Barbe-Neige et les 7 petits cochons au bois dormant © Laurent Philippe

Barbe-Neige et les sept petits cochons au bois dormant de Laura Scozzi

Contes défaits

 

Il était une fois une danseuse-chorégraphe, photographe et sociologue italienne, qui avait une dent — et pas de lait — contre les clichés véhiculés par le papa de Mickey. Attention spoiler : il ne sera point ici question de happy end dégoulinant, “ils” ne vivront pas heureux ni n’enfanteront une tripotée de marmots.

 

Exit la mièvrerie des contes de fées à la sauce Walt Disney et à bas les carcans réducteurs et sexistes. Imaginé par la chorégraphe Laura Scozzi, Barbe-Neige et les sept petits cochons au bois dormant barbouille de ses couleurs le Pavillon Noir et se rêve en pot pourri classico-hip-hop irrévérencieux et à l’ironie farceuse.
Laura Scozzi n’en est pas à son galon d’essai puisqu’en 2004, elle s’en prenait déjà à cette cible dans Un jour mon prince viendra ?, qui alliait aussi danse, pantomime et décalage loufoque. Suivant la même veine comique, elle déconstruit à nouveau l’univers du conte de fées dans Barbe-Neige et les sept petits cochons au bois dormant.
Cendrillon, Blanche-Neige, la Fée Clochette et les autres ont assez fait les frais de fantasmes de scénaristes soûlés à l’eau de rose. Devenues malgré elles des égéries commerciales, identifiables dans le monde entier, les potiches romanesques ont contribué à conditionner des générations de petites filles dans l’attente de ce foutu prince charmant, en mettant au passage la pression sur les petits garçons. Tirant à vue sur quelques-unes des histoires les plus populaires, la Milanaise en détourne les codes et en subvertit les mythes. Sur une musique lyrique signée Niccolo Paganini, un nain se retrouve ainsi seul face à sept Blanche-Neige équipées de haches prêtes à en découdre, Cendrillon perd sa basket en boucle tandis que les princes hébétés s’accumulent, les trois petites cochonnes chaussées de bottes cirées roses font du gringue au loup qui ne sait plus où donner de la gueule, leur préférant un petit chaperon rouge moustachu, et des ours jouent aux videurs/breakdancers…
Un ballet joyeusement moderne qui envoie valdinguer les stéréotypes avec originalité et dérision.

Barbara Chossis

 

Barbe-Neige et les sept petits cochons au bois dormant de Laura Scozzi jusqu’au 5/02 au Pavillon Noir (530 Avenue Wolfgang Amadeus Mozart, Aix-en-Provence).
Rens. : 04 42 93 48 00 / www.preljocaj.org