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Joyeux anniversaire La GAD !

Comme à la maison

 

La particularité de la GAD, petite galerie d’art qui se débrouille toute seule (entendre non subventionnée) à l’enseigne discrète, voire inexistante, est d’associer espace de vie du galeriste et espace d’exposition. Visite particulière.

 

Après avoir étudié les beaux-arts à Luminy et un passage chez Roger Pailhas, Arnaud Deschin quitte le milieu de l’art contemporain pour y revenir dix ans plus tard avec un seul désir : vivre au milieu d’œuvres d’art en faisant les choses comme il l’entend. Depuis trois ans, il impose son style et son franc-parler dans le milieu artistique marseillais, se préservant des relations conventionnelles et institutionnelles pour favoriser ce qui l’intéresse davantage : la rencontre avec les artistes et avec les gens, tous les gens. Sans chercher à faire toujours plus grand, ni à attirer toujours plus de monde, Arnaud Deschin assume une posture atypique, privilégiant des moments intimes qui font sens. Il invente une nouvelle manière de promouvoir et montrer l’art contemporain, en développant une « galerie relationnelle » (pour reprendre la formule de Nicolas Bourriaud qualifiant d’« esthétique relationnelle » des œuvres d’art « qui admettent pour point de départ théorique et/ou pratique la sphère des rapports humains »). Ici, c’est Arnaud Deschin lui-même, dont la galerie est peut-être son œuvre, qui développe avec les passants, les commerçants et les habitants de sa rue, un intérêt pour l’art et une vision participative. En s’invitant chez le voisin, Arnaud Deschin joue avec le côté local et jovial d’une rue passante, optimisant une mixité et une énergie typiquement marseillaises. Les œuvres s’échappent parfois de la galerie pour s’offrir à tous en s’installant chez le boulanger, le coiffeur, le voisin designer 3 Dsign… et sur le trottoir, où le galeriste a entamé une petite collection d’œuvres urbaines : la Brown Box de Matthieu Clainchard, une armoire EDF recouverte tous les mois de l’année par une nouvelle couche de peinture, laissant les différentes strates apparentes. Devant la GAD, on peut également voir la sculpture discrète et minimale de Guillaume Alimoussa et Nicolas Henry Muller. Deux artistes « estampillés » Triangle France, structure avec laquelle le galeriste partage une certaine idée de l’art, et de la vie. Mais les résidents de Triangle ne sont pas les seuls à s’exposer à la GAD. Les artistes qui passent chez Arnaud Deschin viennent d’un peu partout, le galeriste sillonnant la région PACA, prospectant jusqu’à Dijon et quittant parfois le pays pour aller voir ailleurs si l’herbe y est plus verte…
Ainsi, après une première ligne artistique qu’il voulait exclusivement féminine, concept vite abandonné même si les filles sont bien représentées ici, Arnaud promeut de jeunes artistes qu’il prend soin de mélanger avec des créateurs confirmés : « Une exposition, c’est avant tout une rencontre entre les artistes et moi, et entre les artistes eux-mêmes. » D’où parfois des œuvres à quatre mains.  Dont acte avec l’exposition Bing Bing, qui associe dans une œuvre commune deux habitués de la galerie, Nicolas Milhé et Matthieu Clainchard, ainsi que Laurie Charles, jeune artiste belge, et Quantin Euverte, étudiant en quatrième année à la Villa Arson.
Pour ses trois ans, la GAD s’offre une star en la personne de Didier Marcel qui fut, pour la petite histoire, le professeur d’Arnaud Deschin. Bien conscient que sa notoriété est un gros coup de pouce pour une petite galerie de province, l’artiste se prête très généreusement au jeu et montrera deux nouvelles maquettes de R5 et de BX sport. Bing Bing présentera aussi des œuvres qui « débordent » dans la rue. Celle de Quentin Euverte, Temps mort, ne se verra, elle, qu’à rideau fermé. Nicolas Milhé et Matthieu Clainchard offriront quant à eux une nouvelle enseigne à la GAD, une trouvaille vintage, ancienne croix pharmaceutique aux néons clignotants qui ornera désormais la rue Espérandieu… Rendez-vous le 23 sous cette nouvelle lumière pour souffler les bougies… et croiser les doigts avec Arnaud Deschin, qui tient le coup en dépit de l’impossibilité de vendre de l’art contemporain dans notre ville.

Céline Ghisleri

Bing Bing : du 23/03 au 26/04 à la GAD – Galerie Arnaud Deschin (34 rue Espérandieu, 1er).
Rens. 06 75 67 20 96 / info@lagad.eu
Vernissage le 23/03 de 18h à 21h