Charlie Jazz Festival

Jazz. 22e édition.
• 5/07 à partir de 18h30 : The Yellbows + B¡M Trio + Michel Portal New Quintet + Kenny Garrett Quitet invite Wallace Roney
• 6/07 à partir de 18h : Benjamin Flament + Sopaloca + Makaya McCraven Quintet + Stanley Clarke Band
• 7/07 à partir de 18h : Peeemaï + Mojo Workin' Band + Fidel Fourneyron + Omar Sosa & Yilian Cañiwares featuring Gustavo Ovalles

Au programme cette année, une constellation d’artistes aux univers et couleurs qui vous émerveilleront. Avec le premier soir, des figures emblématiques du jazz comme Michel PORTAL, deux « enfants de Miles », Kenny GARRETT et Wallace RONEY pour un concert inédit. Le samedi, la venue d’une légende vivante du jazz fusion, Stanley CLARKE, précédé par un autre adepte d’explorations sonores, Makaya McCRAVEN. Enfin, pour clôturer cette édition, direction la Havane avec Omar SOSA, Ylian CANIZARES et le projet e de Fidel FOURNEYRON. Sans oublier les révélations et étoiles montantes du jazz, les fanfares, after-parties… Bref, de quoi assouvir votre soif de jazz et de découvertes ! 

Domaine de Fontblanche
Du 5 juillet au dimanche 7 juillet 2019
24/29 €. Pass 2/3 soirs : 48/74 €
Rens. 04 42 79 63 60 /  info@charlie-jazz.com
http://charliejazzfestival.com/
4 allée des artistes
Salle du Radassier
13127 Vitrolles
04 42 02 46 50

Article paru le mercredi 3 juillet 2019 dans Ventilo n° 432

Charlie Jazz Festival 

Ouais Charlie !

 

Le festival vitrollais Charlie Jazz s’impose comme la manifestation jazzistique contemporaine la plus authentique du terroir provençal — ne serait-ce que par la dynamique associative dont l’équipe actuelle est garante ! À l’heure de l’épidémie de peste brune, leur expérience de résistance civile à la prise de la commune par les néo-fascistes à la fin des années 90 mérite d’être érigée en modèle. S’il y en a qui ont pris au pied de la lettre l’adage de Sonny Rollins selon lequel « le jazz est une force sociale du bien », ce sont bien ces militants des notes bleues.

  Les choix artistiques, jamais défaillants, sont le fruit d’un profond respect pour un jazz aux horizons multiples, dont l’infatigable directeur de l’association, Aurélien Pitavy, est le héraut. L’organisation ne déroge pas à la règle d’un long week-end partagé en trois temps : une première soirée plutôt orientée vers des propositions lorgnant vers l’univers de l’improvisation et de l’innovation, une deuxième vouée à un jazz populaire sans pour autant perdre de vue les chemins de l’émancipation, et une troisième consacrée à un jazz résolument métissé. Chacune de ces soirées est séquencée pour prendre un bain de jazz en toute authenticité. Généralement inaugurée par une fanfare pour l’apéro à l’ombre des platanes du Domaine de Fontblanche, elle se poursuit par un orchestre « découverte », soutenu par un réseau de partenaires comme par exemple le Jazz Migrations, sur la « petite scène » (qui n’est pas la moins intéressante), pour se déplacer vers la « grande scène » où se déploient des « têtes d’affiche » et, enfin, se terminer avec un Dj set enfiévré entre la buvette et les stands engagés. Les guillemets sont d’autant plus de rigueur qu’une atmosphère de stricte égalité règne entre musiciens : encore un miracle réalisé par l’équipe, les hiérarchies du music business sont abolies ! Parmi les créations originales, signalons le B!M trio, au sein duquel officie notamment le tromboniste Bastien Ballaz : l’un des piliers de l’Amazing Keystone Big Band s’exprimera le 5 juillet sans instrument harmonique. Le même soir, le vénérable saxophoniste et clarinettiste bayonnais Michel Portal mêlera son idiome poétique à la fougue de Bojan Z, avec une formation qui promet un voyage au-delà des horizons jazzistiques. Quant aux Ricains de service, ils présentent un set intitulé Sons of Miles Davis : le saxophoniste Kenny Garret croisera le cuivre avec le trompettiste Wallace Roney pour une joute aux accents mythologiques. Le deuxième soir, un peu plus de jazz-rock et de jazz-funk : entre l’appétence hip-hop du batteur chicagoan Makaya McCraven et la science mélodique de l’éternel bassiste Stanley Clarke, ce sont a priori des improvisations teintées de grooves improbables qui se déploieront. Le groupe découverte, Farmers, qui inaugurera la soirée, le confirme. Métissages tous azimuts pour une troisième soirée aux accents cubains : Omar Sosa, habitué des lieux, habité par les dieux des rythmes de son île d’origine, convie la somptueuse chanteuse et violoniste Yilian Canizares pour un concert hors du temps, dans une formule à la légèreté assumée. Juste avant, le tromboniste Fidel Fourneyron (ô, prénom prédestiné) emmènera son orchestre et le public dans une sarabande tropicale garantissant bouléguer des « tafanaris ». Le début de soirée sera pour sa part orienté Asie du Sud-Est avec le fascinant orchestre Peemaï. Côté fanfares, relevons le nom du trompettiste d’origine toulonnaise Olivier Miconi, recruté et poussé par son « parrain » Archie Shepp. Il jouera dans le Mojo Workin’ Band, lanceur de sorts vaudous sans pareil. Côté Djs, signalons la présence de M. Oat, pourvoyeur de sons afro-américains dans la cité phocéenne depuis une vingtaine d’années. L’organisateur lui a confié la rude tâche de mettre le feu au dancefloor en fin de festival pour nous laisser sur les rotules.  

Laurent Dussutour

 

Charlie Jazz Festival : du 5 au 7/07 au Domaine de Fontblanche (Vitrolles).

Rens. : 04 42 79 63 60 / http://charliejazzfestival.com/

Le programme complet du Charlie Jazz Festival ici