Espace Alya. Au 11, réservez pour Normalito de Pauline Sales et Le Cabaret des absents de François Cervantes, qui permet de revoir Sipan Mouradian (Claire, Anton et eux) dans une nouvelle forme narrative d’introspection généalogique servant une histoire fictionnelle. Dans Les Présidentes, mis en scène par Laurent Fréchuret avec Laurence Vielle, Mireille Herbstmeyer et Flore Lefebvre des Noëttes, trois figures issues de la « majorité silencieuse » se mettent à parler, se révélant figures antiques. La Sélection suisse en Avignon y présente La Collection, une série de petites pièces de trente minutes, chacune consacrée à un objet obsolète, sous la houlette du Collectif BPM. On se laissera aussi tenter au Théâtre du Train Bleu, entre autres par La Métamorphose des Cigognes, Peut-être Nadia avec Olivier Broche et la musique toujours captivante d’Antoine Sahler ou encore Chto de Sonia Chiambretto avec Fanny Avram. Puis à la Luna par Les Maux bleus, une pièce de Chrystelle Canals et Milouchka, et le dansant À ces idiots qui osent rêver. Et encore La Maison du loup, nouvelle création du comédien et dramaturge Benoit Solès (La Machine de Turing) au Théâtre du Chêne Noir, Pierre Notte à l’Artéphile, la compagnie Shindo avec Là où je croyais être il n’y avait personne et Éloïse Mercier avec Une Goutte d’eau dans un nuage (son et vidéo de Vincent Béranger) au Théâtre Transversal, l’irrésistible Discours de Fabrice Caro revu par Emmanuel Noblet aux 3 Soleils… Et bien d’autres encore… Les Scènes d’Avignon présenteront quant à elles le deuxième opus du Souffle d’Avignon, un cycle de douze lectures de textes inédits dans le cloître Benoit XII. Avec 1070 spectacles, dont 923 créations dans 116 lieux, présentés par 752 compagnies, dont 66 étrangères, le changement tant attendu pour le OFF ne semble pas pour aujourd’hui, demain réclamant la nécessité de jouer et montrer son travail, urgence vitale pour les artistes.  

Marie Anezin

 

Avignon Off : du 7 au 31/07.

Rens. : www.avignonleoff.com