Affleurements, scénographie © Julie Cohen / Mucem

Affleurements au Centre de Conservation et de Ressources du Mucem

Artchéologie

 

Le Centre de Conservation et de Ressources du Mucem propose l’exposition très épurée Affleurements, entre archives et documentation, qui met en lien archéologie et création artistique contemporaine dans un esprit d’ouverture et d’interdisciplinarité.

 

La visite du Centre de Conservation et de Ressources du Mucem (CCR) permet de découvrir l’endroit où sont entreposées et conservées toutes les œuvres du musée, de la base des projets aux expositions en elles-mêmes. Elle permet surtout de comprendre que ce lieu est dédié aux sciences humaines, aux arts populaires et à l’ethnologie, ces grandes thématiques chères au musée, dont l’exposition actuelle est représentative.

L’exposition Affleurements s’intègre dans le projet de coopération européenne Excavating Comtemporary Archaeology, qui met en avant la question des traces historiques, de la richesse des patrimoines culturels comme vecteurs de transmission, d’inspiration pour l’imaginaire de l’artiste. La démarche se fait alors scientifique, à l’instar du travail de chercheur, comme l’explique Hélia Paukner, commissaire de l’exposition. Les quatre artistes, Amalie Smith, Sammy Baloji, Cristina Lucas et Francisco Tropa, puisent dans le passé pour créer un nouveau réel.

Un autre monde, pas toujours heureux, comme en témoigne l’œuvre de Sammy Bajoli. Il nous montre un passé douloureux, comme l’exploitation des richesses de son Congo natal par les colons, à travers de nombreuses lettres mises sous verre, qui évoquent les trafics humains et matériels de cette période.

Avec son installation Waves, l’artiste espagnole Cristina Lucas marque quant à elle une ligne de rupture : celle de la rencontre impossible entre deux poètes sur l’île de Chypre — l’un grec, l’autre turc — malgré la similitude de leur environnement, comme si la mémoire collective était plus forte que le réel, comme si le passé avait encore une portée politique, comme si l’histoire avait des conséquences sur la création.

À travers son intérêt pour l’argile, Amalie Smith s’attache pour sa part à montrer l’évolution des paysages comme une marque du temps qui passe, où l’on peut à la fois retrouver les origines de civilisation ou s’en inventer de nouvelles.

Enfin, Francisco Tropa, qui a travaillé avec des élèves de cinquième du collège Louis Armand autour d’œuvres du Mucem, recrée un monde poétique grâce à leurs dessins, dont les couches colorées rappellent les strates des archéologues.

L’exposition si petite soit-elle (une salle et demie), va au-delà de la création et de l’imaginaire artistiques ; elle questionne les mythes pour comprendre l’humanité et valoriser les œuvres pour transmettre au public une idée de la richesse des patrimoines culturels.

 

Cécile Mathieu

 

Affleurements : jusqu’au 8/01/2021 au Centre de Conservation et de Ressources du Mucem (1 rue Clovis Hugues, 3e).

Rens. : www.mucem.org