En attendant Omar Gatlato. Regard sur l'art en Algérie et dans sa diaspora

Visite virtuelle de l'exposition proposée par Triangle France-Astérides en attendant son ouverture au public à la Friche la Belle de Mai. Œuvres de Mohamed Aksouh, Arezki-Aoun, Kader Attia, Louisa Babari, Baya, Fayçal Baghriche, Abdallah Benanteur, Mahjoub Ben Bella, Adel Bentounsi, Halida Boughriet, Nasser Bouzid, Fatima Chafaa, Hakima El Djoudi, Hassen Ferhani, Abdelkader Guermaz, Mohammed Khadda, Mourad Krinah, Nawel Louerrad, Amina Menia, Ahmed Merzagui, Lydia Ourahmane, Sadek Rahim, Sara Sadik, Zineb Sedira, Massinissa Selmani, Fella Tamzali Tahari, Djamel Tatah, Hellal Zoubir, Sofiane Zouggar. Commissariat : Natasha Marie Llorens

Triangle France-Astérides, Centre d'art contemporain, est heureux d'annoncer que l'exposition "En attendant Omar Gatlato. Regard sur l'art en Algérie et dans sa diaspora" est aujourd'hui disponible à la visite virtuelle. Attendant son public depuis le 12 février dernier sur deux étages de la Tour Panorama de la Friche la Belle de mai à Marseille, l'exposition n'a été jusqu'à présent visible que des professionnel.le.s de l'art et de la culture. Son adaptation en format digital permet ainsi de rendre l'exposition accessible gratuitement au plus grand nombre, et ce jusqu'au 16 mai 2021.

L'exposition en ligne sera accompagnée d'un programme public ponctué d'entretiens exclusifs avec la commissaire de l'exposition et les artistes participant.e.s en partenariat avec le média Manifesto XXI, ainsi que de séances de projections de films et de vidéos d'artistes. Le programme complet sera diffusé sur la page Facebook et le site internet du centre d'art marseillais.

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L’exposition En attendant Omar Gatlato présente vingt-neuf artistes d’Algérie et de la diaspora algérienne. À travers une sélection d’œuvres datant de 1965 à nos jours, certaines spécialement produites pour l’occasion, elle propose un regard inédit sur ce contexte artistique, en s’inspirant du classique du cinéma de Merzack Allouache, Omar Gatlato (1976), connu pour être le premier film algérien centré sur une expérience individuelle de l’émancipation et de la découverte de soi. À l’instar du long-métrage, les œuvres présentées manifestent, à l’échelle de l’expérience quotidienne, un humour surréaliste, une attention méticuleuse aux corps et les ambivalences du sentiment d’appartenance.

En attendant Omar Gatlato est aussi le titre de l’ouvrage publié en 1979 par Wassyla Tamzali, avocate algérienne, écrivaine et féministe, consacré aux débuts du cinéma expérimental algérien. En associant des références à la pièce de théâtre de Samuel Beckett En attendant Godot et au film de Merzak Allouache, l’autrice expose sa double sensibilité et ouvre une piste conceptuelle importante. Ces deux portraits d’anti-héros s’efforçant de trouver un sens à la vie de tous les jours éclairent la manière dont les artistes et les cinéastes se confrontent à la décolonialité et à la critique des régimes de savoirs européens.

Les œuvres des vingt-neuf artistes présenté·e·s dans l’exposition En attendant Omar Gatlato offrent des représentations diverses, instables et polyphoniques de la vie en Algérie et dans sa diaspora. Rigoureusement critiques dans leur relation à l’héritage formel du colonialisme, déconstruisant des notions tels que l’orientalisme ou le monument, les œuvres représentent la réflexion de plusieurs générations d’artistes sur leur société et témoignent de la façon dont l’art continue de penser la décolonisation.

Les huit années de lutte de l’Algérie pour son indépendance (1954 - 1962) sont associées à l’euphorie révolutionnaire et aux combats antiracistes et indépendantistes des années 1960 et 1970 (que l’on pense aux actions du Congrès national africain contre l’apartheid, aux liens tissés avec les Black Panthers ou encore avec le nationalisme basque...). Au cours des cinquante dernières années, l’héritage politique s’est durci en un système de parti unique fondé sur une mythologisation de la guerre. Les artistes algérien·ne·s opposent à cette mythologie nationale une expérience quotidienne des espaces publics et privés, que ce soit dans leurs œuvres, ou pour certain·e·s, depuis février 2019, avec leurs propres corps, dans la rue. Cette exposition témoigne de combats et d’engagements multiples pour l’émancipation dans toutes ses formes d’expression.