Goélette Alliance © PNCAL - Céline Bellanger

Le Printemps des Calanques

L’enjeu des criques

 

À force d’histoires enlisées dans les méandres de la politique marseillaise et autres inconvénients quotidiens liés à la métropolisation de notre territoire, on en vient parfois à oublier ce pourquoi on est venus s’installer ici — et/ou pourquoi on y reste : nos chères calanques. Depuis tout juste sept ans, un Parc National est chargé de les protéger et de les valoriser auprès du plus grand nombre de nos concitoyens. À l’heure où un projet de décret gouvernemental pourrait fragiliser le poids des experts paysagistes, défenseurs du patrimoine qui jouent souvent les remparts face aux bétonneurs, on vous propose de tourner votre regard sur ceux qui protègent notre joyau.

 

À Marseille, on le sait bien, on ne fait jamais rien comme les autres, et souvent, ce n’est pas de notre fait : alors qu’elle était réclamée depuis les années 1970 par les instances locales, ce n’est qu’en 2012 que le site des calanques a obtenu sa labellisation « Parc National ». Le territoire est grand et divers, d’une richesse exceptionnelle : 300 espèces animales et végétales protégées le peuplent, quand sa flore terrestre et sa biodiversité marine l’ont hissé dans le groupe très huppé des dix hotspots de biodiversité exceptionnelle en Méditerranée. Le défi n’en est que plus grand : unique Parc National métropolitain en France, le Parc National des Calanques, parce qu’il est aux portes de la ville, doit faire face à des problématiques de protection de l’environnement bien sûr, mais aussi à des questions urbaines, liées à la pollution, voire à la pollution industrielle (cf. l’affaire des boues rouges), et à l’extension toujours accrue de la ville.

Pour le protéger, la gestion du site est aujourd’hui répartie en trois pôles : de Cassis à La Ciotat, des Goudes à Sormiou en incluant les îles du Frioul, et de Sormiou à Cassis en considérant l’intérieur des terres. Pour en assurer la bonne gouvernance, les moyens humains se révèlent bien modestes : une petite équipe d’une quarantaine de personnes œuvre à la protection du site, avec dix-huit agents de terrain — gardes moniteurs et écogardes saisonniers — et dix-huit permanents au siège social. Heureusement, les forces bénévoles et autres petites associations mettent la main à la pâte, permettant de démultiplier les actions. « C’est grâce à eux, à la qualité de nos relations avec les partenaires qu’a pu aboutir cette année à la naissance du Printemps des Calanques, explique Zacharie Bruyas, au service communication du Parc. Ces associations sont très pointues parfois, elles nous permettent de démultiplier nos actions et de créer un événement à la mesure, qui va nous permettre de faire connaître ce que le grand public méconnaît quant à l’exceptionnelle richesse florale. » Dans un même désir d’éducation à l’environnement, ce ne sont pas moins de quarante sorties qui sont ainsi proposées par les gardes du Parc et les volontaires. À l’arrivée des beaux jours et sur trois mois, la manifestation programme des sorties en voilier, des balades nocturnes, des jeux de piste, le tout gratuitement. Bien évidemment, les places sont devenues paradoxalement chères, et beaucoup d’évènements affichent complet, victimes de leur succès. Qu’à cela ne tienne, il s’agit d’une première, et on se promet déjà d’augmenter les capacités l’an prochain. Et d’ici là, si vous n’avez guère eu la chance d’assister à l’une ou l’autre de ces actions, vous pouvez toujours télécharger la toute jeune application du Parc, Mes Calanques, une application mobile et citoyenne permettant au grand public de découvrir le patrimoine naturel et culturel des calanques et de s’engager dans sa préservation. Vous y trouverez ainsi cartes, infos en temps réel sur les activités possibles, itinéraires et jeux pour découvrir — et faire découvrir — l’Astragale de Marseille, ou encore les secrets d’un patrimoine bâti. On peut clairement le dire : ici, ça bouge !

 

Joanna Selvidès

 

Le Printemps des Calanques : jusqu’au 22/06 à Marseille.

Rens. : www.calanques-parcnational.fr