Vêtements modèles

Parcours de cinq pièces textiles qui ont traversé le temps et les modes

Du débardeur au jogging en passant par le bleu de travail, le kilt et l’espadrille, l’exposition Vêtements modèles propose de suivre le parcours de cinq pièces qui ont traversé le temps et les modes.

Comment le débardeur ou le bleu de travail, conçus pour habiller des métiers, se sont-ils imposés comme des sources d’inspiration ou comme des « basiques » de l’industrie de la mode ? Pourquoi le kilt et l’espadrille, associés à des géographies bien précises, ont-ils connu une diffusion mondiale jusqu'à être adoptés dans le vestiaire courant ? Quels chemins le jogging emprunte-t-il pour s’affranchir de l’usage sportif et devenir l’un des emblèmes de la culture urbaine ?

À rebours de l’image d’une mode appuyée sur le cyclique et l’éphémère, ces itinéraires s’inscrivent dans un temps long de plusieurs siècles. Riches de leur épaisseur historique et symbolique, ces « vêtements modèles » sont au cœur d’une grammaire vestimentaire qui préfère le style à la tendance. À l’heure où l’on s’interroge sur la notion de durabilité, ils permettent également de mettre en lumière les notions d’artisanat et de patrimoine vivant dans leurs interactions avec les sociétés, et d’évoquer les enjeux de conservation et de sauvegarde qui les accompagnent.

Le textile est évidemment au cœur de cette exposition qui présente environ 200 pièces : prêt-à-porter, haute couture, mais aussi sous-vêtements, sélection de matériaux à toucher… Ces ensembles sont présentés en dialogue avec des dessins, estampes, photographies, films, clips, archives ; soit une iconographie riche et variée, permettant de parler du vêtement comme d’un véritable phénomène de société.


—Commissariat : Isabelle Crampes, commissaire générale, (fondatrice de deTOUJOURS.com) et Coline Zellal, commissaire associée (conservatrice du patrimoine au Mucem)
—Scénographie : Renaud Perrin
—Graphisme : Géraldine Fohr

Mucem - Fort Saint Jean
Tlj (sf mar) 11h-18h
7,50/11 € (billet famille : 18 €). Gratuit entre 16h et 18h et le 1er dimanche de chaque mois
www.mucem.org
Esplanade du J4
13002 Marseille
04 84 35 13 13

Article paru le mercredi 15 juillet 2020 dans Ventilo n° 443

L’été au Mucem

Tenue estivale

 

L’été sera doux au Mucem. Le visiteur y voguera en grand libertaire, mirant les œuvres d’inconnus reconnus, comprenant la grammaire vestimentaire pour s’abandonner dans les fleurs du Fort Saint Jean et de sa programmation estivale poétique et addictive.

  Plongeons tout d’abord dans les expositions du musée. Mon nom est personne d’Alexandre Perigot est une installation de 1300 reproductions d’œuvres anonymes installées sur le sol. La visite est empreinte d’une certaine légèreté, la pression liée à la reconnaissance du beau, voire du (re)nom de l’artiste laisse place à la sensation, à l’observation, aux variations qui s’opèrent d’un rectangle à un autre. Le sol recouvert met à mal la sacralité de l’œuvre et cela fait du bien. Une pointe de frustration nous envahit lorsque l’on aimerait savoir, avoir, l’information, le nom, le titre... Il ne faut pas avoir peur de l’inconnu pour vivre cette exposition comme une expérience énigmatique. À l’extrême opposé, l’exposition Vêtements modèles offre une médiation didactique intense sur l’intemporalité du style à l’ère décriée de la fast fashion. Un point de vue sociétal qui traverse les âges nous embarque à travers objets, photographies, film et documentaires dans l’histoire du vêtement, de sa confection à son caractère iconique : le débardeur, le bleu de travail, le kilt, l’espadrille et le jogging s’incarnent au Fort Saint Jean ! Dans une ambiance plus feutrée, presque intimiste, l’exposition La Flore de A à Z révèle une partie de la collection du Mucem (objets, vêtements, enseignes…) par un abécédaire poétique floral résolument méditerranéen. L’acanthe décore la faïence, les tournesols se font enseigne, les coquelicots s’éprouvent dans le symbolisme de l’après-guerre… La collection s’offre un nouveau champ des possibles ! Le Fort Saint Jean et son esplanade seront aussi le théâtre d’une programmation surprise en plein air en août avec neuf rendez-vous, pensés avec les festivals du territoire et regroupés sous le titre Plan Bis. Le festival Oh les beaux jours ! fera de ce premier week-end un instant militant entre la poésie anti-raciste et anti-colonialiste d’Aimé Césaire lue sur un air d’accordéon, et l’urgence écologique chantée, dansée et mise en scène par Gaël Faure autour de l’œuvre de Giono. Marseille Jazz des Cinq continents prendra la relève avec l’envoûtante, l’immanquable Naïssam Jalal, flûtiste libérée au répertoire multiple, suivie de Sophie Alour, dont la dernière œuvre allie le oud à son jazz épuré. Ajoutons deux notes percutantes : David Walter viendra faire groover le Mucem et un concert dessiné à quatre mains surprendra assurément son monde. Côté cinéma, on prendra une dose de bonheur avec l’univers pastel des Demoiselles de Rochefort, le charme de Latifa, cantatrice passionnée dans Silence... on tourne et les danses télévisuelles « brushinguées » de Hairspray, en partenariat avec le FID et Aflam dans le cadre du Ciné Plein Air de Cinémas du Sud & Tilt.  

EL

 
  • Alexandre Perigot – Mon nom est personne : jusqu’au 17/08

  • Vêtements modèles et La Flore de A à Z : jusqu’au 6/12

  • L’Orient sonore : du 22/07 au 4/01/2021

  • Plan Bis (musique, cinéma, littérature) : du 12 au 30/08

 

Rens. : 04 84 35 13 13 / www.mucem.org

La programmation complète de Plan Bis ici