Françoise Nuñez - Valparaiso

Photos. Dans le cadre du festival Photo Marseille

"C'est étrange mais je n'éprouve pas le besoin ni l'envie de photographier dans mon quotidien et dans les lieux que je connais très bien. Par contre découvrir un endroit, un pays, des gens, des paysages, et me revoilà photographe. La découverte, très intuitive, l’approche de vies autres, et l’image prend le relai des sens, des odeurs, du vent chaud sur la peau. Montrer n’est pas mon but. Ce que je photographie c’est mon parcours intime, ma façon d’appréhender le monde."
— Françoise Nuñez 

www.laphotographie-marseille.com


Galerie Territoires Partagés
Mar-sam 14h-18h + sur RDV au 06 88 16 21 11
Entrée libre
http://artccessible-territoires-partages.blogspot.fr/
81 rue de la Loubière
13006 Marseille
09 51 21 61 85
06 88 16 21 11

Article paru le mercredi 20 janvier 2021 dans Ventilo n° 447

Françoise Nuñez – Valparaíso à la galerie Territoires Partagés

Brise de vue

 

Après un temps de pause forcée, la galerie Territoires Partagés a rouvert ses portes au mois de décembre pour présenter les clichés de la photographe Françoise Nuñez, dans le cadre du festival Photo Marseille 2020. Ces clichés, issus d’un travail de résidence mené en 2012 dans la ville portuaire de Valparaíso, nous offrent l’occasion de prendre un grand bol d’air, hors de nos murs et de nos imaginaires saturés.

  Le voyage est le moteur de la pratique artistique de Françoise Nuñez. En 2012, l’invitation à un festival photographique se déroulant à Valparaíso se fait le nouveau déclencheur de son objectif qu’elle peut réinvestir le temps des festivités. Sensible aux ambiances et aux rencontres qui parsèment ses déambulations, elle nous restitue dans cette série de trente-huit photographies argentiques — qu’elle aura elle-même tirées — tout le charme propre aux villes portuaires. Les photographies de Françoise Nuñez nous surprennent d’emblée par leur format tout en verticalité : à la manière de petites fenêtres disséminées de part et d’autre de l’espace, elles nous invitent à un voyage immobile. De là où nous sommes, nous pouvons désormais surplomber les panoramas iodés, fouler les pavés baignés par la lumière zénithale, gravir les chemins de la ville chilienne dont les escarpements font écho à ceux de notre chère cité phocéenne, et entrevoir tout un pan de la vie nocturne. La machine à écrire de Pablo Neruda, un accordéoniste, des chiens errants, une affiche du Che, et autres menus détails qui ornent et colorent le quotidien se déploient en un éventail de nuances grisées. Là encore, nous nous trouvons bien loin des prises de vue convenues : les couleurs saturées que peut nous renvoyer d’accoutumée un cliché d’Amérique latine sont abandonnées au profit du noir et blanc. C’est la capture feutrée de l’intimité, celle de tout un pays que nous redécouvrons à travers son regard. Loin de la redoutable imagerie médiatique, les photographies en noir et blanc effacent ici tout le superflu et le sensationnel qui encombrent l’espace pour ne conserver que l’essence poétique et silencieuse dont chaque lieu est empreint.  

Elena Salougamian

   

Françoise Nuñez – Valparaíso : jusqu’au 30/01 à la Galerie Territoires Partagés (81 rue de la Loubière, 5e).

Rens. : http://artccessible-territoires-partages.blogspot.fr / www.laphotographie-marseille.com