+ de genres

3e édition du festival de culture chorégraphique proposé par Kelemenis & Cie

En seulement trois années, le panorama dans lequel s’écrit le Festival + DE GENRES a radicalement changé. Toute structure culturelle attentive aux grands mouvements reliant art et société ouvre désormais une fenêtre sur l’expression d’une diversité ancrée dans l’intime des communautés.

Effet de mode, non ! Le monde, enrichi par des réseaux sociaux ancrés dans les vies, énonce haut et fort ses non-conformismes et ses besoins de reconnaissance. La pléiade des singularités éclaire le grand corps social en une mosaïque vastement plus riche et lisible qu’elle n’est jamais apparue. Osées par les artistes, les questions relatives aux genres portent leur lot salutaire de grincements et de frictions : pour penser, penser l’autre et se penser !

Et de me joindre à l’invitation de Laurent Meheust, dont la programmation inspirée témoigne de la fédération de l’équipe de Kelemenis & cie – KLAP Maison pour la danse autour de ce sujet éminemment contemporain. Ces artistes déploient une parole sur l’engagement : leurs points de vue sur le monde dépassent les stigmates de la représentation sociale et convoquent par l’acte artistique la nécessité d’une société qui ne craint pas la différence. Performances, spectacles, en scène ou in situ, dans l’instant ou en réalité virtuelle... autant de propositions où l’audace n’a de valeur que dans son partage.

— Michel Kelemenis

KLAP, Maison pour la Danse
Du 12 mars au samedi 28 mars 2020
5 € (sf Théâtre Joliette : 3/20 €)
Rens. 04 96 11 11 20
http://www.kelemenis.fr
5 avenue Rostand
13003 Marseille
04 96 11 11 20

Article paru le mercredi 4 mars 2020 dans Ventilo n° 442

Festival + de genres à Klap

Commun ouragan

 

Pour sa troisième édition, le Festival + de genres, organisé par Klap, fait un pas de côté pour mettre à l’honneur « l’amour de la différence ». Une approche de la danse qui se veut plus radicale, avec des propositions performatives engagées d’artistes, de citoyen.ne.s, porteur.se.s d’expressions militantes, intimes et ultimes.

  À l’initiative de l’évènement, le chorégraphe et fondateur de Klap, Michel Kelemenis, fait rapidement le constat d’une nécessité d’élargir les points de vue sur l’art chorégraphique à l’échelle de la ville. En 2018, en écho à MP2018 et aux sollicitations de la ville de Marseille, le festival alors connu sous le nom de + de danse devient + de genres. Laurent Meheust, en charge de la programmation de la manifestation, et Michel Kelemenis font le choix d’encourager le désir réciproque de faire l’expérience de la rencontre de l’autre dans ce qu’elle met en conflit au présent. Et ils ne s’y trompent pas puisque cet engagement assumé en faveur d’ « une parole proactive » a su créer, depuis, un repère pour tous les amoureux de la transgression, artistes et publics confondus. Aujourd’hui, Klap prend ainsi part à un réseau croissant et informel de plateformes et festivals européens dédiés aux questions de genres. Une belle promesse de servir simultanément la circulation des œuvres sur le continent et l’ouverture d’un dialogue à partir de ce qui est mis en réflexion. Laurent Meheust constate aujourd’hui que la création chorégraphique opère naturellement « un renversement du divertir pour se focusser ensemble sur des préoccupations sociales et environnementales. » Et l’édition 2020 concentre « des paroles fortes sur des dépassements individuels », précise-t-il. Qu’il s’agisse de premières créations ou d’œuvres repérées, ce sont pour lui autant d’invitations à « nous considérer commun.e.s et à nous construire différent.e.s. » Issus d’un repérage régional et européen, les rendez-vous sont donnés par « Nach avec sa mise en jeu sensuelle dans l’univers du krump, Tatiana Julien et sa transgression positive, Arthur Perole et la création de l’espace commun, Camille Mutel et sa cérémonie de l’intime, Joachim Maudet et son bestiaire de la perception, Teresa Vittucci et son décloisonnement de la sphère privée, Liz Kinoshita et son ode pour une conscience de l’environnement, Matthieu Hocquemiller et la voix des indésirables, Marco d’Agostin et sa performance cathartique, Silvia Gribaudi et son humour qui défie le convenu. » Un festival placé sous le signe de la sensualité, de l’intergénérationnel, du non conventionnel, du voyeurisme, de la grâce et de l’engagement. Un évènement que Laurent Meheust et l’équipe de Klap adressent à tou.te.s et dont l’ambition pourrait résumer par cette (in)citation de René Char : « Développez votre étrangeté légitime ! » Et si aller à la rencontre d’autrui n’était que le chemin le plus court pour se rencontrer soi-même ? Ne pas craindre alors de voir quelques-unes de ses convictions se faire malmener car dans le pire des cas, vous en ressortirez avec une grande envie d’en parler ! Et que ce soit à Klap, au Théâtre Joliette ou à la Scène 44 n+n Corsino, vous aurez tout loisir de le faire à l’issue des représentations, la convivialité des espaces y étant particulièrement favorable.  

Audrey Chazelle

 

Festival + de genres : du 12 au 28/03 à Klap, Maison pour la danse (5 avenue Rostand, 3e), au Théâtre Joliette (2 place Henri Verneuil, 2e) et à la Scène 44 (37 rue Guibal, 3e).

Rens. 04 96 11 11 20 / www.kelemenis.fr

Le programme complet du festival + de genres ici