Tsai Ming-Liang - Walker

Installations autour de la série de films du réalisateur taïwanais, dans le cadre du projet "Des marches, démarches" initié par le FRAC Provence-Alpes-Côte d'Azur

Ses vidéos présentent Xuanzang de la dynastie Tang, un moine bouddhiste qui parcourut à pied, il y a plus de mille ans, des milliers de kilomètres au-delà des frontières de la Chine, en quête d'écrits bouddhistes venus de l'Inde. Filmé dans des environnements urbains saturés, l'acteur s'y déplace avec une extrême lenteur. Par ses mouvements hypnotisant, comme dictés par la nécessité, on discerne la solitude de l'être dans notre société hyper matérialiste. Sa série est composée de 8 "marches" d'une durée qui varie entre 20 et 80 minutes. L'action se déroule à Taipei, à Hong-Kong, en Malaisie, et l'un des volets de la série prend place à Marseille. Accompagné pour l'occasion par Denis Lavant, manière de dragon silencieux, tantôt assoupi et gardien, tantôt à l'unisson avec son devancier Lee Kang-shen, le héros marcheur, les voilà arpenter les lieux sous le soleil marseillais.

Au programme :

Walker
26', Hong Kong, Chine, 2012

Sleepwalk
20', Taïwan, 2012

Diamond Sutra
20', Taïwan, 2012

Walking on Watter
29', Chine, 2013

No No Sleep
34', Chine, Hong Kong, Taïwan, 2015

Sand
79', Taïwan, 2018

Minirama - Friche La Belle de Mai
Du 10 au15 juil. : lun, mer, jeu, ven, sam, dim 14h-19h 14h-19h
Entrée libre. Entrée libre
www.fidmarseille.org
41 rue Jobin
2e étage
13003 Marseille

Article paru le mercredi 3 juillet 2019 dans Ventilo n° 432

FIDMarseille – Festival International de Cinéma

Courir à trente ans

 

La trentième édition du FID, Festival International de Cinéma de Marseille, tient toutes ses promesses ! Aux quatre coins de Marseille, l’un des plus importants festivals hexagonaux déroule une programmation majestueuse, propre à représenter l’incessante vitalité de la création cinématographique.

  En trois décennies, le Festival International de Cinéma de Marseille, le FID pour les intimes, s’est imposé dans l’hexagone comme l’un des plus sémillants hommages au dynamisme de la création cinématographique. L’exigence et l’invention sans cesse renouvelée des formes ont donné à cet événement un visage à nul autre identique : Jean-Pierre Rehm et son équipe ont su, avec la plus brillante intelligence, façonner un rendez-vous où le plaisir le dispute à l’expérimentation, s’inscrivant dans un sens de l’histoire, celle de l’image en mouvement, parfaitement maîtrisé par les programmateurs et organisateurs. Le FID explose ainsi les normes parfois coercitives d’une industrie afin de nous réunir devant l’essence même de l’image et son récit, de nous offrir à voir un monde, un temps et un mouvement non pas élucidés (arrogance de nombreuses productions contemporaines), mais bel et bien toujours nourris de mystères. Un travail d’orfèvre que vient confirmer la superbe programmation de cette trentième édition : les cent vingt-cinq films programmés, accompagnés de cent cinquante invité.e.s, viendront rappeler la force et l’élan toujours prégnants de l’image en mouvement. À commencer par près d’une quarantaine d’œuvres sélectionnées, en première mondiale, dans les différentes compétitions (Internationale, Française, Premier Film, GNCR…), comme les nouveaux opus de Carlos Casas (Cemetery), Pierre Creton (Le Bel Été), Callisto Mc Nulty (Delphine et Carole insoumuses) ou Andrew Kötting (The Whalebone Box). La puissance de ce festival réside également, c’est une chose désormais acquise, dans la majesté des sélections parallèles, à commencer par les deux magnifiques hommages consacrés au travail de l’artiste et cinéaste Sharon Lockhart d’une part, et au réalisateur Bertrand Bonello d’autre part, dont le FID propose ici une quasi intégrale. Le geste cinématographique atteint par ailleurs son acmé dans l’écran parallèle Histoire(s) de portrait, qui définit en une vingtaine de films (Antecâmara de Jorge Cramez, Chaos de Sara Fattahi, Ultramarine de Vincent Meessen ou La Pomme chinoise de Florence Pazzottu) les contours premiers de la création cinématographique, le sens même d’un mensonge qui dit la vérité, « l’usage de l’art cinématographique pour faire voir et entendre, comme nul autre, la jointure entre une voix et des gestes, entre un corps et des phrasés, entre un décor et des récits. » Deux autres sélections parallèles s’inscriront au sein de deux événements régionaux qui, cette année, ont connu un certain retentissement : Marseille Provence Gastronomie 2019, avec cinq films au programme, et le projet Des marches, démarches du FRAC PACA, qui remet au cœur de la création la marche comme pratique artistique. De nombreux films sont également programmés à l’occasion de ce dernier écran parallèle, dont un focus sur le cinéaste taïwanais Tsai Ming-Liang. Suivront l’hommage savoureux aux scopitones, les séances à destination du jeune public en collaboration avec Fotokino, le FIDCampus et de très nombreuses séances spéciales construites avec les (très nombreux) partenaires du FID. Enfin, sons et images se sépareront un temps — quoique... — pour des moments radiophoniques et plastiques, sans oublier le traditionnel FIDLab, sous forme de soutien aux projets cinématographiques en état d’écriture, un geste supplémentaire pour ce festival hors normes en direction du formidable dynamisme qui secoue toujours la planète en matière d’images en mouvement.  

Emmanuel Vigne

 

FIDMarseille – Festival International de Cinéma : du 9 au 15/07 à Marseille.

Cérémonie d'ouverture en plein air avec projection de The Unknown Saint / Le Miracle du Saint Inconnu de Alaa Eddine Aljem : le 9/07 à 21h30 au Théâtre Silvain (Promenade Corniche Kennedy, 7e). Entrée libre

Rens. : www.fidmarseille.org

Le programme complet du FIDMarseille ici