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Sylvie Guillot – Mise à nu à la galerie Songe d'Icare

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L’évidence et l’intention

A la Galerie Songe d’Icare, la Mise à nu de Sylvie Guillot révèle le langage du corps. Des énergies qui le parcourent, l’illuminent et le tendent jusqu’aux douleurs qui le déforment.

L’artiste fait montre d’une grande qualité de dessin, au point qu’il semble s’être affranchi de l’image et que le trait s’en soit trouvé libéré, ouvert à la possibilité de s’évader, de révéler plus que de décrire, de surprendre. Les traits circonvolutifs, arabesques dont elle parcourt ou entoure les corps, évoquent un mouvement intérieur, celui du flux des énergies qui, en circulant, véhiculent les émotions, font naître les points de tensions et les douleurs, intimes ou ancestrales, qui infléchissent les corps, les atrophient, les tordent, les irradient et en forment l’aura. S’il est un mouvement dans ces œuvres, il est de cet ordre, ou alors peut-il s’entendre comme on entend le silence en musique. Comme si la pause, différente de l’arrêt, était encore partie prenante du mouvement. Elle souligne aussi, de ce trait, quelques points d’ancrage osseux, aux premiers rangs desquels les phalanges : saisissantes, d’une belle poigne ses mains sont des outils utiles, prolongements de bras aux musculatures sèches. Les vertèbres ensuite, entre cervicales et dorsales, sont renforcées de traits, comme un endroit important de l’être. Son usage de la couleur rejoint celui du trait en cela qu’il révèle lui aussi, en plus de la forme, la profondeur des tissus et des structures, des chairs et des os, avec notamment l’emploi de bleutés très pâles, et de rouge sur le corps humain qui suggère le veineux, le sanguin, le tissu même des chairs. Les aquarelles, majoritaires dans le panel proposé, voisinent avec quelques huiles sur toile, acryliques sur kraft et pastels. La plupart de ces œuvres, par les postures choisies, suggèrent le repli. A une exception près, qui évoque plus un corps tendu vers la montée du plaisir, on dirait que ces êtres ont été presque jetés au sol, qui dans la lutte, qui dans la prostration, qui dans un désir d’autoprotection. De ces poses et des densités variées de couleurs et de traits naît la définition d’un point d’équilibre, un centre, une zone sacrée où serait logée la chose à protéger. C’est tout le charme d’une mise à nu que d’être progressive et de rester partielle. C’est le charme de l’art que de voir l’évidence s’imposer à l’intention, l’essence à la volonté, et une interprétation à une réalité.

Frédéric Marty

Sylvie Guillot – Mise à nu : jusqu’au 25/06 à la galerie Songe d’Icare (21 rue Edmond Rostand, 6e). Rens. 04 91 81 76 34 / songedicarelagalerie.com