La Gioia

Complet
Comédie métaphysique de Pippo Delbono (1h20). Dès 8 ans. ¡ Spectacle en italien surtitré en français !

La Gioia a la beauté absurde des quêtes improbables, dont la réussite est par avance compromise. Comment atteindre la joie ?
Dans cette pièce, Pippo Delbono, auteur, metteur en scène et comédien, figure majeure du théâtre contemporain, se lance dans la recherche improbable de cet état qui le fuit. On suit donc le guide à la voix envoûtante vers une plongée hallucinée dans son monde intérieur, habillé par les compositions florales de Thierry Boutemy, qui dressent un paysage aux allures de pays des merveilles. Là sont convoqués ses démons, qui débordent le plateau et arpentent la salle, mais aussi toute une galerie de compagnons de voyage. Un clown blanc, un chaman qui libère les âmes, une danseuse de tango mélancolique, et d’autres figures féeriques sont conviées sur tour à tour sur scène pour composer un poème surréaliste et désenchanté. Chacune de ces rencontres est l’occasion d’évoquer un aspect de ces moments de joie évanescents.
Pas de recette du bonheur, ni de solution définitive, mais une exhortation à la vie, à l’amour, et à l’expression exaltée des corps à travers les arts.

NOTE D'INTENTION
« J’ai décidé d’appeler ma nouvelle création La joie. Un mot qui me fait peur, qui m’évoque des images de "familles heureuses", d’"enfants heureux", de "paysages heureux". Tout mort, tout facile. J’ai été frappé par La mort d’Ivan Illitch de Tolstoï dans lequel le protagoniste, pendant ces derniers jours, se réconcilie avec toute son existence, même avec les moments les plus tristes et les plus gris de sa vie. Au début, j'avais donc pensé à ce titre : La mort joyeuse.
Je me souviens d’une fois quand, à Manille, je suis arrivé dans un endroit totalement immergé d’un dépotoir d’ordures où beaucoup de personnes vivaient. Ça sentait une insupportable odeur d’égout. Les poubelles étaient partout, il y avait aussi des rats, des oiseaux, des insectes. Je me souviens de certaines femmes qui faisaient tout là-dedans : elles lavaient leurs vêtements, elle se parfumaient et elles riaient entre elles. Et plus tard, je me souviens, à Vârânasî, en Inde, la ville où les indiens vont mourir, un groupe d’enfants s’approchaient sautillant ; ils riaient comme des animaux fous. Leurs pieds étaient gros, déformés, gonflés comme des ballons. Mais leurs visages, leurs yeux me parlaient d’un sens de vérité, de vitalité, de joie. »
Pippo Delbono


Le ZEF, Scène nationale de Marseille - Plateau du Merlan
Du 3 au 4 déc. :
5/15 €
www.lezef.org
Avenue Raimu
13014 Marseille
04 91 11 19 20